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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Chaque semaine, un point sur les initiatives et les débats en lien avec le congrès.

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Manifeste pour une Démocratie Communiste par Aline Bréziat

Introduction

Par l’absence de renouvellement du communisme, l’idéologie capitaliste a envahi les consciences et a pu imposer ses dictas. En France le Parti Communiste a oublié de parler du communisme et donc, ne l’a pas régénéré. En recherchant constamment des alliances politiques de sommet, il a laissé le peuple à l’écart de l’action politique. Le peuple ne pouvait rester que spectateur d’un monde politique qui lui échappait. Cette démarche électoraliste, avec l’élaboration de programmes en projets communs impossible à réaliser, n’a pas permis au peuple dans sa diversité de prendre sa part dans la construction du communisme, du socialisme. Le Parti Communiste n’a pas vu que la démocratie libérale l’enfermait lui-même dans les griffes du capitalisme. Il n’a pas vu qu’il avait besoin de sa propre démocratie. La dégradation de la vie et la régression sociale sont les cinglants constats de ce vide, de ce manque politique. Unir par le sommet les élites politiques est impossible à réaliser et ne sert à rien. Le rassemblement, l’union ne peuvent se concrétiser que si le peuple sait et peut voir vers quelle idéologie vers quel système économique il va pour que lui, le peuple fasse bouger les lignes politiques. Le peuple ne peut prendre sa part à la construction du changement de société que si les politiques ont un sens idéologique clairement énoncé. Libéraux et sociaux libéraux restent accrochés à l’économie de marché, les communistes eux veulent une économie où la redistribution des richesses crées, par le peuple des prolétaires soit équitablement répartie.

Capitalisme et communisme n’ont pas de frontière. Ils sont les deux référents universels de l’Histoire. Le capitalisme c’est la division du travail, c’est le "diviser pour mieux régner", c’est l’aliénation, c’est l’interdiction faite aux salariés, aux prolétaires de décider librement et démocratiquement et d’organiser la redistribution équitable des richesses créées. Le capitalisme c’est l’accumulation des richesses au profit d’une minorité, c’est la spéculation, c’est l’évasion des capitaux dans les paradis fiscaux, c’est le lessivage de l’argent, c’est le recyclage de l’argent sale, c’est la porte ouverte à la corruption. Entre capitalisme et mafia le lien est étroit. Le capitalisme c’est le transfert de capitaux là où ils peuvent le mieux exploiter les peuples et les territoires. Le capitalisme c’est la décroissance sociale, c’est la dégradation des rapports sociaux, en contradiction flagrante à l’aspiration des peuples à améliorer leurs relations, c’est la multiplication et la montée en force de toutes les violences. C’est au nom des intérêts de l’économie des capitalistes que la guerre est faite aux peuples.

Le communisme c’est le sens du bien commun, c’est une politique communiste pour une socialisation de la société, c’est la démocratisation de l’activité productive et de l’activité sociale, c’est la désaliénation du travail, c’est le travail non divisé, c’est le salarié, le prolétaire qui décident et qui exécutent leur travail en leur âme et conscience, c’est le travail reconnu comme valeur d’échange. C’est la maîtrise de l’argent par la démocratisation de la finance, c’est la transparence économique, c’est la transformation de l’étalon "Confiance" en étalon "Travail non divisé", c’est la transformation du capital en épargne, c’est les prix annexés sur la valeur travail, c’est la redistribution équitable des richesses, c’est le lissage de l’économie du bas vers le haut. C’est la reconnaissance de l’activité associative comme valeur d’échange. C’est la resocialisation des plus démunis par l’activité associative, et la réinsertion sociale, c’est la propriété reconnue comme propriété d’emprunt, c’est la liberté du locataire à pouvoir tout changer dans son espace de vie. C’est la santé et l’éducation pour tous. C’est une justice réparatrice, qui protège et dédommage les victimes, qui soigne, rééduque et resocialise les coupables, les déviants. C’est le ruissellement des idées communistes du bas vers le haut, toutes les idées étant bonnes à prendre dès lors qu’elles vont dans le sens du bien commun, du communisme. Le communisme c’est le mieux vivre et le mieux être de chacun, c’est le mieux vivre ensemble. L’outil indispensable pour le mettre en mouvement c’est sa démocratie. L’analyser dans toutes ses dimensions pour la faire évoluer qualitativement et quantitativement est donc prioritaire, pour que chacun s’approprie réellement la politique.

L’évolution de la démocratie suit les idéologies dominantes. Le capitalisme pourrait en faisant régresser la démocratie libérale, la rendre despotique non seulement par des conservateurs ou des despotes mais aussi par des libéraux et des sociaux-libéraux aveugler par lui et ses lois du marché. Le communisme sans sa démocratie au service du plus grand nombre ne pourra jamais empêcher la réactivation sans cesse du capitalisme. S’il laissait le peuple à l’écart du monde politique et s’il prenait le pouvoir dans ces conditions, il imposerait par le haut l’Etatisation et la planification. On sait comment cela peut se terminer. Seule une démocratie bien pensée peut éviter les pires catastrophes.

 

Démocratie

La démocratie libérale

La démocratie dans laquelle nous vivons est libérale, elle n’intervient ni dans le monde du travail, ni dans le monde de la finance. Elle est la caution morale du capitalisme. Elle enferme les peuples dans une démocratie de spectacle ou le professionnalisme et la personnalisation légitiment le capitalisme.

