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Dépasser la frontière - Bertrand Péricaud - 62

La question migratoire a fait irruption dans le débat politique…pour le polluer d’abord. Les images de ces longues colonnes de réfugiés bloqués à la frontière macédonienne, comme celles des migrants de Calais « montant à l’assaut » des camions immobilisés sur l’autoroute A16 ont profondément marqué nos concitoyens. Détournées par le FN, elles alimentent toutes les peurs de « l’autre » ; « crise migratoire », « submersion migratoire », ces expressions reprises comme des ritournelles par les médias, construisent une réalité fantasmée, celle de l’invasion. Comme s’il s’agissait de convaincre les français que nous sommes bien en guerre, et que les migrants assimilés à des terroristes potentiels, sont nos ennemis !
Dans le calaisis d’abord, puis par extension sur tout le littoral de la Manche et de la mer du Nord, des milliers de migrants s’agglutinent, derrière une frontière, largement ouverte aux marchandises, mais qui se ferme de plus en plus hermétiquement aux hommes : celle que nous « partageons » avec la Grande-Bretagne. Grande-Synthe, Dieppe, Ouistreham, Cherbourg s, après Calais, Norrent-Fontes, Téteghem …la liste s’allonge des communes confrontées à cette réalité.
Avec son port, le deuxième du monde pour son trafic passager ; avec le Tunnel sous la Manche, Calais a vu passer des dizaines de milliers de migrants ces deux dernières décennies. Pas les plus riches- eux prennent l’avion et ont les visas nécessaires - mais les victimes de la guerre ou de la misère. Toutes les guerres du monde y ont amené des réfugiés, du Kosovo à l’Afghanistan ; de l’Irak au Soudan ;de la Somalie ou l’Erythrée à la Syrie. Toutes ces guerres, des vraies celles-là dans lesquelles la Grande-Bretagne et la France ont pris leur part.
Ce qui a d’abord changé, c’est le nombre des candidats au passage, coincés ici. Depuis la fermeture de SANGATTE, et les accords du TOUQUET en 2003, ce sont quelques centaines de personnes qui stationnaient à CALAIS, dans l’attente d’un passage qui intervenait au bout de quelques semaines tout au plus. Leur nombre a augmenté à partir de 2012 pour dépasser les 6000 l’été dernier, rien que dans la « jungle » de CALAIS. Ce blocage est le produit d’un renforcement de la politique sécuritaire britannique. Depuis les accords du TOUQUET négociés par SARKOZY, la frontière anglaise est désormais en France : sur le port de CALAIS, le site du tunnel…ou à la gare du nord dans l’Eurostar !
Pendant 10 ans, la « pression migratoire » a été gérée avec une grande hypocrisie : quand le nombre de migrants devenait trop élevé, les contrôles se relâchaient et tout le monde passait dans les remorques. Depuis les attentats de LONDRES, l’arrivée de CAMERON au pouvoir, l’attitude britannique a complètement changé. La perspective du possible « brexit » et la pression populiste amènent les conservateurs très loin, puisqu’ils se proposent aujourd’hui de préparer l’expulsion de quasiment tous les migrants non européens en situation régulière, mais gagnant moins de 4700 livres par mois, au moment du renouvellement de leur titre de séjour !
Face aux exigences anglaises, HOLLANDE a décidé de céder sur toute la ligne, avec deux types de mesures :
La transformation des zones du tunnel et du port en véritables camps retranchés. La végétation dunaire a été rasée ; des murs de grillages érigés, en attendant de véritables murs de béton. On a compté jusqu’à 1700 policiers  dont 10% des forces de police mobile, 431 fonctionnaires de la P.A.F…une débauche de moyens. La facture matérielle (grillages ; détection, etc...) est payée par la Grande Bretagne :elle a fait un chèque à EUROTUNNEL de près de 40 millions d’euros ; 15 millions pour la sécurisation du port ;et une rallonge de 30 millions  accordée somptueusement lors du dernier sommet d’AMIENS.
Les mesures d’éloignement des migrants avec une destruction partielle de la « jungle » de CALAIS, et l’utilisation quotidienne de la force.
Jamais le pouvoir n’a essayé de négocier avec les britanniques, le passage des migrants ;dans le cadre du rapprochement familial par exemple ; ou des réfugiés syriens. Les britanniques auraient pu accueillir les 450 syriens de calais, sur les 3700 qu’ils se sont engagés à accueillir. Mais non !
