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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Statistiques et luttes de classe par Guy Vouillon

Le problème majeur de la société française qui génère l’essentiel des autres tares est celui de la répartition des richesses. Nous en sommes largement conscients. Proposer un autre système, d’autres valeurs passe par la mise au centre de l’humain avec une reconstruction de notre société sur des bases différentes.

Passer d’un système à un autre, entrainer l’adhésion du plus grand nombre, nécessite réflexion, la mise au point d’outils, des règles, des programmes propres à réguler l’économie non pour les besoins du marché, mais pour les besoins humains. Pour ce faire c’est évident il faut passer par des textes, en particuliers juridiques, des règles, mais aussi des chiffrages pour établir des budgets et démontrer que ce que l’on veut faire est possible, convaincre qu’il n’y a pas de fatalité en la matière.

Certes nous avons des économistes tout à fait capables de concevoir une autre société, mais selon moi, la communication pèche lorsqu’il s’agit de s’adresser au plus grand nombre, qui n’a pas toujours les connaissances éclairées des mécanismes de l’état, en particulier les abstentionnistes pour qui « tous sont pareils parce que la place doit être bonne ».

Cela passe aussi par le maniement des statistiques qui ne sont que le reflet de société française. Il me semble que les journalistes ne reproduisent pas toujours fidèlement les travaux des économistes et manquent de précision dans leurs expressions.

Ainsi lorsque l’on parle du pouvoir d’achat le plus souvent on ne parle pas de l’instant « T » mais de son évolution dans le temps, évolution que l’on peut rapprocher à des décisions politiques prises en la matière, et tacher d’en tirer des enseignements.

Parler de l’évolution du pouvoir d’achat c’est comparer la période évaluée à une période dite de référence, par exemple sur une année, 5 ans, 10 ans ou périodes plus longues. Souvent ces citations font abstraction du facteur temps et l’on entend « le pouvoir d’achat a diminué de tant % ».

Il y a aussi souvent une forme d’expression, bien qu’étant tout à fait correcte ne convint pas comme on pourrait s’y attendre. Le maniement de grands nombre se heurte à la logique qui veut que plus les nombres sont élevés, moins ils sont significatifs, en particulier pour les plus humbles pour qui les plus grands nombres correspondent à leur maigres budget. Leur parler de millions, de milliards, quelques zéros de plus ou de moins… quelle importance ! … sachant qu’ « il y a toujours eu des pauvres et des riches » qu’ils ne cherchent pas une solution aux problèmes de la société mais un petit pécule leur permettant de boucler leurs fins de mois.

Et sil l’on employait des formules plus expressives ? Au lieu de dire « en 2010 les actionnaires ont encaissé 210 milliards d’euros de dividendes » ont disait « en 2010 les actionnaires ont encaissé l’équivalent correspondant aux salaires bruts qu’auraient touchés pendant un an 13 000 000 millions de personnes payées au SMIC ». Cette expression ne serait elle pas plus révélatrice des tares de la société française et n’ouvrait-elle pas la porte à d’autres solutions économiques perceptibles par le plus grand nombre ?

Un autre enseignement, les séries longues, soit statistiques sur plusieurs dizaines d’années, 30 ans par exemple sont beaucoup plus expressives et favorisent plus la réflexion que l’évolution annuelle dont les médias imputent les dégâts à la conjoncture.

Exemple : la publication en 2009 du rapport COTIS Directeur de l’INSEE à la demande de SARKOSY décrivant une montée de la part des salaires dans la valeur ajoutée de près de 10 points entre 1950 et 1980, et une chute d’autant dans les années 1980 / 1990 n’interroge t’elle pas sur les aspects structurel des politiques mises en œuvres, rejetant l’aspect conjoncturel.

En la matière la publication dans l’Humanité du 05 novembre 2012 de l’article de Nasser MANSOURI sur l’évolution des dividendes et de la masse salariale entre 1981 et 2010 constitue de  la bel ouvrage plus facile a interpréter que la lecture de pages et pages de textes disant la même chose.

Les séries longues exprimées par graphiques sous un volume réduit constituent selon moi un argument majeur dans la bataille des idées, pas assez utilisé.

J’en viens à mon souhait. Chercher un article dans l’humanité en réponse aux médias, si cela ne constitue pas tout à fait à un parcours du combattant, n’est pas toujours simple même avec les puissants moteurs de recherche. Ma solution ?

Je rêve qu’Economie Politique publie une fois par an des tables de séries longues reflets de l’évolution de la société française. Je n’en citerai que quelques unes :

Evolution des prix, de la masse salariale, du PIB, des dividendes, des « charges patronales », du coût de la main d’œuvre et du capital, de la population salariée, de l’espérance de vie, du chômage, de la population carcérale, des différentes composantes des budgets de l’état, et des comparaisons avec les pays de l’Europe en particulier nos voisins.

Economie Politique deviendrait la référence statistique des progressistes. Ce qui permettrait à nos militants, pas seulement du haut des tribunes, mais au porte à porte ou sur les marchés de donner des réponses précises et rapides aux interrogations des citoyens désemparés, un bond qualitatif de notre expression.

Archiver, classer, compiler des données économiques est aussi un travail militant.

 

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