La démocratie libérale ou la démocratie sociale libérale, ne peuvent rien régler sur le fond. Les peuples restent les esclaves du capitalisme, car il s’agit bien d’un esclavage moderne, qui continue à exploiter et à épuiser la force physique et psychique de chacun. Le social libéralisme veut faire du social dans un contexte capitaliste. C’est impossible, le capitalisme trouve toujours la force de ce régénérer sans cesse, en tout lieu et en tout temps, combat et fait régresser toutes les dimensions sociales. Tant que le mouvement réel ne construira pas du communisme, du socialisme par le bas, tant que le moteur de sa démocratie ne se mettra pas en marche, le capitalisme aura devant lui un boulevard. Le social libéralisme est une antinomie idéologique oublieuse des mécanismes, des logiques et de l’idéologie du capitalisme. Dans un contexte capitaliste une redistribution plus juste, ne l’empêchera pas de se réactiver. Ce désir de redistribution des sociaux libéraux, n’est qu’un vœu pieux, un souhait, un rêve, une illusion. La réalité est ailleurs. La recherche d’une croissance dans un contexte capitaliste pour une meilleure croissance sociale est illusoire.

Le capitalisme n’a pas de frontière, n’a pas d’état d’âme. Même taxés les capitaux seront réactivés partout et sous de nouvelles formes. Quelle soit libérale ou social libérale la démocratie laisse l’économie de marché libre de tout. Le social libéralisme en cherchant à réformer le capitalisme, n’épuisera pas sa puissance de feu.

La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, elle est donc le gouvernement de chacun, le gouvernement de soi, par chacun et pour chacun. Seule l’appropriation par chacun de la politique dans toutes les strates de la vie sociale, la vie économique et la vie productive permettra le dépassement du capitalisme et finira par l’assécher. C’est l’évolution de la démocratie en devenant de plus en plus communiste qui asséchera le capitalisme. Actuellement la démocratie citoyenne et la démocratie associative sont les piliers de la démocratie libérale. En les transformant et en y rajoutant l’intrusion de la démocratie dans le monde du travail et dans le monde de la finance, la démocratie deviendrait alors communiste.

 

La démocratie citoyenne pilier de la démocratie libérale.

Aujourd’hui la démocratie citoyenne accompagnée de sa verrue, la démocratie participative, donne l’illusion au citoyen d’être maître du jeu. Il n’est que le spectateur d’un monde politique et économique qui lui échappe. Les abstentionnistes ont bien compris qu’ils n’ont rien à gagner à ce jeu-là. La professionnalisation et la personnalisation sont les piliers de la démocratie citoyenne libérale. Le bulletin de vote, fait illusion, il donne à choisir entre le libéralisme et le social-libéralisme entre des personnalités aux idéologies certes différentes mais qui à la marge ne remettent pas en cause le capitalisme et son économie de marché. Cette citoyenneté rabougrie, favorise la bipolarisation dont le capitalisme se délecte à coup de grandes messes médiatiques. La compétition entre libéralisme et social-libéralisme laisse le capitalisme œuvrer à son aise, il s’adapte aux circonstances. Tant que les peuples n’ont aucune possibilité de s’armer politiquement pour déraciner le capitalisme à sa base, là où se créent les richesses, là où s’accumulent les capitaux, le communisme ne peut pas se développer. Le libéralisme dominant à droite, et le social libéralisme dominant à gauche clivent la société française. La social-démocratie agissante se heurte à la radicalité gauchisante qui hurle, qui conteste, qui s’indigne, mais qui n’empêche pas pour autant, le capitalisme de poursuivre sa course folle. Entre social libéralisme et radicalité gauchisante le communisme est une dimension politique économique et sociale qui les dépasse. Comprendre les mécanismes du capitalisme du local au mondial, du bas en haut, c’est déjà le dépasser. L’épanouissement politique de chacun n’a pas trouvé, pour l’instant ses marques, mais son potentiel est immense. Il nous faut sortir du constat, de l’indignation, de la contestation, du revendicatif et construire du communisme, du socialisme, en partant d’en bas. Revendiquer c’est reconnaître sa soumission. Construire c’est dépasser l’état des choses. Se construire politiquement tout au long de sa vie, et le permettre à chaque citoyen, à chaque prolétaire, voilà notre mission de communiste. Nous devons tout construire en commençant par satisfaire les besoins des plus démunis. Les communistes sont libres, ils agissent en leur âme et conscience. Les communises débattent pour mieux comprendre, pour mieux se comprendre. Il ne s’agit pas de tomber dans un communisme utopique ou lyrique, hors sol, mais d’avoir un texte qui permet de bâtir un monde meilleur, à partir de l’existant. Sortir des griffes du capitalisme pour tisser la toile d’araignée du communisme voilà la mission des communistes.

 

La démocratie communiste

La démocratie communiste va puiser sa force, au-delà de la citoyenneté et de la vie associative. Elle l’étoffe, elle la pérennise, en la faisant pénétrer dans le monde du travail et dans le monde de la finance. La démocratie communiste c’est un citoyen, une voix, un adhérent une voix, un salarié une voix, un actionnaire, un épargnant une voix. L’épargnant, l’actionnaire, sont une caution morale, pas le nombre de leurs actions, pas l’épaisseur de leur portefeuille. Ceci est le "Prix" à payer par les capitalistes pour supprimer les inégalités. Elle s’appuie fondamentalement sur la désignation par reconnaissance et sur la commission de transparence. Elle rend possible pour chacun de devenir un acteur politique, un dirigeant ou un élu au service de tous.