Ce n’est que depuis quelques semaines que la question du rapprochement familial des mineurs isolés commence à être prise en compte…au compte goutte .C’est que VALLS et CAMERON partagent la même analyse : c’est en fermant hermétiquement la frontière et en étant impitoyable avec les candidats à l’exil, qu’on découragera d’autres vocations.
C’est bien mal connaitre les ressorts qui poussent ces jeunes gens sur les routes de l’exil ; leurs familles à s’endetter pour financer leur quête. Ce n’est pourtant pas faute d’être informé : « mission CAZENEUVE » ; »rapports du « défenseur des droits » et des multiples associations et ONG présentes sur le terrain.
La politique des deux gouvernements est non seulement inefficace, mais elle contribue à déstabiliser tout un territoire. De CHERBOURG à ZEEBRUGE, les « jungles » se multiplient  ainsi que les tentatives de passage à bord des camions ; les risques réels et supposés pour l’économie locale ; l’instrumentalisation par l’extrême droite…toute une problématique que les militants communistes ne savent plus trop comment prendre.
Cette situation peut se décliner sous différents angles :
Le combat pour un accueil digne des migrants en France. C’est le combat de l’urgence pour « l’humain d’abord ». Les « jungles » sont une honte, et la répression violente contre les migrants, indigne de la France et la Grande-Bretagne. Beaucoup de militants communistes sont engagés dans les associations qui apportent une aide humanitaire, quelquefois depuis plus d’une décennie. Ils sont notre honneur ! Des choses ont bougé grâce à cette mobilisation ; les procédures de régularisation pour les migrants demandant l’asile à CALAIS ont été accélérées. L’Etat a fini par accepter la prise en charge du camp de GRANDE-SYNTHE. Il a réagi en mettant hors d’état de nuire les milices racistes qui organisaient des « ratonnades »…mais il faut aller beaucoup plus loin pour faciliter l’intégration des migrants régularisés ou en attente de régularisation, la scolarisation des mineurs, et surtout, le passage en Grande-Bretagne de tout ceux qui y ont droit, en vertu des conventions et accords internationaux !
La sécurisation des installations portuaires et du Tunnel. C’est le combat mené par les organisations syndicales, inquiètes de la situation violente vécue par les salariés, les clients, en particulier les chauffeurs routiers. Et d’une façon plus générale, inquiètes pour l’emploi C’est un aspect beaucoup moins pris en compte par nos militants, car apparemment contradictoire avec la défense des migrants. Elle peut amener nos propres élus à demander l’expulsion de camps de migrants, quand d’autres militants travaillent à les aménager. Les sénateurs communistes du Pas de Calais et du Nord, avec les deux fédérations, ont rencontrés à plusieurs reprises les syndicats du port et du Tunnel. Les syndicalistes n’ont rien contre les migrants : ils les comprennent, les plaignent ; mais ils s’inquiètent  de l’impact de cette situation sur l’état d’esprit de beaucoup de salariés (montée du racisme) et demandent la sécurisation renforcée des installations. Comment ne pas les entendre ?! Ils nous interpellent sur ce que l’on propose concrètement ; et nous avons beaucoup à travailler pour leur répondre autrement qu’avec des formules toutes faites du style « renégocier les accords du TOUQUET »… Sur cet aspect du problème, ce sont souvent des camarades, secrétaires syndicaux, qui sont en première ligne…pas les mêmes que ceux qui militent dans la « jungle »
Cette double problématique crée un clivage dans la population et  divise nos propres forces. Comment dépasser cette contradiction, qui fait le lit du Front national ?
Nous avons besoin d’affiner nos propositions et de construire un argumentaire bien étayé. Ce travail militant pourrait consister dans un premier temps a réunir les responsables communistes du littoral de la Manche et de la mer du nord pour confronter nos expériences et travailler nos propositions.
Enfin, cette situation pose la question de la frontière avec la Grande-Bretagne. Quelle alternative à l’Europe forteresse ? Au-delà des députés européens, pourquoi ne pas associer les camarades britanniques et belges à une réflexion commune sur les « accords du Touquet », « Dublin III » ; et des propositions lisibles qui permettent de faciliter les flux migratoires et de combattre le populisme. Je pense aux Travaillistes britanniques, aux camarades du PTB, aux confédérations syndicales de nos trois pays ; aux fédérations syndicales les plus concernées, comme la fédération CGT des ports et docks. Ce travail pourrait se traduire par une grande initiative avec les 3 secrétaires généraux, à CALAIS, par exemple.
La question migratoire n’est pas conjoncturelle. Elle va prendre de plus en plus de place dans le débat politique. Soyons prêts !
 

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