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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Sur le réchauffement climatique par Patrick Fourgeaud

Plus écolo que moi, tu meurs. Mais là, non. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce que le projet de Base commune dit du réchauffement climatique d’origine humaine. Il y a plusieurs raisons à cela. En voici deux.

D’abord, les températures moyennes du globe n’ont pas augmenté depuis 1998. Elles sont au contraire en légère diminution depuis cette date. Autrement dit, il n’y a pas eu de réchauffement climatique dans toute la dernière période.

Ensuite, absolument rien n’indique qu’on puisse établir un lien entre l’augmentation du CO2 (dioxyde de carbone) et les événements climatiques extrêmes tels que tempêtes, inondations, sécheresse.

La Base commune le prétend, mais elle va sur ce point au-delà même de la thèse avancée par le GIEC, le Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat.

En effet, dans son dernier rapport, en 2007, le GIEC reconnaît qu’il n’est pas possible de relier l’augmentation du CO2 aux tempêtes, ouragans et autres cyclones. Il croit cependant possible de faire une exception pour « l’Atlantique Nord », où il prétend voir là, dans la deuxième moitié du 20e siècle, une plus grande fréquence des tempêtes.

Cette interprétation est due en fait à une manipulation statistique, comme l’a montré une étude universitaire indépendante. Si l’on distingue, dans le dénombrement des tempêtes, celles qui durent moins de deux jours de celles qui durent plus de deux jours, on constate ceci : les tempêtes de moins de deux jours semblent moins nombreuses dans les décennies qui suivent 1870 (date de départ de la statistique) que dans les décennies ultérieures, et notamment après 1950. La raison en est évidente : à la fin du 19e siècle, au début du 20e, la circulation maritime est réduite, la circulation aérienne n’existe pas. Par suite, maints événements de courte durée n’ont pas été connus et enregistrés.

Par contre les événements plus longs sont repérés à toutes les époques, et on ne constate alors strictement aucune différence dans leurs dénombrements, ou dans leur force, qu’il s’agisse de la fin du 19e, du début ou de la fin du 20e siècle.

En réunissant dans le même graphique événements de moins de deux jours et de plus de deux jours, le GIEC a fait évidemment apparaître une augmentation du nombre total de tempêtes, parfait exemple de mensonge statistique.

On peut penser que l’affaire de l’Atlantique Nord a été montée pour opérer une diversion devant l’absence actuelle de réchauffement climatique. Vu la situation, on n’est sans doute pas près, hélas, de voir la fin d’une telle opération

Ceci dit, il y a tout lieu de croire que les accidents climatiques d’aujourd’hui (ouragans, inondations, sécheresses –ces dernières souvent dues à la déforestation) sont semblables à ceux d’hier (voir sur Internet : « Les tempêtes en France », étude de P. Bessemoulin). Il s’ensuit que l’affirmation du projet de Base commune selon laquelle il y aurait des « millions » de « réfugiés climatiques » me semble tout simplement irréelle.

Transformer les causes naturelles en causes surnaturelles, accuser le réchauffement climatique des dégâts de l’ouragan Sandy à New-York, de la force des incendies dans la Russie de 2011, ou du coût humain des inondations à La Nouvelle-Orléans ou au Bengla-Desh, c’est atténuer bien vite les responsabilités des autorités qui ont souvent démoli leurs services publics et fait servir l’impôt à tout autre chose qu’à la protection des populations.

Ce n’est pas le lieu ici de reprendre toutes les affirmations du projet de Base commune. Elles me paraissent inexactes ou pour le moins manquer de nuances. Non, tous les glaciers ne fondent pas, ils s’épaississent au contraire dans une bonne partie de l’Antarctique (et ailleurs). Non, la fonte de la banquise (glace flottant sur la mer) ne fait pas monter le niveau des océans : allez, Camarades, mettez donc un glaçon dans votre pastis, et attendez qu’il fonde pour voir ce qui se passe !

Depuis des années, « L’Humanité » diffuse exclusivement la position aujourd’hui défendue par le projet de Base commune, c’est-à-dire la position du GIEC. Aucun article ou lettre de lecteur ne peut exprimer un autre point de vue, ou simplement un avis critique. Dès lors, à partir de quoi les communistes vont-ils se prononcer sur la thèse du réchauffement climatique telle qu’elle leur est présentée dans le projet de Base commune ?

La confiance aveugle placée dans les conclusions du GIEC s’explique pourtant mal quand on sait qu’il fonctionne sur le modèle des universités américaines où ce ne sont pas les scientifiques qui dirigent, mais des administrateurs « bien choisis ». En outre, le travail du GIEC peut difficilement passer pour un modèle de travail scientifique car ses principales conclusions ont été définies avant même de commencer : il s’agit d’étudier les « risques liés à l’existence d’un réchauffement climatique d’origine humaine » (texte officiel).

Les lecteurs de L’Huma sont vaguement au courant qu’il existe quand même une climatologie en dehors du GIEC puisqu’il est parfois fait allusion aux « climato-sceptiques ». Mais ceux-ci sont présentés comme une émanation des lobbies financiers ou des compagnies pétrolières (ce qui est hilarant quand on songe que le GIEC a été créé à l’ONU par le premier dirigeant du pétrole canadien, Maurice Strong), ou appartenant à la partie ultra-réactionnaire de la politique anglo-saxonne (en ignorant sans doute que ce sont Reagan et Thatcher qui, lors du G7 de 1988, ont lancé le GIEC). Tous les coups bas sont permis : il arrive qu’on les mette dans le même sac que les « créationnistes » et les « homophobes » (exemple : Huma-cactus du 8/11/2012, p. III), d’autres les traiteront de « négationnistes ».

Je ne trouve pas que ces comportements soient au niveau de notre réflexion éthique et politique consécutive au stalinisme.

Pourtant, une évidence crève les yeux : c’est que l’évolution des températures depuis 1998 (depuis 13 ans maintenant) contredit toutes les prévisions du GIEC (et rend bien fragiles ses prédictions à 50 et 100 ans !). Peut-on accepter religieusement ses conclusions quand, de façon argumentée et à partir de faits, tant de sommités de la climatologie marquent leur différence ou leur opposition ? (Voir le site internet : « Pensée Unique ».)

Est-ce minorer la gravité des dangers que le capitalisme fait courir à l’humanité et à sa planète que de vouloir garder les yeux ouverts ?

Le PCF est-il dans son rôle en tranchant une question scientifique en débat ? Car elle est en débat, même si on le nie, ou alors le récent travail de plusieurs années, sur la formation des nuages, mené au CERN de Genève par une équipe internationale de plus de 70 chercheurs n’est que de la roupie de sansonnet.

Chacun sait que les énergies fossiles ne sont pas inépuisables et que, par conséquent, le problème de leur remplacement est déjà posé.

Mais cela doit-il nous interdire de voir que la climatologie officielle est travaillée par les problèmes de classe à l’échelle planétaire ?

Ce qui est en jeu, c’est toute une série de conséquences politiques précises. C’est la taxe carbone, c’est la prime « écologique » versée à ArcilorMittal pour le récompenser de mettre les travailleurs de Florange à la rue. C’est la campagne mondiale d’austérité qui veut culpabiliser chaque personne au nom du sauvetage de la planète, et dont l’unique mot d’ordre est : « Serrez-vous la ceinture ! » C’est enfin la justification théorique que se donnent à l’avance les grandes puissances pour avoir  le « droit » d’intervenir dans la conduite de chaque nation.

 

Patrick Fourgeaud

Section des Rives de la Dordogne

(Gironde)

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