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Le débat de la semaine

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Débat n°5 : quelles pratiques militantes pour améliorer notre action ?

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Sortons du carcan européen : pour un internationalisme du XXIe siècle au service des peuples - Théodore Aubin, Celya Belaid, Antoine Blanc, Elodie Lebeau...31

Une Europe au service du Capital.

Aux origines du mythe

« Préserver l'idéal européen » : une petite ritournelle médiatique qui fonctionne si bien que même les communistes finissent parfois par se l'approprier. Mais de quel idéal s'agit-il ? D'où vient-il ?

C'est avec la phase impérialiste issue de la première crise systémique du capitalisme (18731914) que le « rêve européen » contemporain prend forme. S'il est porté par quelques idéalistes, comme Victor Hugo, ce projet est surtout celui d'un grand marché intégré pour les premiers trusts européens. Ce rêve, que Lénine qualifiait de « partage et de repartage du monde », celui de l'intégration européenne, se voulait être le meilleur facteur de paix… Quelle belle illusion !

Dans l'entre-deux guerres, le mirage resurgit. Avec l'amélioration de la productivité, et la volonté de faire toujours plus de profits, les productions explosent et les prix des biens industriels baissent en valeur relative. Le secteur minier est particulièrement touché. En 1926, le Cartel international [en réalité franco-allemand] de l'acier est créé, afin de permettre aux capitalistes européens de réguler leur production – une crise de surproduction est vite arrivée –, mutualiser leurs investissements et s'entendre sur les prix. Le cynisme va même plus loin ; nous savons aujourd'hui, grâce aux archives du ministère des Affaires étrangères, qu'il ne s'agissait pas seulement, pour les  capitalistes, de perpétuer de bonnes conditions d'exploitation, mais bel et bien de... préparer la guerre ! L’État encourage donc le patronat français à s'allier au patronat allemand pour pouvoir, demain, gagner une guerre contre les partenaires du moment. De l'autre côté de la frontière, le jeu est bien entendu symétrique, le patronat allemand travaille avec le patronat français pour mieux écraser la France. La lecture instructive de l'ouvrage de Gustav Stresemann, ministre allemand des affaires étrangères à l'époque, est sans appel : la construction européenne a été pensée dès le départ comme une volonté réciproque de profiter du voisin pour se développer avant de l'écraser. Nous sommes loin des États-Unis d'Europe ou de l'Europe sociale...

Finalement, ce qui devait arriver arriva. Au lendemain de la seconde Guerre mondiale, l'Europe est partagée en deux. Sa moitié Est rebâtit son économie sur une base non capitaliste, la Guerre froide se prépare. En Italie et en France, plus d'un quart de l'électorat vote pour le communisme. Les États-Unis d'Amérique proposent un plan « d'aide » : le plan Marshall. Il s'agit en fait d'un prêt, mais le gouvernement étasunien veut que celui-ci soit global et que sa répartition soit gérée à l'échelon européen. Un premier pas vers la « construction » d'une Europe sous domination impérialiste, face à une autre Europe, plus à l'Est. La Guerre froide menace de prendre un tour plus belliqueux. En 1950, la « construction européenne » tente de se mettre en route avec la création de la Communauté européenne de défense : France, RFA, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg et Italie souhaitent fédérer leurs forces dans le cadre d'une toute jeune OTAN qui proclame « la nécessité de réarmer l'Allemagne de l'Ouest » face au péril rouge. Finalement, sous la pression du PCF et des pacifistes de tous bords, cet approfondissement de la « construction » est repoussé. Mais son pendant « civil », la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) – véritable resucée du Cartel international de l'acier – voit le jour. C'est autour d'elle que s'est construite « l'unité
européenne », une structure dirigée depuis le sommet à laquelle on adjoint peu à peu des capacités
douanières, monétaires, diplomatiques... Bref, les outils garants de notre souveraineté.

L'agriculture française asphyxiée par le libre-échange ?

La politique agricole commune (PAC) est, depuis sa naissance en 1962 à la suite de la conférence de Stresa, un socle de la construction européenne. Son objectif explicite était d'assurer la sécurité alimentaire de la Communauté économique européenne ; en toile de fond, la volonté étasunienne de prémunir l'Europe occidentale de l'influence soviétique après la Seconde Guerre Mondiale, par le biais de l'intégration économique et de l'autosuffisance alimentaire. La construction de l'Europe agricole se fait en premier lieu par la création d'un marché unique et la suppression des obstacles aux échanges.

Un système de prix, garanti à l'agriculteur, l'incitait à produire plus dans le cadre d'une intervention régulatrice des pouvoirs publics. La mise en place de la préférence communautaire revenait à accorder la priorité à la production intérieure et les droits de douane élevés décourageaient les importations : ce super-protectionnisme européen fonctionna dans un premier temps. Grâce à la sécurité des prix et à la politique d'accompagnement de la modernisation de la paysannerie, les rendements et la productivité du travail ont explosé. On produit dès lors plus avec moins de main d’oeuvre, et les agriculteurs sur la paille viennent grossir les rangs de l'industrie. En cinquante ans, les actifs agricoles en France sont divisés par six1.

