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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Contribution à un changement de paradigme agricole et alimentaire par Pascal Lachaud

Après les services publics déshumanisés, les plates-formes d’appels externalisés, se dirige-ton vers une agriculture sans homme et donc une terre sans vie.  Le libéralisme est-il triomphant au point qu’aucune alternative au modèle productiviste hérité de la guerre ne serait possible ? Le droit d’inventaire est posé pour analyser les résultats de cette agriculture, en terme d’emplois, de métiers, de répartition des richesses crées, d’aménagement des territoires, de protection de l’environnement et des ressources naturelles. Quel est le bilan du capitalisme en agriculture ?

 Les regards se tourneront immanquablement vers les systèmes alternatifs en construction qui font école, en agriculture paysanne et biologique, dans des approches  de coopération multi-acteurs et interculturels.  Examiner aussi les droits d’usage, ceux de l’eau entre les peuples et l’accès partagé et consenti aux richesses naturelles. Le climat brûle, l’agriculture et l’agroalimentaire productiviste y ont leur grande part de responsabilité, l’état des lieux est accablant, changer de paradigme impose de changer d’agriculture et de besoins alimentaires. Est posé néanmoins la question fondamentale du foncier et son acquisition  car pour ensemencer des terres et  bâtir il faut pouvoir y accéder. L’accès au foncier en termes de « propriété » issue des biens féodaux et cléricaux comme biens de servitude et d’exploitation de la bourgeoisie au 18me siècle, demeure inaccessible… Quel œil averti pourrait dépasser le cadre des analyses actuelles qui, sont par trop sectorielles et manquent singulièrement de globalité sociétale et d’audace en terme de coopération transversale. En agriculture plus qu’ailleurs il faut  tuer «  le père » pour construite.

L’accès à une alimentation saine est un des éléments majeur, insatisfait actuellement,  quand 50 % de la population gagne moins que le SMIC  et que 10 millions de personnes sont déclarés vivre sous le seuil de la pauvreté.     450 milles travailleurs dans l’agroalimentaire et la production agricole et 500 milles agriculteurs produisent aujourd’hui notre alimentation. Ne dira-t-on jamais trop, comme la presse critique ou les » ATTAC ment » que tel ou tel immensité agricole en monoculture en Picardie, dans le Gers ou les Bouches du Rhône ne fait plus travailler que quelques journaliers pour produire des rendements. Il ne s’agit plus d’alimentation mais de rendements. En 2012 les Picards et les Soissons dépassent les 130 quintaux de blés à l’hectare 20 fois plus que les rendements des Romains. Piètre résultat quand on considère le nombre d’unités d’azote chimique apportée à l’hectare, ainsi que les conséquences désastreuses et irréparables sur les ressources naturelles. Peut-on  se consoler que les cours du blé montent du fait de mauvaises récoltes en Russie et aux Etas unis…  Les récoltes de fruits dans les Bouches du Rhône permirent cette année moins d’excédent du fait  de gelées tardives, évitant ainsi la destruction de 50% de la récolte comme en 2011. … Les journaliers Roumains seront de fait moins nombreux cette année. La grande distribution pourra peut-être moins exiger en termes de marge arrière ? Plus aucune régulation et suppression de tous les offices hérités du programme du CNR.

 Eté 2012, les FRALIB ex salariés d’UNILEVER manifestent à Marseille pour reprendre en SCOP leur entreprise, le groupe DOUX est liquidé sans que le PDG ne soit inquiété, laissant 1500 salariés sans emploi et des milliers de paysans sans débouché. Le groupe Candia dégraisse quant à lui ses effectifs pour faire face à la concurrence allemande, PiLPA ferme son usine de glaces à  Perpignan….. Une ferme disparait toutes les 5 minutes en Europe. 18 millions de pauvres essayent de conserver les surplus alimentaire de l’Europe que la commission voudrait supprimer pour faire des économies !! Le décor est planté, dérégulation extrême, pollutions massives, absence totale de planification, donc de régulation, absence totale de gestion démocratique.

