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2017 : pour éviter le pire, viser le meilleur - Manuel Menal - 75 | PCF.fr

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2017 : pour éviter le pire, viser le meilleur - Manuel Menal - 75

Au cœur de notre congrès, le débat sur notre stratégie pour 2017 et son lien, ou non, avec notre stratégie de long terme, passionne, inquiète et tend tout à la fois. Rien de plus naturel, s’agissant d’un débat profond, existentiel peut-être.

Rien de plus logique, surtout, puisqu’un point de départ semble partagé par le plus grand nombre : 2017 est une année à haut risque, pour la France, la gauche, la gauche antilibérale, le Front de gauche et notre parti.

Comment conjurer le scénario écrit d’avance d’un duel droite extrême / extrême droite au second tour ? Si l’ambition est partagée, c’est le chemin qui fait débat : programme d’urgence ou alternative radicale ? Le débat est à poser sereinement mais clairement.

Poser le débat sereinement, c’est commencer par poser clairement les objectifs et écarter les faux-débats pour examiner un à un les points qui font débat

À commencer par l’analyse de l’enjeu. La résolution du Conseil la traduit ainsi : « le désaveu massif et justifié [du pouvoir Hollande-Valls] débouchera inévitablement, si une nouvelle réponse progressiste largement rassembleuse n’est pas construite, sur une victoire de la droite et de l’extrême-droite, toutes deux porteuses de programmes radicalisés extrêmement dangereux pour notre peuple ». Et d’ajouter : « cette victoire peut même conduire à la marginalisation durable, voire à l'effacement de la représentation politique, des idées progressistes, de la gauche sociale et politique ».

Ce point ne fait, me semble-t-il, pas débat pour l’essentiel des camarades. Le texte « L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen » exprime autrement une analyse convergente sur la gravité de la situation : « Si nous ne réussissons pas à faire renaître l’espoir et permettre ainsi aux classes populaires de se sentir à nouveau concernées par la politique, les élections de 2017 se traduiront, quoi qu’il arrive, par un face-à-face entre les deux stratégies des classes dominantes : le néolibéralisme et le néofascisme ».

Un deuxième point semble également faire consensus : la volonté de rassemblement large. Car si la résolution du Conseil national indique vouloir « entraîner le maximum des forces disponibles dans toute la gauche sociale et politique », le texte « L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen » propose des Assises « ouvertes à toutes les forces et toutes les personnes qui veulent travailler à une véritable alternative de progrès humain, y compris les membres et élus du Parti socialiste, d’EELV et toutes celles et ceux qui souhaiteraient travailler à une rupture claire avec les politiques libérales ».

Si l’analyse de l’enjeu et la volonté de rassemblement sont donc bien communs, le débat, en revanche, se fait sur le chemin.

Encore faut-il interpréter celui proposé par la proposition de base commune du Conseil national ; car un de ses défauts majeurs, pour moi, est de ne pas exprimer explicitement ses objectifs politiques. Que nous propose-t-on ? La résolution du Conseil national tente de l’expliciter avec cette formule : « nous cherchons à construire une candidature en phase avec les attentes citoyennes de changement et s’appuyant sur un contrat populaire et citoyen le plus large possible ». Pour la construire, la proposition de base commune du Conseil national propose d’élaborer « une plate-forme commune qui soit le socle d’entrée de la primaire pour les candidat-e-s » et « assure à cette primaire son caractère de gauche et écologiste ».

Cette primaire réunirait donc « les candidats acceptant ce mandat populaire » pour choisir celle ou celui le ou la plus à même de le réaliser. À ce titre, les déclarations publiques de notre Parti et de Pierre sont en cohérence, multipliant les appels aux frondeurs et aux écologistes.

Le chemin dit, au fond, la volonté. Face au risque de disparition de la gauche en 2017, il s’agit que subsiste une voix différente de celle de Hollande, Valls et consorts ; et pour que cette candidature soit la plus rassembleuse possible, de définir un « socle », une « plate-forme » ou un « contrat » qui rassemble la gauche du PS, les écologistes et nous-mêmes.