Ceux qui ne peuvent s'adapter à la nouvelle donne à cause de leur « archaïsme », sont expulsés du système, dans un grand nettoyage agro-économique de la paysannerie2. Les remembrements des parcelles permettent de supprimer les exploitations trop petites afin de les concentrer sur des surfaces plus élevées ; une réforme agraire « à l'envers », au coût humain et environnemental incalculable.

La PAC a fait l'objet de grandes réformes en 1992, 1999, 2003 et 2013, conformes aux injonctions de l'OMC qui impulse la libéralisation du marché agricole mondial. Ainsi, à partir de 1992, s'enclenche un processus continu de déconstruction de la préférence communautaire et des outils de régulation du marché commun agricole. Seul le lait, qui est soumis depuis 1984 à un régime spécifique de quotas, outil de maîtrise des volumes de production, y échappe. En 2015, lorsque les quotas sont définitivement abandonnés, s'enclenche un processus de surproduction qui culmine dans la crise actuelle de l'élevage laitier : les producteurs français sont étranglés et vendent aujourd'hui le lait moins cher qu'il leur coûte.

De plus, les prix intérieurs de l'UE sont alignés sur les cours internationaux. En compensation, les agriculteurs reçoivent des aides directes à l'hectare, découplées en 2003, qui continuent à subventionner, sur fonds publics, la substitution du capital au travail et la course à l'agrandissement des exploitations au détriment de l'emploi3. L'Union Européenne est de plus en plus contrastée, entre les régions-centres les plus productives, et des régions périphériques sinistrées qui ne sont plus compétitives avec le marché mondialisé.

Aujourd'hui, on continue de verser des aides directes substantielles à l'agriculture, qui constituent de véritables rentes versées à certaines catégories de producteurs, notamment les grands céréaliers. A l'inverse, l'élevage de bovins à viande et l'élevage porcin souffrent d'un revenu moyen beaucoup plus faible et d'un modèle européen confronté à ses propres contradictions4. De fait, les agriculteurs sont entrés dans un cycle infernal d'endettement et de course à la compétitivité, qui menace lourdement les petites et moyennes exploitations, toujours plus nombreuses à déposer le bilan, incapables de trouver un repreneur5.

Pour faire bon effet, la Commission européenne a reverdi toutes ses réformes de préoccupations environnementales, mais promulgue dans le même temps le modèle intensif à 1 S. Rattin, « L’agriculture n’est plus un état mais une profession », Insee première, n° 420, janvier 1996.
2 Petit Michel, Viallon J.-B. « Réflexions sur le Plan Mansholt », Économie rurale. n°86, 1970. pp. 43-50.
3 J.-C. Kroll, A. Trouvé, « Une politique agricole commune sans contenu », Manière de voir, n°129, juin 2013, pp.

30-34. Merci à cette analyse éclairée qui a nourri la contribution.
4 Lire à ce sujet le dossier « Le modèle breton sur la paille ? » dans Fakir, n°71, juillet-septembre 2015, pp. 10-17.
5 M. Desrier, « L'agriculture française depuis cinquante ans : des petites exploitations familiales aux droits à
paiement unique », Agreste, 2007.
 
contre-courant des systèmes générateurs d'effets positifs sur les paysages, la biodiversité, la qualité de l'eau et les sols6. Les alternatives agro-écologiques, la valorisation des connaissances paysannes et locales, les circuits courts, et la réforme en profondeur des circuits conventionnels, sont autant de pistes pour donner la priorité à une agriculture pourvoyeuse d'emplois et respectueuse de l'environnement.

La France, première puissance agricole européenne, ne doit pas abandonner sa souveraineté aux impératifs d'un libre-échange qui laisse les agriculteurs vulnérables face à l'instabilité chronique des marchés mondiaux. L'agriculture sert avant tout à nourrir les hommes et à subvenir ainsi à un besoin vital qui doit être reconsidéré à sa juste valeur. La France doit pouvoir décider, sans se coucher devant Bruxelles, d'une politique agricole de souveraineté alimentaire, en privilégiant l'emploi. Les communistes doivent lutter pour l'amélioration des conditions de travail, de production et d'existence des agriculteurs. Agir contre la financiarisation et la précarisation des mondes agricoles dépend donc d'une sortie de l'Union Européenne.

