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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Réactiver la conscience de classe par la repolitisation des masses et la refonte idéologique par Maximilien Dardel

Chers camarades :

Alors que le monde capitaliste occidental traverse une des plus graves et profondes crises de son histoire un constat sans concession s’impose : malgré une dégradation forte et généralisée des conditions de vie des classes populaires et moyennes le sursaut politique face aux politiques libérales responsables des souffrances des peuples n’a pas eu lieu et ne semble malheureusement pas se profiler dans un avenir proche. Nous pouvons aisément relier cette situation à la dépolitisation des masses. La fin de la bipolarisation du monde et la victoire de l’idéologie libérale a, nous ne l’ignorons pas, conduit à la disparition de la conscience de classe du prolétariat ne laissant pour seule classe consciente de ses intérêts la bourgeoisie moderne.

Dans ce contexte nous devons être convaincus qu’il n’y a pas de victoire possible à long terme pour le socialisme sans repolitisation de la population. Il nous incombe donc de définir les conditions indispensables à cette renaissance de la conscience de classe du salariat pauvre et du précariat.

Commençons par dresser un constat simple mais indispensable, les conditions de vie matérielles d’une classe, aussi déplorables soient elles ne constituent jamais en elles mêmes une condition suffisante à l’émergence d’une conscience de classe. Ceux qui pensent que la misère des classes populaires les poussera inéluctablement dans nos bras se fourvoient largement. Nous constatons régulièrement que le ressentiment des victimes des politiques d’austérité se matérialisent malheureusement le plus souvent dans des actes de désespoir (suicides, meurtres…) plutôt que dans des actions politiques constructives. Il ne peut y avoir de prise de conscience des intérêts de classe sans un profond travail idéologique. Bien sur tout travail idéologique nécessite au préalable une politisation des masses.

Dès lors, comment repolitiser les masses ? En effet l’absence prolongée de tout débat idéologique de fond au profit d’une politique spectacle a conduit une large part de la population à se désintéresser de la politique et a considérer parfois à juste titre que tout se vaut. C’est à cet état de fait auquel il nous faut en priorité nous attaquer. Pour cela nous devons considérer qu’en matière de (re)politisation les moyens prévalent sur les fins. Concrètement, presque tous les moyens sont bons quand il s’agit de politiser les masses, y comprit et peut être même surtout la provocation. Nous ne devons pas sauter les étapes en tentant d’imposer nos idées sur un terrain qui n’est même pas politisé. Nous devons d’abord porter le débat politique pour seulement dans un deuxième temps faire prévaloir nos idées. N’ayons pas peur de créer de l’opposition ou de la contestation par l’éveil politique. Nous avons les moyens de combattre des adversaires politiques, mais nous n’avons aucun moyen de convaincre ceux qui ne s’intéressent pas au débat. Mieux vaut un opposant qu’un apolitique. C’est cette idée de « conflictualité démocratique » qu’il nous faut poursuivre. Sur le modèle par exemple du Venezuela nous devons entretenir un débat démocratique fort dans lequel chaque citoyen se reconnaît et prend position. Voilà la condition préalable indispensable à notre victoire.

Conquérir l’hégémonie idéologique sera une tache longue et difficile qui comme nous l’avons vu nécessitera d’abord une repolitisation des masses. Il nous faut définir clairement notre ligne idéologique, d’où l’impérieuse nécessité de théoriser efficacement ce « socialisme du 21ème siècle » auquel nous aspirons. Il n’y aura pas de nouvelle conscience de classe sans de nouvelles théories des classes sociales adaptée à la société actuelle, il semble que dans ce domaine une partie du travail reste à accomplir même si nous pouvons dès aujourd’hui nous atteler à la popularisation de thèses comme celles des Pinçons-Charlot (en particulier sur le stade de classe pour-soi de la bourgeoisie).

Si l’éclatement des unités de production et l’accroissement de l’individualisme ont compliqué la prise de conscience collective, de nouveaux outils de communication (Internet et réseaux sociaux) nous offrent des possibilités nouvelles. Pour prendre un exemple récent, le mouvement lobbyiste patronal des « pigeons » a parfaitement illustré dans le sens inverse comment internet pouvait constituer un instrument de défense de l’intérêt de classe. Les formes « traditionnelles » d’actions sociales (soutiens aux usines en grèves…) si elles ont une véritable utilité en nous procurant une légitimité locale ne sont pas assez mises en perspective à plus grande échelle et fractionnent des luttes à vocation globale. Nous pourrions par exemple créer et généraliser des sites internets recensant les mouvements sociaux pour les mettre en relation et leur donner une dimension globale. Dans ce domaine l’initiative récente du front de gauche de créer un site participatif dédié aux victimes de l’austérité constitue une idée très intéressante dans laquelle nous devrions certainement persévérer.

Enfin il incombe à nos intellectuels de renouer avec les masses via une idéologie refondée. Sartre considérait ainsi que la fonction de l’intellectuel socialiste était de faire le lien avec les masses. Les débats que nous devons imposer sur la scène politique doivent participer à ce mouvement de repolitisation pour cela ils doivent concourir à générer cette « conflictualité démocratique » que nous évoquions précédemment tout en s’appuyant sur un raisonnement intellectuel puissant. Nous pouvons à notre échelle favoriser cette réunion des masses et des intellectuels en multipliant les lieux et occasions de débat et de rencontre réels et virtuels. Notre vocation à constituer un parti de masse doit servir à faire remonter les aspirations du peuple pour qu’elles puissent êtres intégrées au projet socialiste que nous construisons. C’est donc en jouant notre rôle de parti de masse et d’avant garde politique que nous accomplirons la repolitisation des masses précèdent le renouveau de la prise de conscience des classes exploitées.

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