 

La démocratie associative

Aujourd’hui la démocratie associative est une démocratie qu’on peut qualifier de démocratie communiste la plus avancée. L’association désigne ses dirigeants pour mener à bien le projet que les adhérents ont décidé en commun. La guerre des clans, des Partis n’existe pas, les querelles internes sont minimisées, par le fait même que la priorité est de mener à bien un projet collectif. Ce qui pour l’heure est inconcevable dans la démocratie citoyenne faite de combats entre professionnels, entre Partis, entre politiques partisanes, laissant le peuple spectateur de ces joutes moyenâgeuses. La démocratie associative peut évoluer pour plus d’efficacité et plus de mise en confiance de chacun, en statuant une commission de transparence.

 

La commission de transparence

Indépendante des instances de direction, agissant en amont des prises de décision, la commission de transparence à la mission d’asseoir la confiance. Elle aide à la prise de décision. Elle empêche la corruption. Les commissions de contrôle agissent après les décisions et constatent des dégâts. Elles alimentent la défiance, les suspicions elles n’empêchent ni les malveillances ni les malversations. La commission de transparence éviterait aux d’associations à but non lucratif de sombrer dans les mailles de l’économie de marché. Les mutuelles ou les banques mutualistes se transformant en assurances ou en banque tout court, en sont un exemple. Le capitalisme est une pieuvre.

La commission de transparence pour éviter toute suspicion de connivences pourrait par exemple être composée de trois membres avec le renouvellement d’un membre tous les deux ans. Elle n’a aucun pouvoir, elle a la mission de surveillance et d’alerte. Elle informe les adhérents, les salariés, les actionnaires ou les épargnants. Elle est un moyen efficace d’en finir avec les lessiveuses de l’évasion fiscale des entreprises.

 

La désignation par reconnaissance

Les prémices de la démocratie communiste se trouvent au sein même du Parti communiste. C’est la désignation par reconnaissance. Les communistes, les mieux en adéquation avec les idées collectives sont désignés de façon formelle, pour assumer des missions qu’on leur confie. Ils ne se présentent pas, ils ne sont pas dans la guerre des chefs, des clans, ils ne sont pas dans le professionnalisme politique, ni dans la personnalisation, ils sont dans la captation de la connaissance du monde réel qui les entourent et qu’ils veulent faire évoluer. La finalité d’un communiste ce n’est pas de prendre le pouvoir mais de pouvoir faire. Cette démocratie de désignation par reconnaissance peut évoluer au sein même du Parti communiste et devenir un axe de réflexion et de mise en application pour l’ensemble de la société si le peuple sait et peut la voir.

 

Evolution de la désignation par reconnaissance

La désignation par reconnaissance à bulletin secret est un préalable au vote de tout type de mandat électif. Elle permet de promouvoir les meilleurs, les plus efficaces, les plus expérimentés, pour accomplir les missions qui leur sont proposées. Loin des velléités politiciennes individuelles ou collectives, la désignation par reconnaissance assèche le professionnalisme et valorise les idées innovantes venant de partout et de tout individu. L’avantage c’est que personne ne sait à l’avance celui ou celle et ceux qui vont être désignés. Si celui qui est en tête ne souhaite pas assumer la mission politique en jeu, elle est proposée au suivant de la liste de désignation. Un vote peut avoir lieu pour les départager. De multiples facettes et déclinaisons peuvent entrer en action en fonction des situations pour favoriser le mieux disant politique en tout. Ceux qui désignent se trouvent dans un espace de connaissance collective ou chacun analyse et réfléchit individuellement et collectivement sur un sujet à traiter. Chacun est libre de participer ou pas à la désignation des futurs candidats à un mandat électif. Est-il en mesure de pouvoir désigner ? Seule sa conscience le dicte. De fait chacun prend conscience de l’utilité de la connaissance politique dont il a besoin pour agir le mieux possible et dans toutes les instances de la société. Le débat d’idées, la recherche de leurs mises en cohérence, l’action individuelle et collective en amont de toute désignation sont donc indissociable, ils sont indispensables à l’activation de la démocratie communiste. On ne connaît pas forcément personnellement celui que l’on désigne mais on connait ou on cherche à connaître son potentiel d’activité, tout en prenant en compte son potentiel d’évolution. Pas d’élitisme, chacun est en capacité d’évoluer et peut être désigné pour exercer un mandat quel qu’il soit. Statuer la désignation par reconnaissance partout où c’est possible c’est ancrer la démocratie communiste dans un processus permettant le dépassement du capitalisme.

Le bulletin secret pour la désignation permet l’intime conviction. L’expérience acquise, au fil du temps peut reconduire indéfiniment la même personne dans un même mandat. La désignation d’une autre personne à sa place, ne lui porte pas atteinte, c’est simplement l’évolution des idées qui fait son chemin. Chacun peut à nouveau être réaffecté dans une même mission à intervalles irréguliers. Elu et non élu, chacun peut être désigné ou redésigné à tout mandat, mais le non cumul des mandats l’obligera à choisir entre les différentes missions qui lui sont proposées. La mission laissée vacante est proposée au suivant de la liste de désignation. Entre élus et dirigeants politiques la césure doit être claire pour éviter la confusion d’intérêts partisans. Passer à un mandat d’élu c’est s’engager à sortir d’un mandat de dirigeant politique ou le contraire.