Des politiques de privatisation contre les monopoles étatiques

L'Union Européenne s'inscrit également dans une démarche rétrograde en terme de politiques publiques. Lorsque le Parti Communiste Français se bat pour un service public accessible à tous, national et au service de l'intérêt de la communauté, la casse de ce même service public, au profit d'entreprises privées gouvernées par le seul profit, est imposée par les traités de l'Union Européenne. Les articles 101 et 102 du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne) promulguent la disparition des monopoles étatiques, comme ceux de l’électricité, des postes, durail... Le « Pacte pour les services publics », adopté lors des États-généraux de notre Parti en janvier 2011, préconisait alors la reconstruction, le développement des services publics, et leur réappropriation sociale par le peuple. Cinq ans plus tard, le constat est dramatique. L'Union  Européenne, par l'imposition de règles de libre concurrence, a acculé les États membres à deux extrémités : accepter ces règles de libre concurrence en assistant au démantèlement des services publics et à leur passage aux mains du privé ; ou, refuser ce mouvement rétrograde pour un temps et être contraint à payer des amendes, car étant en infraction avec la loi européenne. Et si l’État français a abandonné de manière importante ses anciens monopoles étatiques au profit de la concurrence privée, d'autres pays sont encore plus touchés aujourd'hui par ces logiques absconses.
La Grèce se voit ainsi contrainte par l'Union Européenne à permettre la privatisation de ses aéroports, de ses ports, de son réseau ferré, et même de son service public de l'eau. Ces mesures s'inscrivent parfaitement dans la dissolution des services publics au service du capitalisme mondialisé. Une dissolution qui avance à visage découvert en Grèce où l'UE met volontairement le peuple à genoux, aidée par les autres institutions internationales au service d'un libéralisme exacerbé, telles le FMI (Fond monétaire international) ou l'OMC (Organisation mondiale du Commerce) ; et une dissolution qui avance encore à visage couvert en France, par la voie des 'bus macrons', des services privés de poste…

Lorsque l'Union Européenne impose des politiques de privatisation, de casse des services publics, les communistes ne devraient avoir qu'une seule chose à faire : « Haïr, Lutter, S'unir », disait Jacques Prévert. Pour défendre des services publics qui servent l'intérêt général, et non l'intérêt du grand capital, il n'existe qu'une seule alternative : sortir de l'Union Européenne, qui porte dans son ADN même, dans ses traités constitutifs, la destruction des ces 'monopoles étatiques' qui servent le bien commun.

La BCE : une arme antidémocratique et austéritaire

6 Voir le documentaire de Marie-Monique Robin, « Les moissons du futur », ARTE éditions, 2012.

Au sein des institutions anti-démocratiques qui composent l'Union, la BCE (Banque centrale européenne) joue un rôle d'avant-garde. Depuis le traité de Maastricht, signé par les gouvernements en 1992, la BCE est indépendante. Au nom de la neutralité, de la technicité et contre les puissances publiques, cet instrument, pourtant essentiel, a été confié à des technocrates non élus. Comble de l’indécence, cette institution est aujourd'hui dirigée par Mario Draghi, ex-vice Président pour l'Europe de la banque Goldman Sachs, qui porte sur elle une immense responsabilité quant à la crise financière de 2008.
Ainsi, les états ont volontairement abandonné leur souveraineté monétaire, s'interdisant de fait de mener leurs propres politiques économiques. Nous avons donc confié notre monnaie à des technocrates ayant une vision simpliste et totalitaire de la politique monétaire, au prix d’aberrations économiques.

Au lieu de concevoir la BCE comme un possible levier de justice et d'égalité, elle s'est vue attribuée le seul rôle de lutte contre l'inflation. Cette obsession constitue un des piliers centraux des tenants de la rigueur économique et de l'ordre néo-libéral, totalement incompatible avec notre projet de société. Ainsi, l'argument de l'inflation est brandi pour chaque proposition progressiste avancée : l’augmentation des salaires par exemple. Si une inflation incontrôlée peut avoir des conséquences désastreuses, cela ne signifie pas pour autant que toute forme d'inflation est obligatoirement mauvaise. La situation actuelle le montre bien. Alors que l'inflation frôle les 0%, en France en 2016

– soit une situation de quasi-déflation –, une politique monétaire digne de ce nom devrait avoir pour ambition la relance économique et non pas la politique économique actuelle de l'UE qui risque de nous conduire à terme à une véritable déflation.
La vision court-termiste et technocratique d'« experts » de l'économie est profondément incompatible avec la mise à disposition de la monnaie au service d'une politique en faveur des travailleurs. Désobéir aux règles du néo-libéralisme ne devrait pas être une crainte pour les communistes mais un devoir.

