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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Un regret, une crainte, et une interrogation fondamentale par Guy Galvier

Le texte de la base commune constitue à mes yeux une avancée par rapport à une partie des problèmes qui nous sont posés :

  1. Analyse plus stricte et plus équilibrée de la crise et des effets contradictoires qu’elle provoque dans l’opinion, ce qui disqualifie les « réponses » et les postures simplistes en tout genre.

  2. Un positionnement correct vis à vis de la politique gouvernementale : critique totalement justifiée, appuyée sur une volonté constructive qui permet d’être entendus largement à gauche (et non pas seulement dans le cercle étroit d’une petite gauche positionnée sur une opposition systématique) et la perspective d’un hypothétique recours (ce qui par parenthèse nous coupe de ceux qui nous veulent utiles au quotidien).

  3. Une avancée, à mon avis encore insuffisante, dans la clarification de nos rapports au Front de Gauche, de notre autonomie constructive, des perspectives d’avenir au-delà de ce que nous connaissons aujourd’hui.

 

Je reste toutefois sur un regret, une crainte, et une interrogation fondamentale.

 

Le regret : l’absence de référence directe à la plate-forme unitaire des syndicats en 2005, et au manifeste d’Athènes adopté par la Confédération Européenne des syndicats en pleines émeutes de la Grèce. Ces deux textes rassemblaient les acteurs sociaux majeurs du monde du travail sur des objectifs qui remettaient et remettent en cause les « réponses » capitalistes à la crise. Par deux fois, notre parti, n’a pas été à la hauteur pour s’appuyer sur ces décisions sans créer d’illusions mais en prenant et faisant prendre conscience de leur contenu, en aidant à les transformer en outil de rassemblement pérenne et de base de création politique.

Une leçon pour l’avenir.

 

La crainte : elle concerne la stratégie électorale et le grand rendez-vous de 2014 (européennes, municipales et intercommunalités, cantonales)

Ce rendez-vous est, beaucoup chez nous en ont conscience, à proprement parler vital : il y va de l’enracinement local du PCF qui passe par le tissu de ses élus. L’utilité du PCF se vérifie pour beaucoup de nos concitoyens à ce niveau : ils trouvent là le relais de leurs attentes quotidiennes, leurs défenseurs de terrain, leurs porte-parole de colère et d’espoir face à la crise et au capitalisme. Même pour ceux qui sont taraudés par le principe de fatalité dans la contradiction indignation/résignation.

Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en danger ce tissu pour céder à ceux qui ne rêvent qu’au positionnement simpliste opposition et recours.

Le recul de nos bases électorales serait cette fois calamiteux, peut-être même délétère.

 

L’interrogation enfin. Elle est fondamentale : nous entendons rester communistes, semble-t-il. C’est en tout cas une volonté unanimement partagée autour de moi. En toute logique, cela demande de pouvoir dire ce que nous entendons par Communiste aujourd’hui… et pour demain. Or le texte proposé est sur ce point d’une insuffisance affligeante.

J’entends bien qu’on ne va pas resservir un « prêt à penser » de parti d’avant garde. Mais au nom du souci de ne pas retomber dans ce piège, peut-on renoncer à alimenter la construction idéologique qui permet de penser le dépassement du capitalisme, de tracer les contours d’une société nouvelle et toujours en mouvement que nous nommons communisme ? Penser avec d’autres, bien sûr. Penser en agissant. Mais reconstruire à partir d’un socle de valeurs une alternative à l’idéologie capitaliste vécue comme jamais en « fin de l’histoire » par des peuples qui en perçoivent pourtant le caractère destructeur.

Je pense qu’on ne peut avancer qu’en menant de front la réflexion et le combat sur une idéologie, un projet et un programme. Si le premier point est négligé, la visibilité politique se grippe, la stratégie n’est plus qu’à court terme, fluctuante et improductive.

Nous avons encore les moyens –je le pense- de dépasser ce stade qui est notre actualité. D’abord parce que l’idée communiste reste vivace dans notre pays, peut être comme nulle part ailleurs. Ensuite parce que la force des questions posées par la crise du capitalisme ouvre un espace de réflexion et de débat qui ne peut que faire grandir l’interrogation sur ce que nous entendons par communisme aujourd’hui … et pour demain.

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