Après la désignation par reconnaissance, le désigné se prononce sur l’acceptation ou non du mandat qu’on lui propose. Un vote est alors organisé pour valider cette désignation, pour en mesurer son poids ou départager plusieurs désignés. Le poids de chaque vote détermine le potentiel de soutien, et le poids des idées qu’il porte. Le bulletin de vote est un engagement moral auprès du candidat et sur les idées qu’il porte, mais c’est aussi la mesure entre deux élections du renforcement des idées ou de la nécessité d’en changer. L’abstention et le bulletin blanc, en les signifiant de manière explicite doivent permettre à chacun de s’impliquer dans l’espace électoral. Un bulletin blanc signifie aujourd’hui, qu’on n’est pas d’accord avec l’ensemble des politiques proposées, qu’on aspire à une autre politique. L’abstention signifiant qu’aucun intérêt n’est porté à la politique. Dans la démocratie actuelle cette lisibilité est confuse. Dans un contexte de désignation par reconnaissance on pourrait établir un bulletin blanc pour le projet et un bulletin blanc pour la personnalité qui le porte. L’abstention si elle augment c’est que la politique et ceux qui la portent ne sont pas bons, si elle régresse cela signifie qu’on est sur la bonne voie. La participation à la vie politique augmente. L’analyse des résultats électoraux dans un contexte communiste permettrait de mieux réajuster la politique.

Ce processus de désignation par reconnaissance, déployé dans chaque espace social, est un tremplin pour former une opinion publique éclairée rendant le suffrage universel bien plus efficace. Il améliore la vie associative, il est une base sérieuse pour l’intrusion de la démocratie dans le monde du travail et dans le monde de la finance. Que ce soit dans un espace totalement ouvert comme la citoyenneté ou dans un espace fermé, dans une association, un Parti politique, une entreprise, une banque ou une institution financière, cela permet à chaque citoyen à chaque adhérent, chaque salarié, chaque épargnant, chaque actionnaire de devenir acteur politique à part entière dans toutes les strates de la société. Il rend ses lettres de noblesse à la politique.

 

Passer de la démocratie libérale à la démocratie communiste

Chaque organisation politique est libre d’utiliser la désignation par reconnaissance. C’est le peuple qui décide, qui tranche, qui fait évoluer les idées. La désignation par reconnaissance des candidats communistes balaie d’un revers de main, les notions de reconduction systématique, de parachutage, de professionnalisation, de personnalisation, ce sont les idées qui priment. Chacun se construit politiquement au fil du temps, la connaissance et l’expérience dans les luttes politiques économiques et sociales rendent ainsi possible le dépassement du capitalisme.

 

Force et manque d’innovation du Parti communiste

Depuis l’Union de la Gauche, depuis 1981 le Parti Communiste n’a pas cédé à l’hégémonie et à la suprématie du Parti socialiste, c’est sa force. Mais il en a subi son influence. Le manque d’innovation politique, c’est de ne pas avoir vu qui lui faut impulser sa démocratie pour tout développer, pour tout actionner. Sa force c’est que les idées communistes sont profondément enracinées dans la conscience du peuple. Le manque d’innovation fait que ce peuple-là ne peut pas intervenir démocratiquement dans la construction de la socialisation de la société. Sa force c’est son potentiel à faire évoluer le communisme mais cela implique le dépassement de soi, car l’humain est le facteur déterminant de la politique communiste. Passer de la désaliénation du capitalisme à l’épanouissement de soi dans un communisme ouvert, qui ne juge pas, implique des changements profonds dans l’organisation même du Parti Communiste. Supprimer la commission des conflits est indispensable, elle permettrait de valoriser la mise en cohérence des idées en les tirant toujours vers le haut. A chacun d’analyser ses propres erreurs, qu’il ne peut voir, qu’il ne peut repérer, que s’il agit politiquement. Nul besoin de commissions de conflits, qui n’invitent qu’à la méfiance, à la suspicion et n’élève la conscience de personne.

 

Démocratie dans le monde du travail et dans le monde de la finance

La conquête de la démocratie dans l’entreprise comme dans les institutions financières est l’affaire des salariés, des usagers bancaires, des actionnaires et des épargnants. La démocratie qui s’incruste dans ces deux secteurs va provoquer une révolution pacifique sur le long terme. Le capitalisme soutenu et entretenu par les politiques libérales et social-libérales en difficulté en France comme en Europe pourrait vaciller grâce à une démocratie communiste efficace qui s’infiltre partout. Cette conquête de la démocratie par le bas n’a nul besoin d’attendre la prise du pouvoir par une poignée d’acteurs politiques communistes qui imposerait tout d’en haut. C’est chaque citoyen, chaque salarié, qui peuvent et qui doivent dès à présent la conquérir. A nous communistes de leur en offrir la possibilité.