Ainsi, il apparaît, on ne peut plus clairement, que l'Union Européenne est intrinsèquement une machine au service des puissants et du capital. Les choix politiques et économiques qui y sont faits ne relèvent pas de choix conjoncturels, mais bien d'un socle idéologique structurel. Toute sa construction historique, politique et économique n'a eu qu'un seul but : soumettre les peuples et les états à une domination libérale puis néo-libérale. C'est pour ces raisons, et non pas par nationalisme ou sectarisme, qu'il nous parait illusoire voire impossible de mettre en place d'autres politiques en son sein. Les négociations du gouvernement
Syriza en Grèce durant l'été 2015, ont dramatiquement illustré cela. Un gouvernement avec une autre vision de l'économie que les technocrates de Bruxelles a été dans l'incapacité de discuter avec ces dirigeants. La raison de cet échec n'est pas à imputer aux négociateurs grecs, qui ont usé de tout leur talent et de tous leurs arguments pour faire entendre raison à l'Union Européenne. Il faut simplement accepter qu'il existe deux conceptions radicalement opposées de l'économie qui s'affrontent et sont irréconciliables : une, au service des puissants et une autre, au service des peuples. Vouloir faire accepter aux dirigeants européens une autre vision de l'économie reviendrait à vouloir faire manger la cigogne dans une assiette : c'est impossible.

Une Europe antidémocratique

Des institutions garantes du caractère antidémocratique de la structure

S’il y a bien un point sur lequel se sont appuyés les partisans de la construction européennepour défendre cette dernière, c’est le rapport des citoyens des États membres à la démocratie au sein du système. En effet, non contents d'imposer un système allant à l'encontre des intérêts des populations des pays de l'UE, ces adeptes d'une structure supranationale espèrent s'attirent les bonnes grâces de ces mêmes populations en leur assurant un rôle au sein de l'Union. En effet, l’article 10-3 du Traité sur l’Union Européenne (TUE) annonce que « tout citoyen a le droit de participer à la vie démocratique de l’Union. Les décisions sont prises aussi ouvertement et aussi près que possible des citoyens ». Comment, à la lecture de cette phrase, ne pas repenser à la manière dont les négociations autour du traité transatlantique, pour ne citer que lui, ont été dévoilées au grand jour, provoquant l’indignation et la colère de millions de personnes ?

Bien que ce manque flagrant de transparence ait convaincu nombre de citoyens de s’opposer fermement aux futurs TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement) et TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement), on ne peut pour autant dire que ce scandale soit un cas isolé. Il convient en fait de remarquer que, plus qu’un dysfonctionnement, ce caractère antidémocratique est intrinsèque au système même de l’Union européenne. En effet, il suffit de se pencher sur les institutions de l’Union pour s’en rendre compte.

Au nombre de sept, chacune a théoriquement, un rôle bien particulier dans un domaine défini. Pourtant, une seule de ces institutions est élue au suffrage universel direct : le Parlement européen. Bien qu’il ait en théorie un grand rôle au sein de l’UE, dans les faits, ses pouvoirs restent limités. En effet, on lui attribue souvent un pouvoir législatif qui, dans bien des cas, se borne à avaliser les projets de la Commission. C'est ainsi, par exemple, lorsque, en vertu de l'article 225 du TFUE, le Parlement saisit la Commission pour lui proposer d'élaborer un acte nécessaire à la mise en oeuvre des traités. Ce pouvoir du Parlement n'est en fait qu'une faculté qui lui est accordée et la Commission peut tout à fait refuser d'accéder à sa demande. De même, en matière de politique étrangère et de sécurité commune, le Parlement a exclusivement le droit d’adresser au Conseil des questions ou de lui faire des recommandations. Celles-ci n’ayant pas force obligatoire, le rôle du Parlement dans ce domaine se limite donc à l’information. Pour le reste, il est souvent autorisé à émettre des avis, et quelques fois même sollicité pour donner des avis conformes, mais son
principal pouvoir reste dans le domaine budgétaire.

Le Conseil de l’Union européenne – à distinguer du Conseil européen qui réunit tous leschefs d’États et de gouvernements des États membres – quant à lui, cumule pouvoirs législatifs et exécutifs et a même un pouvoir budgétaire. Cet organe, qui regroupe tous les ministres nationaux, a un vrai pouvoir décisionnel, ce qui pose de sérieux problèmes de séparation des pouvoirs.
Mais la véritable institution anti-démocratique, celle qui souffre le plus d’un manque de légitimité, est bien la Commission européenne. Et cela n’est pas dû qu’au désintérêt que portent lescitoyens des États de l’UE aux élections européennes, comme l’affirment les médias. En effet, on entend souvent que si l’UE est « boudée » par une frange de plus en plus grande de la population, c’est parce que les citoyens ont le sentiment qu’elle est antidémocratique. N’est-ce pas là faire preuve d’une terrible mauvaise foi que de vilipender ces citoyens, considérés comme eurosceptiques par ignorance, mais dont l’opinion est pourtant fondée ?

La procédure de désignation des membres de la Commission européenne, dont on entend beaucoup parler dès qu’il s’agit de mâter le moindre espoir de changement, comme on l’a vu pour la Grèce, est bien complexe. Le Président est choisi par le Conseil européen et sa désignation est entérinée par le Parlement à la majorité. Le reste des membres de la Commission est nommé par le Conseil européen selon une procédure énigmatique dont l’unique aspect connu est le respect d’unsystème de rotation assurant la représentativité de tous les États membres.