Cette proposition est entendable. Elle correspond à ce qu’on a pu qualifier autrefois de « programme d’urgence », c'est-à-dire une stratégie qui vise, face à l’urgence de la période, à rassembler largement sur un socle commun pour faire face à la droite et à l’extrême droite. Il ne s’agit pas de la diaboliser, mais de la discuter.

Dans le contexte actuel, la proposition du Conseil national est-elle réaliste ? Je ne le crois pas.

Le processus proposé de primaire repose entièrement sur le pari qu’une partie importante des socialistes s’engagerait avec nous dans un processus qui conduirait à soutenir un autre candidat que celui de leur parti – puisque l’hypothèse de « battre François Hollande à la primaire » semble clairement abandonnée.

Pourtant, rien n’est moins sûr. Les appels aux frondeurs, la volonté d’une « autre majorité de gauche » avec eux, notamment à l’Assemblée, la valorisation de leurs prises de position (tout à fait utiles) au sein du Parti socialiste, n’ont en quatre ans pas porté leurs fruits : peu de départs de cadres, et, in fine, très peu de votes divergents parmi les parlementaires.

Sans perdre de vue la volonté de travail commun avec les « frondeurs », il semble à tout le moins excessif de faire dépendre d’eux notre stratégie.

La proposition du CN répond-t-elle aux enjeux de la période ? Je le crois encore moins.

Le « socle » proposé par la base commune, ou « contrat populaire et citoyen le plus large possible » selon le Conseil national, se fonde sur la réalité des convergences entre EELV, PCF et une partie de la gauche du PS, pour des exigences de gauche que nous avons partagées (refuser le diktat de la réduction de la dépense publique, droit de vote des étrangers, maintien du CDI, réorientation de l’Europe…).

En termes de candidature, la primaire proposée, en admettant qu’elle ait lieu, conduit assez logiquement à faire émerger, parmi des candidates et candidats issus du PS, d’EELV, du PCF et de nous-mêmes, un candidat « rassembleur » de ces forces : un profil de candidat de type frondeur, social-démocrate de gauche (et non social-libéral), semble donc très probable.

Pour moi, cette option ne permettra pas d’atteindre les objectifs annoncés, c’est à dire de faire événement, figurer au second tour et être en capacité de l’emporter.

Face à la profondeur de la crise politique, sociale et démocratique, à la démobilisation totale des catégories populaires, de plus en plus structurellement abstentionnistes, à la crise profonde du projet social-démocrate, en échec partout en Europe face à un capitalisme financiarisé et mondialisé, un tel rassemblement derrière un programme d’urgence n’est, à mon sens, pas à même de créer la dynamique nécessaire à remobiliser les catégories populaires, à recréer l’espoir pour que les millions de femmes et d’hommes dégoûtées de la gauche et plus largement de la politique puissent s’en saisir et se sentir à nouveaux concerné-e-s par la politique.

La situation actuelle appelle au contraire à des solutions de haute portée. Le dégoût de la politique, le désengagement massif des catégories populaires, la colère et la déception qui s’expriment créent en même temps des possibilités de convergences nouvelles : pas tant sur un socle minimal de survie pour la gauche, mais sur une volonté profonde de transformation de la société.

Tout cela nécessite d’assumer un projet radicalement antilibéral et une démarche politique radicalement neuve : une démarche qui ne se fonde pas sur des combinaisons d’organisations et des recompositions d’appareils, mais qui s’appuie sur la volonté de rupture et de démocratie à tous les niveaux qui s’exprime dans des mouvements inédits comme les « Nuits Debout » ou les mobilisations citoyennes contre la loi travail.

Les expériences de nos voisins européens ont montré qu’il est possible de faire émerger une telle dynamique en s’appuyant sur deux éléments essentiels : un projet radical clairement exprimé ; et une démarche politique qui fasse vraiment confiance et la mobilisation et celles et ceux que l’on prétend défendre. Pour Syriza comme pour Podemos, une des conditions essentielles de la démarche a été la rupture claire avec un PASOK et un PSOE discrédités. L’un comme l’autre ont d’ailleurs, à la faveur de cette démarche politique neuve, réussi à faire décrocher une partie très importante de leur électorat, et même de ses militantes et militants.

