Les congrès du PCF

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Le débat de la semaine

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Débat n°5 : quelles pratiques militantes pour améliorer notre action ?

L'écho du débat

Les débat dans les fédérations

Les débats dans les Fédérations

Les éditos

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Contribution Cellules L Aubrac et Durand - 75

Notre contribution se limitera aux trois points suivants :

-Les élections présidentielles

-Le fonctionnement du Parti

-La communication du Parti

Alors qu'il y a 5 millions de chômeurs et autant de pauvres en France, le gouvernement Hollande passe son temps sur la déchéance de la nationalité, mesure inutile, dangereuse, marqueur de la droite et de l'extrême droite. Dans le même temps, sous couvert de lutte contre le terrorisme, il mène une politique sécuritaire, accordant toujours plus de pouvoir à la police, au détriment de la justice. La mesure d'exception que  constitue l'état d'urgence s'inscrit autant dans la volonté de réprimer les mouvements sociaux que celle de lutter contre le terrorisme. Cette modification de la Constitution vise à enlever des libertés collectives et individuelles et à pérenniser le pouvoir des puissants et de l'Etat bourgeois.

Ce gouvernement apparait complètement contradictoire dans sa démarche, quand on voit que sur le plan international il est allié et a des relations proches avec les Etats qui financent les organisations terroristes (Qatar, Arabie Saoudite, Turquie...) et en continuant dans une alliance antinature au sein de l'OTAN. Il privilégie l’action guerrière, le développement de l’armement au lieu de rechercher la Paix entre les citoyens et les peuples.

Dans les médias dominants, le débat politique est appauvri et souvent cristallisé essentiellement sur le terrain religieux et identitaire, concourant ainsi à masquer que les véritables clivages sont en matière de conditions de vie, de place dans l'organisation du travail : entre ceux qui créent les richesses par leur travail et ceux qui en tirent profit, entre ceux qui ont la parole dans les médias dominants et les autres qui sont censurés. Alors que l'économie est au service des 1% des plus riches nous sommes les 99%. C'est là que figurent les véritables inégalités. N'ayant pas le courage de s'attaquer au capitalisme et à sa financiarisation, ce gouvernement, comme les précédents depuis trois décennies, met en place une politique antisociale, antidémocratique. Tandis qu’il entreprend la destruction méthodique, revancharde du programme du CNR et de tous les acquis gagnés par la lutte du peuple français contre l'exploitation, pour une vie meilleure, il octroie toujours plus d'avantages aux capitalistes nationaux et internationaux, à la spéculation financière au détriment du bien public. En mettant en avant une pseudo lutte pour l'identité nationale il concourt à la division des classes populaires. Ce monde politique et ses « chiens de garde », les médias, entretiennent un climat de peur alimentant l’électorat FN. Pour eux il s’agit avant tout de maintenir ce régime et d’aller vers une bipolarisation à « l’américaine », avec d’un côté des sociaux démocrates menant une politique de droite et des néo-conservateurs, tous gestionnaires du néo-libéralisme.

Décidément cette République est à bout de souffle. Il est urgent de construire une VI éme

 . Congrès PCF 2016 -1

République qui redonnerait du pouvoir au Parlement et au Peuple, avec un mode de scrutin
permettant l'expression de la volonté populaire et avec des institutions développant les contre
pouvoirs.
i redonnerait du pouvoir au Parlement et au Peuple, avec un mode de scrutin
permettant l'expression de la volonté populaire et avec des institutions développant les contre
pouvoirs.

C’est pourquoi les classes populaires ont besoin d’un Parti Communiste Français à la hauteur des
enjeux. Un Parti avec un projet politique/idéologique digne de son histoire et de ses convictions et
de sa responsabilité historique qui est celle d’organiser les classes populaires afin de participer à la
réussite d'une démocratie avancée, le socialisme et d’aller vers le communisme.

LA QUESTION DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES ET LE DEBAT SUR DES PRIMAIRES DE
GAUCHE

Nous n’avons jamais été favorables à l'élection du président de la République au suffrage universel
et nous avons dénoncé les pouvoirs excessifs que lui attribue la Constitution et que la pratique
accentue. Le système des primaires ne fait que renforcer l’importance de la présidentialisation du
régime.

Est-il indispensable dans notre combat pour un monde meilleur de se positionner dans cette
élection ?

Au prétexte de lutter contre le FN nous savons que ces primaires sont un piège.

N'oublions pas l’expérience des primaires menées par le PS où le candidat élu a finalement choisi
les membres de son gouvernement parmi les opinions minoritaires. Et puis, comment ne pas
liquider définitivement le Front de Gauche dans cette course ?

Alors qu'il faudrait au contraire trouver un accord sur une union radicalement à gauche, les
primaires ne risquent-elles pas d'aiguiser les rivalités et personnaliser le débat au lieu de faire
progresser les idées sur le programme politique à mettre en oeuvre ?