Ainsi donc, tout cela participe du caractère antidémocratique de l’UE qui relègue les citoyens au rang de sujets en foulant leurs droits mais également en s’attaquant à la souveraineté deleur propre État.

L'UE en guerre avec la souveraineté nationale et populaire

L'UE est historiquement et intrinsèquement l'outil de la domination supranationale du Capital sur la volonté des nations et des peuples. Les dix dernières années ont été marquées par une volonté toujours plus affirmée d'en finir avec le monopole des institutions nationales sur certaines problématiques. La France post-révolutionnaire s'est constituée autour d'un État centralisé et interventionniste dans les domaines régaliens et/ou touchant à l'intérêt général de la nation : impôtset budget, Défense nationale, Éducation, Santé, Agriculture, Monnaie, Diplomatie, Justice, maintien de l'ordre... Aujourd'hui, il n'est plus une seule de ces prérogatives qui ne soit pas assujettie, vassalisée ou directement contrôlée par les instances technocratiques non-élues de Bruxelles.
Dépourvue d'outils d'action concrets, la République française n'est aujourd'hui qu'un mot creux, et toute tentative, pourtant nécessaire, de la rendre plus démocratique, en donnant le pouvoir aux travailleurs du pays, ne serait qu'un aménagement de façade. Les travailleurs français n'auront, par exemple, de moyens d'action concrets ni sur l'agriculture assujettie à la PAC depuis 1962, ni sur la politique monétaire dont la création de l'Euro en 2002, les a dépossédés. Si ces deux exemples sont les mieux connus et les plus décriés par le peuple français, c'est en réalité l'ensemble des grands domaines d'interventions dont il a été spolié.

En effet, qui élabore le budget national ? Depuis 2013, les représentants élus ne peuvent qu'adopter des budgets nationaux vérifiés, contrôlés et approuvés par la Commission Européenne (CE). Qui élabore la politique éducative ? La CE a, au travers du processus de Bologne (de 1998 à 2010), accru son rôle et son emprise sur l'enseignement supérieur en poussant chaque pays à libéraliser et marchandiser son éducation. Et elle continue dans ce sens : grâce à d'obscurs « groupes de travail composés d'experts désignés par les pays membres et d'autres parties intéressées. »7, les instances européennes souhaitent, comme affirmé dès 2000 par le Conseil Européen, créer « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde »8. Là non plus les français n'ont pas eu et n'auront pas voix au chapitre.

Qui décide de la structuration de notre démocratie nationale ? Créer une France des grandes régions et des métropoles aux détriment des échelons de démocratie locale – communes et départements –, répond directement à l'ambition de mise en concurrence ouverte entre des territoires d'un même pays de l'UE. Le gouvernement français met en avant cette réalité en affirmant vouloir doter la France de régions « de taille équivalente aux autres régions européennes »9. Rappelons que, depuis 2014, « les régions disposent de l’autorité de gestion des fonds européens »10, pour le plus grand plaisir du Comité des Régions de l'UE qui rappelait en 2009 dans sa déclaration de mission, qu'il « revendiqu[ait] l’autonomie des autorités régionales et locales et leur droit de disposer des ressources financières appropriées [et] encourag[eait] le processus de décentralisation ».11

L'UE pousse toujours plus loin son projet initial de « suppression progressive des restrictions » au profit du « commerce mondial »12 . C'est-à-dire sa volonté politique de guerre ouverte à l’État nation.

De l'UE à l'OTAN : l'ambition impérialiste

7« Cadre stratégique – Éducation et Formation 2020 ». http://ec.europa.eu/education/policy/strategic-framework/index_fr.htm
8 « Déclaration du Conseil Européen », Lisbonne, 2000. http://www.ciep.fr/ressources/politique-lunion-europeenne-matiere-deduca...
9 Document de communication de la loi Notre cités dans le Monde Diplomatique. http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/DIRKX/50934
10 Document de présentation de la réforme territoriale. http://www.gouvernement.fr/action/la-reforme-territoriale
11 Déclaration du CdR de 2009. http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/DIRKX/50934
12 Traité de Rome 1957.

Parmi les prérogatives régaliennes usurpées par les institutions européennes, avec la collaboration de nos gouvernements successifs, les questions diplomatiques et militaires sont d'autant plus inquiétantes que les dernières évolutions ont montré combien l'UE était synonyme d'impérialisme bien plus que de paix.

Les réformes successives en matières militaires ont bouleversé l'organisation des effectifs militaires de la France, notamment en les diminuant de manière drastique, au profit d'une volonté toujours plus affirmée de faire de l'armée une force d'intervention et de projection rapide au service de l'impérialisme occidental et non plus l'outil de défense nationale dont la République a besoin pour garantir sa souveraineté.

