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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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A propos des statuts par Didier Nieto

Un « détail » est en train de passer totalement inaperçu, à ma connaissance, dans la préparation de ce congrès. Il concerne la modification des statuts et plus précisément celle du chapitre VII de ces statuts portant sur « les différends et les conflits ».

Les statuts actuels envisagent et codifient une forme de sanction : l’exclusion, pour manquement lourd, voire délictueux, à l’idéal et l’éthique communistes même. Dans les nouveaux statuts, il est proposé d’instaurer une nouvelle sanction : la « suspension des droits », en cas de non-respect des décisions majoritaires.

Je ne crois pas qu’une « amélioration » du dispositif répressif statutaire soit un signe encourageant, en 2013, pour un parti qui se donne l’ambition de « penser le communisme de nouvelle génération ». Ce d’autant moins, que je suis adhérent d’une fédération, celle du Gard, en Languedoc-Roussillon, qui vient de connaître ces dernières années les déchirures et les gâchis d’une exclusion. Et que je peux témoigner que les carences du débat politique, légitimées par les simulacres et les mécanismes d’une « démocratie » d’appareil, peuvent aboutir à des comportements et des décisions iniques.

Au fond, selon moi, ce « détail » de la modification statutaire en dit bien plus que son objet précis. Je le ressens comme un archaïsme tenace, la difficulté à s’extirper de ce qu’on a pu appeler la « matrice » originelle de la fondation des partis communistes, dont le nôtre, sur le modèle bolchevique, léniniste, stalinien. Je perçois mieux, avec le recul, à quelle montagne s’affrontait la « mutation » rêvée par Robert Hue. Une nouvelle occasion manquée. Et là encore, quel gâchis, humain entre autres !

J’ai vu récemment à la télévision le film « le grand Georges » dédié au résistant communiste limousin Georges Guingouin. Il est terrible. Ce qui dans ce film m’a fait le plus mal, ce n’est pas qu’un des tout premiers dirigeants du parti ait tenu dans l’affaire un rôle aussi odieux. C’est cette réunion de cellule dont le secrétaire, l’un des camarades de Georges, qui l’avait côtoyé au jour le jour dans la vie militante et jusque dans le maquis, se fasse l’exécutant « discipliné » du mécanisme poussant Georges à déchirer sa carte, et à partir…Et que dans l’assistance, au milieu des fronts baissés et silencieux, il n’y ait qu’une camarade à se lever et partir avec lui.

Comparaison n’est pas raison, certes. Mais je pense que, profondément, nous ne sommes pas sortis de cette culture « déifiée » du parti qui mutile l’esprit critique et la liberté d’expression de chacun. Et que la modification statutaire proposée est le symptôme d’une difficulté à accepter réellement la contradiction comme mode d’existence naturel du débat d’idées.

 

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