Nos cellules sont attentives à ce que la démarche des « lundis de la gauche» mise en place par la
direction du Parti et plus particulièrement par notre Secrétaire national, a la volonté de donner plus
de visibilité au Parti et à ses idées et non pas de nous « vendre » des primaires dont nous ne voulons
pas ! S’il s’agit encore une fois d’une fuite en avant, comme beaucoup d'autres prises après le
Congrès, dépourvue de sens idéologique et d’une vraie discussion avec prise de décision
démocratique et collective, cela mène dangereusement à l'opportunisme politique. Depuis le dernier
Congrès nous n’enregistrons que des échecs : perte d’élus locaux, nationaux, de municipalités, et
plus généralement de notre influence.

Si nous critiquons à juste titre la politique libérale qui nous conduit en Europe « droit dans le mur »
ce n’est pas pour nous y associer !

Nos cellules regrettent que trop de déclarations faites « au nom du Parti » soient en fait des
positionnements personnels sans débat collectif.

Enfin, malgré tout, si à l'issue du Congrès, la décision collective est que ces primaires sont un mal
nécessaire, alors nous ne devrions y participer que dans le respect de certains principes sur lesquels
il nous faut être intransigeant :

-définition de l'électorat

-organisation du vote

-choix des candidatures (aucun des membres des gouvernements Hollande)

Fixons également des « lignes rouges » au delà desquelles nous ne soutiendrons pas le candidat et
rendons-les publiques :

Contribution Cellules L Aubrac et Durand . Congrès PCF 2016 -2

-Partage du temps de travail (35h maximum pour tous et aller vers les 32h). Partage du temps de travail (35h maximum pour tous et aller vers les 32h).

-Diminution de la fiscalité indirecte (TVA et autres taxes sur la consommation des ménages les
plus modestes) et augmentation de la fiscalité sur les produits de luxe, sur les revenus élevés et sur
le patrimoine.

-Rejet de l'Europe de la concurrence et des accords de libre échange (TAFTA…).

-Sortie de l'OTAN

Les effets pervers du suffrage à deux tours nous privent de notre représentation.

Inscrivons dans nos priorités la lutte pour obtenir des scrutins à la proportionnelle, ce qui ne
dispensera pas de rechercher des alliances.

Enfin, est-il indispensable d'élaborer un nouveau programme, de repartir de zéro ? Celui de 2012 ne
devrait-il pas constituer une base à compléter, améliorer, et actualiser pour une société de l'avenir de
rupture avec le capitalisme ?

DE QUEL PARTI AVONS-NOUS BESOIN ?

Le pouvoir multiplie les attaques contre le peuple nous conduisant à devoir réagir sur tous les
fronts. Actuellement le PCF est affaibli. Nous pensons qu'il faudrait recentrer nos forces en priorité
sur les questions d’intérêt général tout en apportant notre soutien aux autres combats. N'épuisons
pas nos forces dans des batailles qui ne font pas avancer nos idées dans la société. Le débat se
déplace sur des sujets sociétaux qui rassemblent des sensibilités diverses de la droite à la gauche.
Dans ce contexte, est-il certain qu'il y ait des « valeurs » de gauche ? En revanche, il y a un terrain
sur lequel nous nous démarquons : c'est la politique économique et la lutte contre le capitalisme et
sa logique de mondialisation financière. C'est là-dessus que nous sommes identifiables. C'est aussi
en luttant contre l'individualisme, en cultivant une pensée au-dessus des intérêts personnels et en
faveur du bien commun. Nous avons besoin d'un Parti qui consacre l’essentiel de ses ressources à
faire progresser notre projet de société auprès du peuple. Un Parti qui apporte une autre conception
du monde, capable de construire un autre rapport de forces et qui travaille pour l’élévation politique
des classes populaires à la direction de la France. Un Parti ancré dans les masses populaires
(travailleurs, paysans, chômeurs, retraités, intellectuels, artistes...) tous ceux qui n’ont à vendre que
leur force de travail. Il ne s'agit pas de parler en leur nom mais de les rassembler et de favoriser leur
expression à l’intérieur du Parti.

Nous avons besoin d'un Parti qui valorise l’engagement politique/idéologique. Que des personnes
« issues de la société civile » s'associent ponctuellement à nos combats apparaît naturel mais ce
n'est pas parce que quelqu'un est « issu de la société civile » qu'il est forcément porteur de miracle
démocratique! L'adhérant-militant doit primer.

Nous avons besoin aussi d'un Parti qui donne envie à des intellectuels de le rejoindre et ne fasse pas
que leur assurer une tribune. Dans la complexité de la société actuelle c'est un défi à relever.

Nous avons besoin de faire un effort pour récupérer des militants perdus dans la « nature », pour
accueillir chaque nouvel adhérent dans des cellules bien organisées. Pour cela le Parti doit investir
plus sur la formation de ses adhérents (militants) et organiser des grandes campagnes pour
l’adhésion.

Une nouvelle politique de cadres doit être proposée au Congrès, réaliste, transparente selon les
capacités financières du Parti. Il nous faut mettre plus de volonté, de conviction pour le
renforcement de l'idée communiste et sa mise en pratique. Nous avons besoin que plus de nos
dirigeants et élus soient issus des classes populaires (prolétariat), sans tomber évidement dans
l’ouvriérisme.

