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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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De l'impérieuse nécessité de définir la notion de "coopérative" avant de se prononcer sur les textes proposés par Tibo Héquet, pour la section de Granville

contribution de la section de Granville (Manche) visant à demander à ce que soit éclaircie par ses auteurs la notion de "coopérative" de la base commune.

extrait de la base commune : "Au-delà des campagnes électorales, nous voulons continuer à cheminer avec un nombre toujours plus important de femmes et d'hommes, inventant les conditions d'un travail en commun. C'est pourquoi nous proposons qu'une "coopérative" initiée par le Front de gauche puisse être le lieu où les apports et les expériences d'actrices et d'acteurs du mouvement social, associatif, intellectuel et culturel pourraient se croiser, chercher ensemble à produire du sens, et alimenter la recherche d'une nouvelle perspective politique"

Si nous nous interrogeons sur cette notion de "coopérative", c'est que chacun peut y donner la signification qu'il veut : nous en avons fait l'expérience en réunion.

Sur la forme, la mise entre guillemets de cette "coopérative" nous interroge déjà sur sa signification profonde. Et même en lisant le paragraphe entier, nous en avons tiré au moins trois conclusions différentes.
Le problème, c'est que ces différentes interprétations impliquent des objectifs bien différents. Sur lequel de ces objectifs allons-nous nous prononcer le 14 décembre prochain ?

Contrairement à Alain Guillou (http://congres.pcf.fr/32278), nous ne pouvons aujourd'hui dire "oui" à la "coopérative" telle qu'elle nous est présentée. Celle-ci doit, selon ses "inventeurs" marquer un nouvel élan dans l'élargissement du Front de gauche, il s'agit donc de quelque chose de nouveau que l'expérience actuelle du Front de gauche ne permettrait pas. Reste à savoir de quelle nature est cette nouveauté, et à quel(s) objectif(s) elle répond.

La "coopérative" comme "think tank" (ou club de réflexion) du Front de gauche ?
"le lieu où les apports et les expériences d'actrices et d'acteurs du mouvement social, associatif, intellectuel et culturel pourraient se croiser, chercher ensemble à produire du sens"
Un club de réflexion ainsi défini pourrait permettre à des personnalités de se retrouver sous une nouvelle appellation qui leur permettrait de ne pas être "marqué" politiquement au Front de gauche. Dans cette éventualité, c'est la seule explication que nous y voyons. Mais qu'apporterait-elle de nouveau aux militants de terrain que nous sommes ?

La "coopérative" comme outil du travail militant ?
"Au-delà des campagnes électorales, nous voulons continuer à cheminer avec un nombre toujours plus important de femmes et d'hommes, inventant les conditions d'un travail en commun."
Le développement d'un outil coopératif, collaboratif et participatif -et qui serait en somme la continuation de l'excellent outil dynamique qu'était le conseil et le site internet de la campagne présidentielle-, permettrait de pouvoir alimenter le travail de terrain et permettre à celui-ci d'être connu et de nourrir d'autres initiatives, le tout dans une dynamique positive et motivante. Outil de terrain, de formation militante, supports pour remettre en place des actions pour une éducation populaire là où elle n'existait plus...
Mais dans ces cas-là, où réside la nouveauté ? En théorie, le Front de gauche permet déjà tout ça aujourd'hui, non ?
"[Inventer] les conditions d'un travail en commun" : le travail en commun, il a été inventé depuis un petit bout de temps, avec plus ou moins de bonheur suivant les endroits. Et justement, il serait intéressant de faire le bilan de toutes ces expériences diverses de travail dans le Front de gauche. Ce qui fait sa réussite (globale) réside peut-être dans l'absence de modèle (et l'adaptation d'un fonctionnement aux réalités locales). Les endroits où ça se passe moins bien, voire les échecs d'un travail en commun du Front de gauche doivent poser question et faire également l'objet d'une analyse, sans quoi la mise en place d'une "coopérative" ne changera rien, et ne permettra pas l'élargissement supplémentaire souhaité.

La "coopérative" comme structure commune ?
"une coopérative initiée par le Front de gauche".
La coopérative sans guillemet implique la mise en commun de moyens financiers et matériels. Elle nous a même clairement été présentée par un responsable de notre fédération comme une espèce d'"association des amis du Front de gauche" permettant une adhésion directe de militants refusant les partis et les structures. Drôle de concept que celui de créer une structure pour attirer celles et ceux qui sont réticents à toute structure -c'est un peu caricatural, mais c'est une question que nous nous posons.
Si c'est ça l'objectif, alors il faut le dire clairement. Et indiquer également en quoi l'expérience actuelle du Front de gauche n'est-elle pas satisfaisante qu'on ait besoin d'inventer autre chose.

En résumé, faut-il voir la "coopérative" comme un outil -et dans ce cas, précisons la forme de l'outil et les objectifs auxquels il devra répondre-, comme une nouvelle appellation (un nouveau "label" à mettre sur des initiatives tant locales que nationales) pour relancer la dynamique rassembleuse du Front de gauche, ou comme une structure transcendant les composantes (avec la peur que ça engendre d'une transformation du Front de gauche en un parti unifié) ?
Cette notion de "coopérative" n'est pas complexe en soi, c'est sa présentation qui la rend floue : il faut, pour clarifier, pour savoir de quoi on parle, que ses auteurs la définissent précisément.

Pour conclure, nous nous interrogeons sur notre propension, nous, communistes, à débattre de l'avenir du Front de gauche tant au niveau national que local sans que nous soyons capables de mettre en place en interne, au PCF, les conclusions des précédents congrès. Sur le terrain (en tout cas dans notre département), vu l'état général des forces militantes, il est difficile d'oeuvrer efficacement et pour le Parti et pour le Front de gauche ; alors la perspective (demain) d'une nouvelle "structure" (si la "coopérative" en est une), ne nous "enchante" guère.

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