 

Passer du désir à la construction du communisme

Approfondir le sens des mots en revoir leur signification est utile au changement de la société. Ne pas confondre les classes sociales et les classes idéologiques. L’idéologie capitaliste est une spirale dont le fil conducteur est en opposition totale et constante à la spirale du fil conducteur de l’idéologie communiste. La lutte de classe est idéologique. Le prolétariat c’est l’ensemble de tous ceux qui produisent un travail, une activité sociale productive, pour le bien commun. La classe ouvrière n’est qu’une classe sociale, qu’une composante du prolétariat. La fierté de la classe ouvrière c’est d’avoir su la première se reconnaitre comme une entité qui produit des richesses au seul profit des capitalistes. L’évolution du communisme peut et doit s’appuyer sur l’ensemble du prolétariat. Dans cet ensemble "prolétariat" où la classe ouvrière ou leurs descendants est la plus clairvoyante, la politique communiste doit y faire reculer le fatalisme par la non-acceptation de toutes soumissions ou d’un suivisme aveugle. C’est une élévation de la conscience humaine que le communisme doit impulser et qui aujourd’hui devient possible. Le communisme de notre temps c’est rendre libre chaque prolétaire de décider et d’exécuter que ce qu’il produit soit un bien collectif. Le prolétaire doit devenir un entrepreneur en puissance. Les collaborateurs judicieusement appelés ainsi dans les entreprises capitalistes pour mieux les exploités, prendraient une toute autre dimension s’ils devenaient des prolétaires entrepreneurs. L’entreprise est un bien commun qui ne doit plus être enfermée dans les griffes de la rentabilité financière, de la concurrence sauvage de la compétitivité capitaliste, elle doit devenir le lieu de l’épanouissement du prolétaire. Seule la démocratie communiste peut le permettre.

Il ne sert à rien de lancer des appels au rassemblement. Le désir de rassemblement n’est pas sa constitution. Ce sont les idées bien élaborées, bien comprises, qui font rassemblement, qui l’agrège, qui le consolide. L’entité prolétariat fait rassemblement dès lors que chacun sait s’y reconnaitre. Il ne sert à rien de revendiquer. Revendiquer c’est reconnaitre sa soumission à ceux qui nous imposent leurs lois économiques et politiques. Etre un prolétaire c’est se sentir libre, ce n’est pas revendiquer sa part de droit, c’est construire le droit pour aider chacun à acquérir sa liberté et celle des autres. Le fatalisme, la soumission, le suivisme aveugle sont les fléaux du communisme, et ils permettent aux capitalistes de continuer à assouvir leur soif de domination. La construction de la socialisation de la société passe par la prise de conscience de chacun à se reconnaitre comme un des éléments du prolétariat. Le fameux "Prolétaire de tous les pays unissez-vous" prend ici toute sa force car dans ces conditions l’union peut se constituer peut s’agréger. Pour se reconnaitre comme prolétaire c’est pouvoir agir pour comprendre. C’est pouvoir voir que conservateurs, libéraux et sociaux libéraux ne maîtrisent plus rien, qu’il est temps que le peuple s’en mêle. Un clic à la nanoseconde et l’économie mondiale vacille et les peuples trinquent. Cadres dirigeants et salariés exécutants sont des prolétaires, ils n’ont plus à subir le système capitaliste, ils doivent ensemble démocratiquement décider comment redistribuer la richesse qu’ils produisent. La démocratie citoyenne dans un contexte de perspectives communistes, rend possible la redistribution équitable.

L’idéologie capitaliste est partout, elle inonde toutes les consciences. Seule une mise en marche de la démocratie communiste, moteur de la construction du communisme et du socialisme permettra à chacun d’agir. Le changement radical d’un langage qui donne du sens, mais du sens idéologique, prendra alors le capitalisme en étau.

 

Passer de l’économie de marché à l’économie d’échange équitable

Il ne suffit pas de taxer les capitaux, il faut empêcher qu’ils s’accumulent au profit d’une minorité. Par contre ils doivent contribuer à l’effort national par des prélèvements identiques aux cotisations sociales. Démocratiser les lieux de production et démocratiser la finance c’est changer de système économique progressivement, en toute légalité et en toute sérénité. Les commissions de transparence pour asseoir la confiance du peuple, en lien avec la connaissance des besoins à satisfaire que les élus du peuple dans une démocratie citoyenne éclairée, connaissent, peut transformer la société. Avec un prolétariat éclairé, acteur politique et une utilisation intelligente de la richesse produite, la source de l’accumulation des capitaux ne peut que se tarir. Changer de langage, donner à voir ce qu’est le communisme dans tout, c’est révéler le sens profond de la nocivité du capitalisme.

Aujourd’hui la valeur de l’euro et celle du dollar est basée sur la "confiance" autrement dit sur du vent. Nous sommes passés de l’étalon "Or" à l’étalon "Confiance" Nous devons, et nous pouvons passer à la valeur "Travail non divisé". C’est un travail totalement désaliéné, un travail enfin libre qui le rendra possible. La démocratisation de la production et celle de la finance transformera l’économie de marché en une économie d’échange équitable, une économie communiste. Une économie communiste n’est pas une économie planificatrice une économie étatique, mais une économie où chacun intervient par ses prises de décision et de position dans tous les lieux de production, d’activité sociale et d’activité financière. Un prolétaire sait que la valeur de ce qu’il produit c’est le temps socialement nécessaire qu’il passe à imaginer, à décider, et à exécuter une tâche. Ce prix, cette valeur il les associe à la demande de ses besoins et en fonction de ses revenus. Il sait que les échanges pour mieux vivre sont aujourd’hui totalement inéquitables, il doit donc mieux intervenir dans les choix politiques dans sa citoyenneté. Mais comment peut-il faire s’il ne peut voir la différence entre communisme et capitalisme ? Passer de la croissance capitaliste à la croissance communiste c’est voir qu’il existe une compétitivité capitaliste et une compétitivité communiste. Capitalisme et communisme sont aux antipodes, l’un accumule des capitaux, l’autre veut satisfaire les besoins humains. Nous sommes en décroissance capitaliste. La croissance communiste peut prendre de la vigueur si le citoyen, le prolétaire, l’adhérent savent utiliser à bon escient la démocratie communiste.