La quasi totalité des pays de l'UE sont membres de l'OTAN, officine militaire dirigée par Washington et créée à l'origine pour combattre l'URSS. Parmi eux, les trois grands pays qui font la politique extérieure de l'UE : l'Angleterre, l'Allemagne et la France. Or, que constate-t-on depuis la rentrée de la France dans le giron des États-Unis en 2009 ? Une obéissance continue de la diplomatie européenne et française aux injonctions états-uniennes. C'est le cas dans l'affrontement entre la Russie et les USA, qui se matérialise par les guerres en Ukraine et en Syrie. Ce fut aussi le cas lors de l'intervention en Libye. Ainsi, la France par son adhésion à l'OTAN mais aussi à l'UE, a soutenu sans discontinuer les politiques d'ingérences et de déstabilisation mener par l'impérialisme américain. L'UE étant au premier rang des fauteurs de guerre en Ukraine où elle a soutenu la participation de néonazis au gouvernement putschiste, occultant le massacre de travailleurs brûlés vifs à Odessa en mai 2014 et l'incendie de la Maison des syndicats.

D'autre part, la diplomatie de l'UE poursuit la chasse aux sorcières en soutenant avec ferveur l'interdiction et la criminalisation des partis communistes et en n'hésitant pas à placer sur un pied d'égalité les communistes et les nazis.

Face aux dangers que fait planer une diplomatie de l'UE assujettie aux injonctions états-uniennes, il est grand temps de s'en émanciper en rompant définitivement avec l'OTAN et l'UE. Faisons de la France le moteur d'un internationalisme de paix et de coopérations. Les communistes français ne peuvent qu'être dans l'affrontement direct avec des institutions qui alimentent les politiques d'ingérences aux frontières de l'Europe et soutiennent l'impérialisme états-unien ; y compris l'ambition de reconquête, de ce que Washington considère comme son pré-carré latino-américain, menaçant tous les gouvernements  socialistes et progressistes ducontinent : le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l'Équateur,…

L’impossible réforme de l’Union Européenne ou l’illusion d’une Europe sociale

Pour pallier aux nombreuses critiques que l’on peut porter à l’UE, certains proposent de la réformer pour la changer de l’intérieur et replacer l’humain au coeur du système. C’est d’ailleurs la position actuelle de notre parti. Au-delà des arguments politiques qui peuvent s’élever contre une telle réforme, il en est un de taille, d’ordre juridique.

En effet, s’il est vrai que les traités peuvent être modifiés comme cela est expressémentprévu à l’article 48 du TUE, la procédure reste complexe et nécessite l’acceptation de tous les États. Dans l’objectif de réformer l’UE, et donc par conséquent, de toucher considérablement les compétences de celle-ci, la procédure doit impérativement passer par le Conseil de l’Union européenne et le Conseil européen. Ce dernier décide alors s’il convient ou non de faire suite au projet de révision en convoquant une Convention composée des représentants des parlements de chaque État membre, des chefs d’État ou de gouvernement, du Parlement européen, de la Commission, ainsi que de la BCE s’il est question du domaine monétaire. Cette Convention est  alors chargée de prendre des décisions, lesquelles le sont par consensus. S’ensuit la convocationd’une conférence des représentants des gouvernements de chaque État qui se mettent d’accord sur les modifications. Mais pour entrer en vigueur, l’article 48-4 – et 48-6 pour les dispositions liées aux politiques et actions internes de l’UE – impose qu’elles soient ratifiées par l’unanimité des États membres.

Autrement dit, l’on ne peut modifier en substance l’un des deux traités qui fondent l’UE sans l’accord de TOUS les États membres… soit 28 États. Comment alors peut-on continuer à croire et faire croire qu’une situation où les 28 gouvernements se mettraient d’accord sur une modification en profondeur des traités allant dans le sens du progrès soit envisageable et même réaliste ? Comment croire que réformer l’UE soit matériellement possible ?

Face à cela, nous devons nous réapproprier le débat de la sortie de l’UE, trop souvent laissé à l’extrême-droite qui se fait le porte-parole de ses détracteurs. Car non, nous ne prétendons pas vouloir sortir de l’UE pour s’enfermer dans une position de repli national. Sortir de l’UE n’est pas un objectif en soi, c’est un impératif fondamental à la mise en oeuvre de notre projet communiste. C’est se donner les moyens d’arriver à ce que nos idées soient entendues, acceptées et défendues, qu’elles gagnent du terrain et se propagent afin de construire ensemble une société où l’homme ne serait plus considéré comme une marchandise
mais comme un véritable acteur et bénéficiaire de la collectivité.

Alors que certains (FN, Debout La France…) proposent de sortir de l’euro mais de rester dans l’UE – position très critiquable étant donné qu’il faut pour cela que les États membres ne voient pas d’inconvénient à un changement de l’engagement français vis-à-vis du reste de l’UE, et pourraient dans ce cas voir l’attitude de la France comme une volonté de ne plus être liée par les traités –, nous, communistes, devrions militer pour l’utilisation de l’article 50 du TUE qui prévoit la dénonciation des traités européens nécessaire pour sortir de l’UE. Le PCF s’honorerait et rendrait service à tous les peuples d'Europe en montrant qu'il existe une voie progressiste, de gauche et internationaliste à une sortie de l'Union Européenne.