Nous avons, avec le Front de gauche, voulu poser la base d’une telle démarche de construction d’une alternative radicalement nouvelle. Ses difficultés actuelles ne doivent pas nous faire oublier le score inédit qu’il nous a permis de réaliser en 2012, la place centrale qu’il continue d’avoir dans les têtes comme « alternative à gauche », la référence que continue à constituer « L’Humain d’abord ».

Il peut être la base pour un nouveau « Front de gauche populaire et citoyen », pour une démarche politique qui permette véritablement à chacune et chacun de s’impliquer, de décider, de construire ensemble, de se réapproprier la politique.

La proposition exprimée par le texte « L’ambition communiste d’un Front de gauche populaire et citoyen » d’Assises de la transformation sociale et écologique peut être la base d’une telle démarche, en organisant partout, dès à présent, des assemblées citoyennes ouvertes à celles et ceux qui veulent construire cette alternative radicalement antilibérale qui débattraient du programme, sur la base de l’Humain d’abord, des candidatures et en proposant qu’elles se concluent par des Assises nationales composées de délégués de ces assises locales.

Ces Assises doivent permettre de rassembler toutes celles et ceux qui se sont retrouvés dans la démarche du Front de gauche en 2012, et bien au-delà : après cinq ans de déception et de colère face à la politique menée par le gouvernement socialiste, le potentiel des forces disponibles pour s’inscrire dans la recherche d’une construction véritablement neuve à gauche n’a jamais été aussi important.

J’ai la conviction qu’une telle démarche politique inédite peut recréer l’espoir à gauche, parce qu’elle affirme d’emblée à la fois le besoin de solutions radicales et neuves et la volonté d’une construction politique qui donne le pouvoir à celles et ceux qui veulent s’en saisir : l’ambition et le chemin. Elle ferait de 2017 non pas un détour dans notre stratégie, mais bien une étape essentielle de la construction d’une dynamique à gauche, seule à même de « créer la surprise ».

Dire cela, est-ce se contenter de « demander [de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon], sans le dire clairement », comme le déclare mon camarade Robert Clément dans une contribution ? Ce mauvais procès revient à passer sous le tapis un peu vite un débat stratégique pourtant important pour notre parti.

Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature. La conception hyper-personnalisée de sa campagne, même si elle est accompagnée d’une volonté pour l’instant affichée de campagne participative, et son annonce unilatérale, nous posent légitimement problème. Sans pour autant nous surprendre. Pas plus que nous surprennent ses prises de position sur la nation, l’Europe ou les religions. Au fond, Jean-Luc Mélenchon n’a pas beaucoup changé depuis 2011, dans ses atouts — son talent indéniable, son identification aujourd’hui encore très forte dans les catégories populaires — comme dans ses défauts. Là où en revanche, il était porté par la dynamique de rassemblement du Front de gauche en 2012, le caractère solitaire de la démarche actuel renforce les derniers. Est-il encore possible qu’il s’inscrive, lui parmi d’autres, dans une démarche collective ? C’est, aussi, une des questions posées aujourd’hui, si l’on veut vraiment éviter la dispersion des candidatures à gauche. Le processus d’Assises proposé est, je le crois, de nature à lui permettre d’en faire partie, sans y être seul.

Doit-il en être à la fin le candidat ? Cette question se posera légitimement à l’issue du processus collectif que nous pouvons décider d’engager ; un processus qui peut permettre de faire émerger plusieurs figures, pourquoi pas issues des mobilisations actuelles, pourquoi pas issues de notre parti. La question du choix de la candidature se posera d’autant plus posément qu’elle viendra à l’issue d’un processus collectif réellement rassembleur et porteur d’espoir sur des bases claires, sans tomber ni dans « le candidat naturel » ni dans un « tout sauf Mélenchon » ni très politique ni très efficace.
 

Manuel Menal
24 avril 2016

 

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