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Pour la primaire du texte CN ou pour la primaire du texte alternatif 1 ? Gisele Cailloux - 92

La première partie du premier texte alternatif «  L'ambition communiste pour un front de gauche populaire et citoyen » n’a guerre d’intérêt par rapport au texte adopté par le CN. C’est l’exercice obligé pour introduire dans la seconde partie ce qui est la véritable raison d’être de ce texte, ce sur quoi porte le véritable désaccord : 2017 et l’avenir du parti communiste.
Sur la base du rejet extrêmement fort du PS, ce que cherchent les auteurs de ce texte, c’est l’adhésion des communistes à leurs thèses.
Mélenchon doit être notre candidat
On fait une primaire mais sur la forme « collectifs antilibéraux ».
 
Dans la première partie, leur texte analyse la situation du monde, mais nous vivons dans le même monde, donc  avec des convergences avec la base adoptée par le CN !  Pourtant, très velléitaire, ce texte, ne propose aucune action précise contrairement au texte du CN avec la campagne « zéro chômage pour une société de partage ».

S’agissant des choix portant sur 2017, tous les moyens sont bons pour discréditer les termes de la primaire proposée par la base du CN alors qu’en réalité, leur texte propose aussi, nous le verrons plus loin, une primaire pour choisir le candidat à l’élection présidentielle.

Ce texte alternatif affirme : « Mais dans les faits, nous constatons que la proposition d' une primaire à gauche » pour écarter « l'impasse Hollande Valls et consorts » et « faire émerger pour l'élection présidentielle une candidature commune « nous amène en réalité à la recherche d'une candidature de consensus avec le parti socialiste discrédité reproduisant au final le schéma ancien de la gauche plurielle ».
Le texte du CN dit exactement le contraire : « …nous voulons écarter l’impasse Hollande, Valls et consorts par l’émergence d’une autre voie à gauche…faire émerger, pour l’élection présidentielle, une candidature commune qui bouscule la donne, qui relance une gauche de rupture… ».
Ca s’appelle un procès d’intention.

Les auteurs de ce texte alternatif confirment leur procès d’intention : « A l’inverse, notre ralliement à une candidature socialiste- qui dans les conditions actuelles ne pourrait être que celle d'un des principaux dirigeants de ce parti... » et « …une primaire pour une candidature « commune » de la gauche devrait rassembler à la fois les partisans et les adversaires des politiques libérales soutenues par le PS ».
Les auteurs de ce texte s’appuient dans leur démonstration, non pas sur ce que dit Pierre Laurent, par exemple : « le périmètre pourrait être les opposants à la loi El Khomri» mais sur ce que dit une certaine presse : Le Monde, Libération, Le Figaro… qui annonce qu’Hollande, Valls…pourraient être candidat de cette primaire. Un vrai procès « de Moscou » !

Certes, l’idée de primaire des forces de gauche a été lancée  par des gens dont certains, à l’instar de Cohn Bendit, ont sans doute l’objectif de remettre en selle Hollande. Mais à partir de cette proposition, le parti a entamé des discussions avec des forces ou des personnalités réellement en recherche de solutions pour une perspective autre que le scénario annoncé d’un face à face droite, extrême droite au 2e tour et l’élection d’une droite, plus à droite que jamais. Il ne s’agit pas de remettre en selle un candidat de droite nommé Hollande mais d’ouvrir l’espoir d’un candidat s’appuyant sur un socle de propositions communes permettant de sortir de ce cycle de reculs sociaux historiques.
Contrairement à ce que disent les auteurs de ce texte alternatif, la nouvelle catastrophe qui se prépare n’est pas comparable avec 2002 qui a vu Le Pen au second tour. Certes le FN avec  Le Pen sera plus que probablement au 2e tour, mais plus installée dans le paysage politique qu’en 2002 et l’élection d’un Juppé  président versus 2017 n’aura rien à voir, en terme de conséquences pour le peuple avec l’élection d’un Chirac président versus 2002 !
Minimiser cela est grave.

