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Le débat de la semaine

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Débat n°5 : quelles pratiques militantes pour améliorer notre action ?

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Les luttes des femmes, moteur de tout le progrès humain - Laurence Cohen, Hugo Pompougnac - 94

Depuis 2012, les forces réactionnaires, FN en tête, ont fait de la question des femmes, de leur rôle et de leur image un enjeu essentiel. De Manif pour Tous en abolition de la prostitution, d'affaires du voile en ABCD de l'égalité, elles ont mené un effort constant pour faire gagner une certaine conception des rapports hommes-femmes et pour briser les appuis du mouvement de libération des femmes. Ils ont bien compris que la question est centrale – qu'il ne s'agit pas d'une simple rubrique « sociétale », mais que les droits des femmes sont moteurs de tout progrès humain, et qu'il faut commencer par les mettre à terre lorsqu'on entend détricoter les conquêtes salariales, les libertés publiques, la vie démocratique. Ils ont bien compris que, parmi les forces en mouvement pour changer la société, les femmes sont au premier rang. Le gouvernement socialiste, n’a pas voulu, depuis le marathon législatif du Mariage pour Tous, mener la lutte et s’est laissé totalement déborder par manque de courage politique ! De bout en bout, et jusqu'au dernier remaniement ministériel, il a traité les droits des femmes au mieux, comme une question annexe, au pire comme un écran de fumée visant à détourner le regard de la politique économique (on se souvient de l'étrange télescopage du Mariage pour Tous et de l'ANI en 2012). Faute de mener la bataille au niveau d'exigence nécessaire, il a donc enchaîné les revers dans l'opinion et, des ABCD de l'égalité à la disparation de la grande Loi Famille, a cédé sur l'essentiel des revendications des réactionnaires. Nous mêmes, forces du progrès humain et du mouvement pour une société meilleure, attentifs à ne pas nous laisser détourner des « vraies » questions (les questions économiques), n'avons pas pris la mesure de ce qui se jouait sous nos yeux . Pour l'essentiel, le point de bascule qui a consacré la montée en puissance du FN et de ses alliés, dans les quartiers comme dans les zones rurales, s'est joué sans nous. Ce combat est universel parce que, dans les luttes et dans les aspirations que les réactionnaires prétendent éteindre, les femmes posent en grand la question d’un changement de société.

 

Quelle organisation du travail ?

 

Dans le domaine du travail, c'est le mot d'ordre d'abolition de la double journée, tel qu'il est formulé dans la vie quotidienne de millions de femmes, qui cristallise ces grandes aspirations. Il affirme la nécessaire abolition de la division du travail entre la famille et l'entreprise (les femmes au foyer et les hommes au boulot), mais également au sein de la famille (les femmes derrière les fourneaux ou auprès des enfants et les hommes devant la télé) et au sein de l'entreprise elle-même (les femmes cantonnées à certains métiers et piégées au bas de l'échelle des salaires et des contrats). Quand parle-t-on du travail domestique ? du partage des temps ?

Tous ces aspects reposent les uns sur les autres. En réalité, le mot d'ordre d'abolition de la double journée exprime dans les mots du quotidien l'exigence d'abolir toute forme de division du travail, verticale (hiérarchique), horizontale (suivant les corps de métier), salariée et gratuite. Les propositions pour la réduction du temps de travail, pour les grilles salariales universelles ou pour la polytechnicité des métiers ouvrent la voie à sa réalisation.

 

Quelle mise en commun ?

 

La bataille des biens communs est duelle : d'une part, il s'agit de résister à l'expropriation, au nom d'un « intérêt général » imaginaire, de ce qui est inaliénable à chacun ou à tous – et d'autre part il s'agit de mettre en commun ce dont chacun et tous ont besoin pour qu'ils puissent en profiter. Les femmes sont au coeur de cette contradiction. La procréation donne un pouvoir aux femmes qu’il faut contrôler. Ce sont elles qui donnent la vie et qui permettent, dans une certaine mesure, la reproduction d’un certain modèle de société. Ce pouvoir les rend « dangereuses » raison pour laquelle les états ou les églises prétendent les en déposséder, en restreignant leur choix d’avoir ou non des enfants (accès à l'avortement et à la contraception). C'est l'exigence de la propriété de soi, de son temps, de son corps, de ses choix de vie qu'elles opposent à cette dépossession. Et cette critique qu'elles conduisent dans la pratique de leur lutte atteint toute entière la prétention de l'état bourgeois à incarner l'intérêt général – ce même Etat actionnaire qui dépossède les salariés d'Air France de leur outil de travail. De l'autre côté, dans la mesure où on fait peser sur elles le travail de plus en plus irréalisable qui va avec le développement des exigences familiales (en particulier l'allongement symétrique de l'enfance et de la vieillesse), elles sont au centre de la bataille pour la mise en commun et en service public de l'accompagnement des personnes… Un mouvement qui porte la nécessité d'un véritable service public de la petite enfance, de la santé, de la vieillesse.