Quel internationalisme au XXIe siècle ?

Le début du XXIe siècle est marqué par une mondialisation écrasante et l'émergence de nouveaux rapports de production à l'échelle internationale. La fin d'un monde bipolaire et l'apparition de nouvelles puissances n'empêchent pourtant pas la bourgeoisie de défendre une vision dépassée et archaïque des relations entre les États. Nous devons contribuer aux réflexions sur le multilatéralisme et défendre une conception nouvelle des rapports entre les peuples. La construction d’un espace de coopération régional entre les peuples, de justice et de progrès social, devra s'incarner dans un internationalisme du XXIe siècle. Il s’agit d’inventer les nouveaux contours et les nouveaux outils d’une solidarité intransigeante dans la défense de la souveraineté des nations. Jean Jaurès affirmait dans L'armée nouvelle (1910) « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’Internationale ; beaucoup de patriotisme y ramène. »

Les frontières ont un sens, une raison d'être, lorsqu'elles représentent une identité politique, historique, culturelle et sociale. Un patriotisme de « gauche » considère donc la nation comme indispensable aux individus, comme lieu de socialisation d’abord, comme lieu d’élaboration politique ensuite et comme collectivité régie par un principe de participation, sans chauvinisme ni nationalisme étriqué.

La rupture avec une Union Européenne qui déteste la souveraineté du « décider en commun » ne signifie pas revenir à un mode d'isolationnisme, mais bien favoriser les actions convergentes, et retrouver une diplomatie émancipée du bellicisme.

De difficiles coopérations causées par le cadre juridique de l’UE

Si les coopérations sont indispensables dans une optique internationaliste pour les intérêts de chaque État, le cas européen n’échappe pas à la règle. A l’heure où le débat est volontairement présenté comme sclérosé, entre d’un côté les européistes et de l’autre, les eurosceptiques qui ne prônent que le repli identitaire, il est de notre devoir de penser la coopération autrement. Mais il convient également de partir des réalités de l’UE pour réfléchir et travailler à la mise en place de nouvelles coopérations.

Lorsque l’on se penche sur les règles du droit de l’UE, l’on se rend compte que l’on est faceà une première difficulté. En effet, l’article 24-3 du TUE oblige les États membres à s’abstenir « de toute action contraire aux intérêts de l’Union ou susceptible de nuire à son efficacité en tant que force de cohésion dans les relations internationales ». Si cela n’a rien de choquant au premier abord, on peut toutefois se demander s’il  n’impacte pas directement les projets de coopération entreÉtats membres ou entre un ou plusieurs États non membres et un ou plusieurs États membres. Eneffet, dans le premier cas, les deux États sont forcément tous les deux liés au droit de l’UE. Ils ne peuvent alors pas mettre en place de coopération entre eux en échappant aux règles dictées par l’UE et aux principes de cette dernière.

Une procédure a notamment été prévue par le droit de l’UE – les coopérations renforcées – permettant à des États d’approfondir les relations entre eux. Cette procédure s’inscrit dans le cadrede l’UE et reste  obligatoirement ouverte à tous les États qui souhaitent y participer. Néanmoins, et cela est bien précisé dans le TFUE à l’article 326, elle ne peut « porter atteinte ni au marché intérieur ni à la cohésion économique, sociale et territoriale » et ne peut « constituer ni une entrave ni une discrimination aux échanges entre les États membres ni provoquer de distorsions de concurrence entre ceux-ci ». Autrement dit, et cela est somme toute normal, dans une organisation régie par les règles du libre-échange, il ne peut y avoir coopération basée sur une conception des relations économiques mettant au centre le progrès économique, social et scientifique. Cette procédure ne s’en cache pas, l’objectif est d’aller plus loin encore dans la construction européenne telle qu’elle a été pensée et telle qu’elle continue d’être aujourd’hui.

Dans le deuxième cas, sur une éventuelle coopération entre État(s) non membre(s) et État(s) membre(s), si l’un des États ou groupe d’États n’est pas tenu au respect du droit de l’UE, l’autre le reste néanmoins. Ici encore, l’on voit mal comment une coopération pourrait être mise en place, sur des bases d’échanges sains et équitables qui ne répondent pas à des logiques néolibérales.

L’on voit donc que le système de l’UE ne permet pas de construire des coopérations dans les domaines économique, commercial, social, culturel, sanitaire, éducatif, etc., partant des besoins des populations et répondant à l’idée d’une Europe des peuples.