Contribution Cellules L Aubrac et Durand . Congrès PCF 2016 -3

Nous considérons qu’un responsable du Parti, cadre ou élu, est un militant, pas un notable. Il- elle
est à cette place par la confiance accordée par les membres du Parti. Cette place ne peut pas être à
vie.
- elle
est à cette place par la confiance accordée par les membres du Parti. Cette place ne peut pas être à
vie.

Nous devons éviter l’accumulation des mandats.

Nous devons inciter les jeunes à prendre des responsabilités dans notre direction et à leur en donner
la possibilité, pas seulement pour leur jeunesse mais pour leurs qualités politiques/organisatrices et
leurs disponibilités pratiques.

Nous devons éviter que les dirigeants de l’organisation soient essentiellement des élus. Nos
dirigeants et élus devraient pouvoir alterner un parcours professionnel avec celui de responsable
permanent ou élu. Le Parti doit encourager le retour à la situation de militant « lambda » car le
risque est grand d'être coupé de certains réalités.

Nous regrettons qu'il n'existe pas un statut d’élu suffisamment clair dans son rapport avec le Parti ;
statut qui devrait de plus préserver une certaine mobilité.

Les adhérents(militants) doivent avoir droit à des formations idéologique, politique, culturelle et
organisatrice plus régulières et approfondies. Ils/elles doivent éclairer nos orientations, donner le
pouls de la vie réelle à tous les niveaux de rencontre (travail, quartier, syndicat, collectif,
association...).Ils doivent savoir transmettre sans sectarisme et avec le souci du collectif ces
expériences au sein du Parti. En retour, nos cadres doivent donner l'exemple sans relâche avec une
conviction courageuse propre au communiste.

Nous avons besoin de plus de liens entre les élus et les adhérents (militants), pour éviter les
dysfonctionnements tels que celui sur la « loi de refondation de l'école » ou celui sur le vote à
l'Assemblée concernant « l’État d'urgence ».

Dans nos actions quotidiennes, notre Parti ne doit pas apparaître comme un syndicat. Chacune des
organisations a son rôle. Le Parti, organisée en cellules locales, doit être en mesure de mener des
actions qui concernent la vie de nos concitoyens. Là encore c'est l'action utile à l’intérêt général qui
devrait être notre priorité, par exemple la défense du service public : la lutte contre la sa
suppression, ses dysfonctionnements comme l'application de la loi « d’accès aux personnes à
mobilité réduite ».

AVOIR UNE COMMUNICATION A LA HAUTEUR DES ENJEUX

Depuis le XXX Congrès – congrès de « la mutation » de R. Hue le terrain de la communication a
trop privilégié le numérique au nom de la modernité ... Nous pensons que c'était une erreur : on a vu
de nombreux journaux, revues, radios, archives, imprimerie, maisons d'éditions et réseaux de
libraires être liquidés ou disparaître.. La perte de capacité financière complique les choses ainsi que
l'apparition de nouveaux réseaux numériques . Nous pensons que le Parti doit faire des efforts pour
remettre quelques activités « traditionnelles » en marche contribuant au renforcement de notre
action mais aussi au débat public.

Notre époque est exigeante en matière de communication. Il est difficile de transmettre un message
à la fois informatif et revendicatif dans un format court sans qu'il soit réducteur. C’est pourtant un
enjeu aujourd'hui que de pouvoir atteindre ceux à qui nous nous adressons dans cette avalanche
médiatique !

Il nous faut mieux utiliser les outils numériques, éviter les termes trop vagues sans contenu
politique précis, rendre notre communication plus pédagogique et accessible au plus grand nombre.

Nous devons continuer à multiplier les formations sur les outils et réseaux.

Contribution Cellules L Aubrac et Durand . Congrès PCF 2016 -4

Parfois notre discours s'appuie sur un vocabulaire abusivement outrancier : il n'est pas certain que
cela ait plus de portée. cela ait plus de portée.

Veillons à ne pas tomber dans les dérives de nos adversaires qui désignent des victimes par des
termes applicables aux responsables. Par exemple, dire que des travailleurs en grève pour leurs
salaires et pour l’application du droit du travail, se battent pour leur dignité , sous-entend qu'ils
l'auraient perdue. Alors que ceux qui ont perdu leur dignité sont plutôt ceux qui les exploitent et
leur imposent ces conditions.

Autre exemple d'une terminologie trop vague : -nous ne voulons pas « rêver une autre société »
mais construire des étapes favorisant la défaite du capitalisme au profit d'une société juste et
égalitaire.

D'une façon générale une communication appuyée sur des slogans, faisant appel aux sentiments, à
l’émotion risque d'être contre-productive. Notre humanisme se pose en termes de droits à défendre,
à conquérir et de construction d'un monde autre que la société capitaliste.

Partout où les communistes se sont reniés et se sont « transformés » le mouvement progressiste a
été affaibli. L’étiquette ne suffit pas, sans un véritable Parti Communiste Français il n'y aura pas de
changement en France !

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