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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Contribution de Frédéric Rémond

Face à la communication des principaux partis politiques français ou européens (sociaux démocrates ou libéraux), propagande reprise à grande échelle par la quasi-totalité des médias publics ou privés, clamant que seul la modèle économique actuel est viable, fondé et garant de l’avenir, l’alternance, portée par le Front de Gauche et le PC, n’a pas l’écho nécessaire à sa divulgation massive au sein de la société, celle qui souffre et s’interroge.

La difficulté est grande de pouvoir essaimer au sein des classes populaires et de la bourgeoisie (pourquoi s’en priver), l’espoir qu’une alternative, autre modèle, est possible tant l’idée qu’on ne peut qu’accompagner (aménager ou réformer) le système actuel est désormais ancrée dans les esprits.

Parvenir à renverser l’inclinaison actuelle, qui passe pour une fatalité, alors qu’elle n’est paradoxalement qu’une autre idéologie, celle là mortifère, semble impossible dans un contexte médiatique totalement acquis au système libéral.

Opposer et proposer un autre paradigme idéologique, en le présentant comme tel, c'est-à-dire comme une réponse globale aux maux du système libéral, n’est pas en mesure de renverser les consciences aujourd’hui, bien qu’il soit naturellement le fondement de notre politique, et par conséquent de nos propositions.

L’aveuglement savamment entretenu, la résignation, le sentiment de fatalité peuvent s’interroger, se questionner concrètement, au moins de deux façons, dans et par l’expérience, ou dans la question du « comment » (changer les choses).

L’expérience du conflit social, la lutte collective nécessaire à la défense des intérêts des salariés menacés, permet la mise en question du système à travers, à la fois, la dénonciation, la résistance, et l’émergence de solutions réfléchies collectivement. Ces conditions produites par la lutte collective aiguillonnent la perspective (la pensée) d’un autre paradigme idéologique. L’expérience empirique de la lutte contre les maux du système (en place) favorise la prise de conscience qu’une autre voie est possible. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’apporter soutien à tous les mouvements sociaux, petits ou grands.

Faute de conflit vécu collectivement qui interroge directement l’individu sur sa résignation, l’interrogation du « passant », du piéton hélé, nous est, directement, adressée. L’acquiescement spontané au tract présenté par celui qui personnalise le contre pouvoir, est rapidement suivi du comment, « je suis d’accord avec vous mais comment faire », avec toujours en arrière pensée la conviction entretenue quotidiennement par le système médiato-politique, qu’une seule voie est possible.

D’emblée, la réponse consistant à expliciter globalement un autre paradigme idéologique permettant de parvenir à tel ou tel résultat, serait veine quasi systématiquement, tant la politisation des consciences semble en totale hibernation. L’issue dans l’argumentation est de supplanter celui qui est « contre » par celui qui propose une autre solution  à tel ou tel problème concret, « voila comment c’est possible, puis pourquoi c’est possible ». Ces tentatives, à travers les documents édités régulièrement pendant la dernière campagne ont été nombreuses et doivent continuer. Les orienter vers des objectifs catégoriels, jeunes, retraités, fonctionnaires, salariés,… permettrait de multiplier les cibles et d’améliorer leur efficacité. La loi cadre sur la jeunesse proposés par le PC est un exemple concret qui, à la fois, a nourri et été nourri par les collectifs « jeunesse », en permettant l’expression de centaines de jeunes mis à la question par la dégradation de leur situation. Au-delà des collectifs organisés, il serait intéressant d’étudier la réalisation de documents (tracts) plus synthétiques encore, plus percutant alliant problématique et solution, en assénant systématiquement, en arrière plan, qu’un autre modèle est possible.

Ces productions peuvent être également reprise sur un ensemble de supports médiatiques modernes, internet, Twiter, Facebook, application mobil, de telle sorte que chacun individuellement, quelle que soit sa préoccupation, puisse trouver une réponse explicite à son questionnement, en quelque sorte, tirer la pelote du programme (concevoir l’alternative d’un autre paradigme idéologique) par un bout (à travers la question concrète qu’il se pose). L’investissement massif dans les réseaux sociaux semble une façon viable de contrecarrer la propagande néo-libérale officielle.

Il n’est naturellement pas question d’occulter la discussion sur le modèle de société proposé par le PC, ni de passer sous silence ses fondements idéologiques. Des circonstances et des lieux peuvent le permettre et le susciter, mais malheureusement de plus en plus rarement. Pour repolitiser partiellement les consciences, il est nécessaire d’ouvrir une brèche infinitésimale soit-elle, à travers le quotidien des personnes. Ces deux perspectives se complètent, mais dans la perspective d’élections locales qui donnent une vraie lisibilité au PC et à ses idées à travers ses élus, le pragmatisme s’impose pour peu qu’il serve ce qui le fonde. »

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