 

Quelle refondation démocratique ?

 

"La distinction de sexe traduit l'évidence de la singularité, et à ce titre la question de l'égalité femmes/hommes est au coeur de la question historique de l'égalité" Pierre Rosanvallon

Sommes- nous capables de construire une société d'individus égaux reconnus dans leur singularité et liés, pour vivre ensemble, par une égale citoyenneté ?

Une véritable refondation démocratique est rendue nécessaire face à des institutions représentatives qui ne représentent pas le peuple tel qu'il est. Elles sont détachées de leur base, ne se contentant pas de diriger sans le peuple : elles dirigent contre le peuple. Là aussi, la place des femmes reflète cette faillite démocratique. Elles sont minoritaires dans les assemblées et par conséquent, leurs aspirations y sont également rendues minoritaires. Plus encore, leurs aspirations sont broyées au nom de l'universel masculin : les élues y sont Monsieur le sénateur ou Monsieur le maire, signifiant bien qu'elles prennent la place des hommes, et qu’elles le veuillent ou non, représentent les hommes. La dépossession démocratique des femmes est inscrite par construction dans nos institutions, et elle est exemplaire d'assemblées qui fonctionnent contre les citoyen-ne-s qu'elles prétendent représenter. La voie de son dépassement, engagée par toutes les femmes qui se rappellent au bon souvenir de leurs élus au travers de leurs luttes et de leurs votes, est aussi la voie de dépassement de la rupture démocratique générale qui fait le quotidien de notre vie politique. La bataille de la parité, intégrale et généralisée à toutes les responsabilités politiques, permet d'avancer vers la réalisation de cette exigence.

Ce débat sur la parité permet de poser les questions de renouvellement des élus, de l’adéquation avec les contours de la société, du statut de l'élu etc...

 

Quelles perspectives de paix et de sécurité ?

 

Les foyers de guerre allumés au Moyen-Orient par le jeu symétrique des puissances impériales et des forces islamistes, qui ont acquis une place centrale pour poser la question (et y répondre) de la paix dans le monde, sont riches d'enseignements. L'action des pays engagés dans ou auprès de l'OTAN, au premier rang desquels la Turquie ou l'Arabie Saoudite, de même, évidemment, que celle des forces islamistes, éloignent la perspective d'une paix de progrès humain et travaillent à pouvoir régner sur un tas de ruines, de cadavres, et, surtout, de ressources naturelles. Mais l'alternative concrète au choix dans lequel ils veulent engager l'humanité existe déjà, elle construit, elle se bat, elle progresse dans la région, et c'est le peuple kurde qui la conduit. Il a su mettre un terme à la progression du système Daech sans ouvrir la voie aux diktats de l'OTAN. Il porte les exigences de paix, de sécurité, de liberté de tous les habitants de la région et, plus largement, de tous les habitants du monde qui veulent en finir avec ce « choc des civilisations » dans lequel on les a embarqués de gré ou de force. Le peuple kurde travaille à réaliser l'universalité du genre humain dans tous les aspects de la vie publique, et œuvre en particulier pour abolir les divisions de tous ordres séparant les femmes et les hommes : on connaît les ambitions, et les succès de sa politique égalitaire. Il a ainsi libéré les forces qui lui ont permis de donner à une lutte autonomiste particulière la dimension de la lutte universelle pour la paix entre les peuples. C'est un peuple entier d'hommes et de femmes qui fait face à Daech et aux bombardements turcs -entier parce que personne n'en est retranché. C'est parce qu'il est entier qu'il peut incarner les aspirations de tous les peuples du monde, et c'est parce qu'il est entier qu'il remporte des victoires politiques et militaires dans ce sens. C'est la démonstration, éminemment pratique et essentielle pour l'avenir, que le combat féministe est au centre du combat pour la paix.

Il faudrait parallèlement avoir une analyse plus fine de la place prépondérante des femmes dans les « révolutions arabes » ainsi que dans les « contre révolutions ». Partout, les forces réactionnaires commencent d’abord à mettre à mal les droits des femmes.

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