Cependant, l’idée de mettre en oeuvre des coopérations entre États ne doit pas s’arrêter aux frontières de l’Europe. Contrairement au dogme européiste, la solidarité internationale conçoit les relations interétatiques de manière plus large, en prenant en compte des considérations de tout genre. Pourquoi se limiter à une coopération entre États du continent européen quand il existede nombreux États dans le monde avec lesquels nous pourrions tisser des liens économiques mais également sociaux et oeuvrer respectivement à notre développement, à l’échelle nationale et internationale ? S’il est vrai que le but n’est pas de créer une ALBA ou un MERCOSUR « à la française », il est également vrai que les expériences latino-américaines ne peuvent que nous inspirer et nous aider à trouver notre propre voie.

Repenser le système à l’échelle mondiale

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, devant l’agonie des économies des États d’Europe, les grandes puissances se dotent d’un instrument servant à développer les relations interétatiques, sur une base de respect mutuel, afin d’empêcher que ne ressurgisse tout nouveau conflit mondial. Il s'agit de la Charte des Nations Unies. Ayant bien compris que pour éviter laguerre, il faut développer des liens économiques, notamment commerciaux, les États fondateurs ont intégré à la Charte tout un Chapitre IX relatif à la coopération économique et sociale internationale. Son article 55 impose aux États membres de travailler de concert pour améliorer les conditions de vie des populations, permettre le progrès économique et social, assurer la protection des droits humains, coopérer dans les domaines de la culture et de l’éducation.

Pour atteindre ses objectifs, l’ONU décide de la création d’une organisation internationale du commerce, aux côtés du FMI et de la Banque mondiale. Ce projet sera porté par la Charte de La Havane de 1948 qui posait toute une série de principes ayant pour but de réguler le commerce à l’échelle internationale. Celle-ci prévoyait également la création de l’Organisation Internationale du Commerce (OIC) qui devait se mettre en place après ratification par les 54 États concernés, mais qui n’a finalement jamais pu voir le jour. Pour autant, les dispositions de la Charte de La Havane gardent tout leur intérêt aujourd’hui.

Contrairement au système commercial mondial actuel, la Charte de La Havane reléguait au second plan le libre-échange, véritable fléau de notre temps. Elle préférait, à la conception néolibérale du commerce basée sur la concurrence, le développement économique et social de tousles États par le biais de la coopération.

En outre, et encore une fois loin des préoccupations de l’OMC, la Charte de La Havane intégrait à la  dimension des échanges internationaux la question de l’emploi. Ainsi, pour les États parties, lutter contre le chômage et pour le plein-emploi contribuait au développement économique et social de tous les États. De même, la coopération entre l’OIC et l’OIT (Organisation internationale du Travail) devait permettre d’arriver à la mise en place de normes de travail équitables qui tireraient les droits des travailleurs vers le haut.

La Charte a cela de particulier aussi qu’elle énonce comme principe général l’équilibre de la balance des paiements. En d’autres termes, il était considéré comme contraire aux intérêts ducommerce international qu’un État ait un excédent de sa balance des paiements car cela signifiait forcément que d’autres aient un déficit des leurs. C’est donc pour éviter un tel déséquilibre, qui va à l’encontre du principe de coopération, que la Charte fait du rétablissement de l’équilibre de la balance des paiements un objectif fondamental de l’organisation. Ce qui n’empêche pas néanmoins que des exceptions soient accordées aux pays qui le souhaitent par l’OIC pour protéger leur économie en cas de difficultés et selon certaines conditions.

A l’inverse du système actuel, la Charte donnait la possibilité aux États de contrôler les mouvements de capitaux sur leur territoire pour sauvegarder leurs intérêts et ceux de leur population. De même, elle reconnaissait que les aides étatiques sont parfois nécessaires, ainsi que les subventions destinées à assurer la stabilisation des prix et des revenus des producteurs sansporter préjudice aux États tiers. Elle accepte également que des mesures protectionnistes puissent être mises en place de manière non discriminatoire pour aider au développement ou à la constitution d’une activité.

En bref, la Charte de La Havane prévoyait un système régissant le commerce international basé sur les principes essentiels d’égalité souveraine, de respect mutuel, de coopération entre les États mais également entre les peuples.

Il est plus que jamais nécessaire de s’emparer de cette question des coopérations afin de proposer un autre modèle de société pour un internationalisme du XXIe siècle. Les outils sont là, à nous de faire avancer nos idées pour poser les bases d'un monde plus juste. Une justice essentielle dans un monde aujourd'hui menacé par des enjeux environnementaux et sociaux qui dépassent le simple cadre européen. Nous privilégions la coopération à la mise en concurrence et aux logiques liberticides libérales pour une protection effective des droits fondamentaux. C'est non seulement utile mais nécessaire pour envisager un monde
respectueux des Hommes et de l'environnement. Cela ne pourra passer que par le biais d’une véritable coopération internationale respectant la souveraineté de chaque nation.

[Contribution collective : Théodore Aubin, Celya Belaid, Antoine Blanc, Élodie Lebeau, Paul
Boueilh, Émilie Fievet, Audigié Boris, Eva Leture]
 

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