Avec la proposition de primaire nous serions coupable aussi de «  Retarder le moment de véritables ruptures antilibérales et de progrès démocratiques majeurs et même, retarder l’ouverture de la perspective de telles ruptures… ».

Nous voici là en plein retour de la théorie du « grand soir » ! La volonté de créer une situation d’inversion de cap, de tourner le dos aux principaux choix du gouvernement actuel, s’opposerait aux ruptures antilibérales ? Et bien oui, utiliser autrement l’argent des banques, cesser les cadeaux au patronat (CICE, CIR…), remettre en cause la loi El Khomri et proposer la SEF, revoir la fiscalité pour plus de partage, développer les services publics, se battre pour que les milliards de la BCE servent à développer l’économie et les services publics, travailler à la 6e république… ce n’est pas mettre un terme au capitaliste… mais c’est déjà un bon début.

A croire aussi ce texte, nous serions responsable, nous communistes,  de l’échec du Front de Gauche ?
Nous avons refusé « malgré des demandes insistantes et répétées…le principe des adhésions directes au Front de Gauche… » !
D’où viennent ces demandes insistantes ?
Chacun le sait, l’adhésion directe conduit à la création d’un autre parti politique.  Créer une organisation, qui fait de la politique, qui présente des candidats aux élections, qui a des adhérents donc des structures de fonctionnement (trésorier, secrétaire, …)…c’est bien la définition d’un parti politique. Après, celui-ci peut avoir des tendances, dont une communiste.
Il faut reconnaître aux auteurs de ce texte une grande constance dans leurs volonté de dissoudre le parti dans un grand rassemblement : les valises trop lourdes, la métamorphose… Mais et ce n’est pas la même chose, les communistes ont choisi lors de leurs congrès, à la fois d’être communistes et d’œuvrer à un rassemblement très large !

Et comble du comble, nous ne soutenons pas la candidature « naturelle » de JL Mélenchon. Pourtant quand on lit la phrase suivante (dans leur texte) : « Et dans tous les cas, la candidature ne pourrait être celle de toute la gauche puisqu’un tel résultat supposerait aussi le renoncement de Jean-Luc Mélenchon qui continue d’identifier le Front de Gauche pour des millions de femmes et d’hommes et se refuse, quant à lui, de façon tout à fait déterminé, à quelque alliance que ce soit avec un PS discrédité par son soutien constant au gouvernement et demeure crédité dans les sondages d’environ 10% des intentions de vote », il est évident de chez évident qu’il faut souscrire au choix Mélenchon. Et pour les camarades qui hésiteraient, cette phrase fait fonctionner les mêmes ressorts qu’en 2011 : combien de camarades qui préféraient la candidature d’André Chassaigne ont voté pour JLM parce qu’ils pensaient qu’on ne pouvait plus faire autrement ? Mais déjà les mêmes (en tout cas les auteurs du texte) soutenaient JLM !
Passons sur les comparaisons avec Syriza, Podemos… l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Il fut un temps où il fallait faire du copié collé avec « Die Linke ».

Ce texte rejette donc la primaire proposé par la base du CN  mais … nous propose une primaire !
« Nous proposons que se tienne sous forme d'assemblées citoyennes des assises locales ouvertes  à toutes les forces ...y compris les membres et élus du Parti socialiste, d'EELV et ...puis des assises nationales composées de délégués des assises locales concluraient la démarche en formulant le projet et en actant les candidatures communes. En cas de désaccord persistant sur certains points du projet une votation citoyenne nationale donnerait une légitimité démocratique aux choix indispensables. Il en serait de même en cas de pluralité de candidature possible à la présidentielle. A l'initiative des assises locales le même principe pourrait s'appliquer aux candidatures aux élections législatives.
Le processus que nous proposons devrait permettre à JLM de s'inscrire dans ce processus. ».
C’est pas une primaire ça ??? Si mais pour choisir JL Mélenchon

Alors quelles différences entre les primaires proposées par la base du CN et les primaires proposées par la base du texte alternatif N°1?
Dans la base du CN, le parti communiste est un partenaire. Les communistes interviennent en tant que membre de ce parti. Dans la base alternative, il est proposé des grandes assemblées. Tous le monde est bienvenu, y compris les adhérents et les élus du PS qui d'un seul coup de baguette magique ne sont plus diabolisés. Mais c’est l’effacement des partis !