 

Valeur de la productivité et valeur de l’activité sociale

La valeur de l’activité sociale produite par les bénévoles dans les associations, ajoutée à la valeur de la productivité des prolétaires donne la vraie valeur à une monnaie d’échanges et permet d’établir une vraie connaissance de la croissance communiste d’un pays. Pour l’heure les échanges sociaux produits par le monde associatif, ne sont absolument pas reconnus, ni intégrés dans la valeur de la productivité. Ils sont source d’une véritable croissance communiste. (Voir l’évolution du monde associatif).

 

Monnaie commune l’euro

Si dans un seul pays la transformation de la valeur de l’euro est modifiée par l’apport de la valeur de l’activité associative, les peuples des autres pays exigeront une politique similaire. Pour l’heure l’Union Européenne nous enferme dans le capitalisme, il ne s’agit pas d’en sortir, mais au contraire d’en démontrer sa possible transformation, par une démocratie qui ose dire son nom.

 

Inflation et communisme

Faire tourner la planche à billets dans une économie capitaliste épisodiquement, est nécessaire pour alimenter l’économie réelle, mais elle crée de l’inflation par une redistribution totalement anarchique. L’économie capitaliste ne peut pas éviter l’inflation, car elle est en contradiction avec sa recherche constante à ré-accumuler des capitaux au profit d’une minorité. La redistribution équitable est impossible. Dans un contexte communiste si l’inflation se produit c’est que la richesse produite n’est pas répartie correctement. C’est un signe pour corriger la redistribution des richesses. Cela provient d’une non-maitrise des prix. Quand ils se définissent sur le marché de la vente directe entre producteur et consommateur ils ne provoquent pas d’inflation. Le producteur veille à ne pas produire plus qu’il ne peut vendre. Le consommateur ne consomme que ce dont il a besoin ou ce qu’il peut acquérir en fonction de son pouvoir d’achat. Les intermédiaires en rajoutant plus que la valeur réelle de l’utilité de leur travail provoquent la spéculation et l’inflation. C’est par la maîtrise des prix de la valeur réelle du travail de chacun, que l’inflation sera contenue. C’est aux pouvoirs publics d’en déterminer les contours.

 

L’argent public

Des pôles publics financiers dirigés par les idéaux des libéraux ou des sociaux-libéraux actionneront toujours les vieux réflexes capitalistes. Protéger l’argent des Français, en débloquant totalement le plafond des dépôts de l’épargne, va engager un processus vers une économie de l’épargne démocratisée, vers une économie d’échange équitable. En France l’épargne est une valeur sûre que chacun apprécie alors que l’activité boursière elle est totalement décriée. Le peuple adhérera totalement à cette proposition et changera le cours de l’économie. Ce sont les plus accros à l’économie de marché qui combattront cela. Mais ne nous y trompons pas, partout où ils pourront agir, ils alimenteront, la régénérescence du capitalisme. Il ne s’agit pas d’éliminer la classe des capitalistes, il s’agit de les empêcher de nuire. Pour l’heure la politique économique du Parti Communiste reste dans les lignes comptables de l’économie de marché, elle est bien trop timide, elle est insuffisamment communiste. Il ne suffit pas pour diminuer les charges des entreprises, de diminuer les charges financières au lieu de l’augmentation de la TVA sauce social-démocrate. Il s’agit d’utiliser l’épargne à taux fixe pour éviter l’asphyxie des entreprises. La diminution des charges financières est impossible dans une économie où les intérêts du crédit permettent de battre monnaie. Il est vrai que les entreprises sont réellement asphyxiées, mais elles le sont par les logiques et les mécanismes que le capitalisme lui-même impose. Sortir de ce marasme, de cette imbécilité, c’est qu’elles puissent retrouver des liquidités saines et qui ne peuvent provenir que du monde du travail. Battre monnaie en fonction de l’évolution des richesses produites par le travail donne d’autres perspectives monétaires. Le travail n’est pas un coût, c’est une richesse. En attendant mieux, faire tourner la planche à billet est utile, pour stopper l’appauvrissement de nos tristes démocraties.