Acte 1 : Considérer que les questions alimentaires et agricoles doivent faire société et à ce juste titre intéressent tous les citoyens afin que la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 puisse pleinement être respectée. Il s’agit donc de démocratiser et de réformer  toutes les institutions pour que chaque état et chaque peuple conquiert la souveraineté alimentaire. En France cela passera par la mise en place d’un commissariat à la souveraineté alimentaire, décentralisé dans des conseils de l’alimentation et de la production alimentaire où siégeront  les  OP agricoles, les syndicats de salariés, les associations environnementales et les collectivités locales, l’Etat,  par égale répartition et sans hégémonie de la profession agricole. Obligation de définir un plan stratégique de développement agricole et alimentaire répondant aux besoins alimentaires des populations, qui protège les ressources naturelles, élimine les intrants chimiques et les PGM. Les chambres d’agriculture n’auront plus qu’un rôle de « maître d’ouvrage ». En préalable il sera acté dans la constitution Française et le code rural refondé que « l’alimentation n’est pas une marchandise », par conséquent qu’elle ne peut être soumise à la spéculation, ni aux lobbies chimiques et financiers.

Acte 2 : Considérer que l’accès au foncier est actuellement impossible pour les porteurs de projets individuels et collectifs. Réformer l’accès au foncier en limitant le droit de propriété à un nombre d’hectares par producteur, en limitant le droit d’accès aux primes PAC. Réquisitionner les terres agricoles à partir d’un seuil définis pour installer des porteurs de projet individuels et collectifs sous formes de baux, réformer les SAFER qui devront jouer ce rôle. Réformer les PLU pour stopper le mitage, exclure les aménagements du territoire qui exproprient des terres agricoles. Introduire un droit de péremption obligatoire pour les collectivités territoriales.

Acte 3 : Considérant que les rapports de domination exercés par les multinationales de l’agroalimentaire, de la chimie,  entraînent l’agriculture et l’alimentation vers une spirale spéculative. Interdire tous mouvements spéculatifs en direction des biens alimentaires. Créer des offices de régulation et de fixation des prix qui devront reconstruire les stocks nécessaires pour faire face aux besoins des populations. Obligation sera faite pour les entreprises de production agricoles, de transformation et de distribution de répondre aux critères d’efficacité sociale, en respectant les conventions et accords collectifs du travail. Calculer des quotients et marges bénéficiaires qui répondent aux seuls critères de juste rémunération des acteurs, d’investissement dans l’outil de travail, de réponse aux besoins de trésorerie et de fond de roulement. Garantir une couverture sociale unifiée pour tous les travailleurs de la terre en rattachant la MSA  aux caisses de Sécurités sociales universelles.

Acte 4 : Organiser les productions agricoles et alimentaires en priorisant ces dernières, en introduisant une agronomie respectueuses, des sols, des ressources naturelles. Lancer un plan marshal de la fertilité et des rotations des sols avec l’enseignement agricole et la recherche pour ne plus utiliser d’intrant chimique. Réorienter la recherche pour engager des productions vertueuses à partir d’espèces adaptées aux terroirs, semences paysannes, races locales, savoirs faire. Investir dans la recherche publique et dans l’enseignement pour innover dans une démarche qui libère les systèmes de toute domination, qui est économe en intrant, qui les fait accéder à leur autonomie. Préparer les futurs travailleurs de la terre à une agronomie écologiquement et socialement responsable. Intégrer dans l’enseignement des modules sur la coopération avec les autres acteurs de la société.

Acte 5 : Coopérer avec les autres peuples d’Europe et du monde en procédant à des échanges équitables et avantageux en matière de denrées alimentaires, (blé contre riz…) Transmettre et accueillir des savoirs faire nécessaires à la coopération. Interdire les importations de protéines transgéniques et les animaux, produits importés dont la fabrication et la production dépendent des PGM. Lancer un plan protéines végétale pour asseoir définitivement notre indépendance alimentaire. Interdire les exportations de matière première en direction des paysans du sud, ce qui ruine leur agriculture. Interdire l’utilisation de matière première de première génération dans les énergies.

Pascal Lachaud
 Coordinateur du groupement de l’agriculture biologique des hautes Pyrénées.

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