Nous y voilà : ce texte nous propose rien moins que de rejouer l'épisode des collectifs anti-libéraux dont on connais la conclusion catastrophique : des collectifs qui avaient choisi très majoritairement la candidature de MG Buffet mais se sont  heurtés au double consensus inventé par P. Cohen Seat  dans le dos des communistes, une campagne qui du coup est parti bien trop tard, avec deux candidatures sous l’étiquette des collectifs : MGB et J.Bové et 1,93% à l’arrivée !

Dans leur critique de la base CN, les auteurs de ce texte pointent le risque, si primaire il y a, d’être « entraînés vers des candidatures communes aux législatives »  ce qui là encore est contraire à ce que dit la base du CN : « Le PCF entend présenter ou soutenir dans toutes les circonscriptions des candidat-e-s… ». Cette accusation est un comble puisqu’ils nous proposent avec leurs primaires de décider par cette méthode d’assemblées des candidatures législatives ! En fait, notre parti serait complètement dessaisi du choix aussi bien pour les présidentielles que les législatives.

Les assemblées pour construire ensemble, pour décider de luttes ont pleinement leur intérêt. Elles ne remplacent pas le travail d’élaboration communiste. Elles ne remplacent pas l’initiative communiste. Elles sont complémentaires. Quant à utiliser les assemblées pour décider d’une candidature, l’expérience des collectifs antilibéraux (on a donné !), montre qu’ il y a loin de l'intention à la mise en œuvre. Rappelons-nous pour ceux qui l’ont vécu, le rendez vous final de St Ouen ! Mais manifestement, pour les auteurs du texte le choix est déjà fait : JLM !

« Le Front de gauche doit devenir une structure ouverte où citoyennes, militantes syndicaux, associatifs...pourront créer des lieux d'élaboration, de débat, mais aussi d'actions, de décisions »...Qui n'a pas déjà, pour ce qui concerne  nos militants, organisé, participé à des assemblées tout à fait ouvertes sous couvert du Front de gauche ? Rien de nouveau dans cette proposition.  En fait, il faut ouvrir des fronts de lutte chaque fois que nécessaire !
Mais dans ces assemblées, dans ces fronts, l’apport des communistes est une richesse, non pour imposer quoi que ce soit mais pour mettre en débat des propositions.
Par exemple, aujourd’hui, ce qui rassemble, c’est la lutte contre la loi El Khomri. Cela va bien plus loin que le Front de Gauche et tant mieux. Personne ne se sent gêné pour lutter, de ne pas être adhérent quelque part. Beaucoup d’idées émergent de cette lutte notamment dans les assemblées de « nuit debout ».

Si on veut contribuer au développement de cette lutte « contre la loi », ce n’est pas seulement en participant aux manifs, aux assemblées…C’est aussi en ouvrant des perspectives  « pour ».
Le chômage, ses raisons, que faire… ? C’est ce que fait le PCF avec le projet de loi sur la sécurité de l'emploi et de la formation porté par André Chassaigne, Eliane Assassi et la commission économique, et déjà partiellement amendé par des organisations de jeunes en lutte contre la loi El Khomri et pour l'emploi des jeunes.
Et il est heureux que la base du CN propose une véritable campagne sur : « zéro chômage, pour une société de partage »  comme il est heureux  qu’elle prenne en compte que : « L’entreprise et les lieux de travail appellent une réflexion particulière : ce sont des lieux de pouvoir, de lutte idéologique et politique… nous devons nous interroger sur les modes d’organisations les plus adaptés…pour y porter efficacement nos idées et y organiser l’action ». Tout ça converge contre la loi El Khomri et pour aider à faire grandir le mouvement.
Ce n’est pas d’une dilution du parti dans un Front de Gauche même élargi dont nous avons besoin mais d’un parti communiste qui contribue, avec son apport, au rassemblement et à l’émergence d’idées avec l’objectif de les rendre majoritaires dans le pays pour le changement.
 

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