 

La redistribution des richesses

Pour l’heure la redistribution efficace des richesses est impossible. L’évasion des capitaux, leur libre circulation, leur recyclage dans les paradis fiscaux, faussent le taux réel de la croissance capitaliste elle-même. La logique comptable capitaliste invite à baisser les salaires et le SMIC le salaire minimum de croissance, dans une économie où la régression de la croissance capitaliste est effective. Mais la non connaissance de la véritable valeur des richesses produites alimente le fatalisme, et la soumission aux dictas du capitalisme. Si l’on veut une redistribution équitable, si l’on veut un rattrapage économique des plus démunis vers le haut, tout doit être lissé en sens contraire de l’économie actuelle. Le taux d’augmentation des salaires les plus bas doit être le plus fort et le taux d’augmentation des plus haut salaires doit être le plus bas. Idem pour tous les revenus et les pensions. Ce lissage inversé permettrait d’éviter que l’écart entre riches et pauvres s’accentue, pour favoriser, au contraire, son resserrement. Le prélèvement des impôts doit suivre cette logique de lissage pour un resserrement plus efficace de l’écart entre pauvres et riches.

 

Evasion fiscale

Pour empêcher que soient alimentés les Paradis Fiscaux c’est le prélèvement de l’imposition à la source de tout ce qui n’est pas clairement identifiable comme les salaires et les pensions de retraite. C’est donc à la source, dans les l’entreprises validé par les commissions de transparence économique que l’impôt peut et doit être prélevé. Ces commissions doivent être indépendantes de la direction et sous le regard des salariés, des prolétaires, des élus locaux pour l’imposition locale et nationale par les services fiscaux. Le prélèvement de l’impôt à la source s’appuie sur la démocratisation de l’entreprise, ainsi la source de l’accumulation des capitaux spéculatifs finira par se tarir. Les paradis fiscaux disparaîtront. La commission de transparence financière assoit une confiance sereine dans l’entreprise. Cette perspective de l’imposition à la source, avant le clic à la nanoseconde de transfert des capitaux pour leur recyclage fiscal, dans les paradis fiscaux, véritable vol légalement organisé, invitera les salariés à s’impliquer dans la démocratisation de leur outil de travail, là où sont crées les véritables richesses.

 

L’économie mondialisée

La libre circulation des capitaux engendre un colonialisme économique de nouvelle envergure. L’achat de territoire, avec l’intrusion des règles et des lois économiques venues d’ailleurs, ne respectant même plus les lois des pays accueillants, produit un communautarisme économique insidieux et dangereux. Les idéaux accros au capitalisme savent très bien que la source de leur richesse ne provient non pas du marché de l’argent mais de l’exploitation humaine. L’invasion de ces capitaux est faite par des capitalistes étrangers qui utilisent des infrastructures les plus propices, et une main d’œuvre qualifiée et veulent imposer leurs critères de rentabilité. Certains importent même leur propre personnel en les sous-payant. L’Europe libérale et social-libérale est l’instigatrice de tout cela. En impulsant la concurrence et la compétitivité capitaliste entre salariés, au nom de la sacro sainte compétitivité capitaliste et ses lois du marché, elle active la destruction massive de l’économie de pays entiers. Le capitalisme n’a pas de frontières, elles ne sont valables que pour endiguer le flux des populations qui aspirent à mieux vivre. Cette anarchie économique mondialisée, est source de déséquilibre d’Etats entiers, elle détériore toutes les démocraties et produit un gâchis des ressources terrestres et humaines. Elle est source de conflits, de montée en puissance de toutes les violences. Sortir d’une vision idyllique du capitalisme où, soi-disant, l’enrichissement personnel inviterait chacun à en faire autant, passe par une réévaluation de ce que pourrait apporter le communisme, sa vision de l’économique et sa démocratie.

Il est dit que les économies sont tellement imbriquées les unes dans les autres qu’un conflit mondialisé est impossible. Seulement voilà, la guerre économique est bien réelle, elle est là, elle est faite à tous les peuples. Elle provoque la misère, la régression sociale, la régression intellectuelle et cette guerre-là insidieuse est bien réelle. Tous les peuples la vivent au quotidien. C’est la montée en puissance de la violence qui s’élargit et s’intensifie partout. Le seul moyen de l’enrayer c’est de permettre à chacun de se politiser de se construire politiquement, pour être en réactivité en permanence au monde capitaliste. Il est totalement insuffisant et illusoire de vouloir interdire les licenciements boursiers, il s’agit de s’armer démocratiquement pour enrayer tout le mécanisme de la machine capitaliste. C’est l’appropriation de la politique par chacun qui dans l’action et sur tous les terrains finira par gripper cette machine infernale.

 

La révolution informationnelle

Elle n’est pas la Révolution, elle n’est qu’une révolution technique qui favorise autant le capitalisme que le communisme. La révolution n’est pas une question technique, mais une question politique, une question idéologique. Si la politique du Parti Communiste était réellement communiste elle permettrait aux média de jouer pleinement leur rôle. Les média sont soi-disant à la solde du capitalisme, ils seraient la source de tous nos maux, mais ce sont des hommes et des femmes qui exercent leurs métiers tout aussi démunis que le commun des mortels d’une politique communiste qui ne vient pas, qu’ils ne voient pas. En dénonçant le capitalisme ils ne peuvent pas aller plus loin, puisque le Parti Communiste ne leur indique pas le sens de l’histoire à prendre. Il ne s’agit pas de taper sur les média, il nous faut tout régénérer pour les inviter à avoir un autre regard sur une autre dimension de notre politique. En restant nous-mêmes figés dans le constat des choses, alors que tout le monde a conscience de la nocivité du capitalisme, nous ne participons pas à l’éclairage d’une autre vision, d’un autre monde de tous les possibles. Nous avons, nous communistes notre part de responsabilité, sans se culpabiliser, mais en étant plus lucide que jamais sur notre propre potentiel communiste à mettre en œuvre, et en devenant plus communiste que jamais, que nous changerons la société.

Il ne s’agit plus de mettre en concurrence des textes alternatifs et d’en choisir un par le couperet d’un vote tranchant qui nous sortira de l’ornière. C’est par la mise en cohérence des idées communistes qui fusent de partout et en tirant vers les plus pertinentes que l’évolution de notre propre démocratie interne s’enclenchera enclenchant ainsi celle de la société toute entière sur de nouvelles bases. La mettre sur la place publique, invitera à sortir de la démocratie libérale dans laquelle nous-mêmes, nous sommes embourbés. La démocratie ce n’est pas l’électoralisme qui tranche par un vote, ce n’est pas la mise en concurrence des tendances, c’est la compréhension de ce qui se passe entre deux mandats. C’est la transparence politique pour que chacun puisse se faire une opinion, puisse évoluer politiquement et ainsi, être plus efficace pour le changement d’acteurs politiques plus efficaces, aux élections suivantes.

 

Propriété d’emprunt

La terre ne nous appartient pas, nous empruntons un espace privé le temps de notre passage sur terre. Cet espace privé, notre tanière, est lié à notre affect, nous avons soif de le transformer pour mieux vivre notre vie privée en toute liberté. Les espaces que l’on reçoit en héritage ou par accession à la propriété ne sont que des propriétés empruntées à la commune. La commune ne meurt pas, elle perpétue les transferts de génération en génération du patrimoine, elle est garante de la protection de son territoire, et de son évolution. Le propriétaire qui utilise un habitat ou une parcelle du territoire emprunté à la commune y est libre de toutes transformations. Dans un contexte communiste, le propriétaire (particulier ou collectif) qui exploite un lieu ou une habitation doit accepter que le locataire y vive lui aussi, en totale liberté. Si cette liberté est garantie par les pouvoirs publics, alors un habitat de qualité, économiseur d’énergie pourrait se développer. Une agriculture de qualité pourrait se développer si elle était rémunérée à son juste prix. La commune alors accorderait aux locataires et aux propriétaires utilisateurs et exploiteurs des concessions avec les mêmes droits. La propriété de rapport se transformerait en propriété d’épargne utile à tous. Il s’agit de ne spolier personne, mais de tout transformer pour le bien commun de tous.

 

Les propriétés de rapport en concessions deviendraient utiles, si la spéculation immobilière est asséchée. La valeur des travaux investie par le propriétaire et/ou le locataire, serait alors enregistrée sous actes notariés. L’organisme de l’habitat et du territoire sous la responsabilité de la commune alimenté par des fonds d’épargne pourrait décider d’acheter, de faire évoluer, de moderniser et de détruire l’habitat insalubre. Cela permettrait d’en finir avec les marchands de sommeil. Il ne s’agit plus de réquisitionner mais de permettre à chacun d’avoir un toit (voir l’évolution du monde associatif). La vente ou l’achat de terre ou d’habitation seraient évalués par les domaines. Toutes les possibilités restes ouvertes : Le droit à la préemption, l’achat ou le rachat des biens par la collectivité, dès lors que les lois ne sont pas respectées, ou que les biens sont laissés à l’abandon, soit par rente viagère, ou par achat à prix coûtant pour ne spolier personne. Les domaines évaluent l’état des biens. Le droit inaliénable de la propriété n’est pas remis en cause, c’est sa transformation qui devient source de réhabilitation et de garantie d’un toit pour tous. La reconnaissance de la propriété d’emprunt et sa gestion démocratique pourraient impulser la réinsertion sociale des plus démunis en réhabilitant l’habitat avec la mise en interaction des associations de sans logis et celles de l’insertion sociale. Elle pourrait produire une croissance sociale et une réelle croissante de la productivité.

La propriété de rapport dans un contexte communiste ne la supprime pas, il la rend utile en la mettant au service de l’ensemble de la collectivité. Réquisitionner alors devient inutile, c’est la transformation de la propriété pour le bien commun qui est ici visée. La propriété d’emprunt gérée démocratiquement inviterait à faire évoluer tout le patrimoine tout en respectant son l’histoire. Avec un locataire totalement libre d’améliorer et de faire évoluer son habitat, associé à l’innovation technologique et écologique, la productivité dans le bâtiment serait relancée. Avec de nouvelles richesses ainsi crées et justement évaluées, la croissance communiste serait pérennisée. Le bâtiment et l’exploitation correcte des terres sont des ressources en perpétuelle activité puisque nécessairement en constante évolution.

 

L’évolution du monde associatif moteur de la croissance sociale

Impulser en priorité le mieux être et le mieux vivre des plus démunis est source d’activité sociale en croissance. Ainsi en impulsant l’ascenseur social, l’ascenseur économique prendrait un nouvel essor.

Formidable tête de pont, la démocratie associative est une avancée communiste incontestable. Les associations ne font pas de profits, mais elles ont une activité qui produit de la valeur sociale. Leur gestion autonome, mise sous la transparence du regard des élus citoyens et la reconnaissance de la valeur de l’activité associative dans un organisme d’Etat est un tremplin social, à mettre en perspective. L’activité associative, produit et améliore considérablement le mieux vivre et le mieux être de chacun. Sans les associations, la pauvreté serait insupportable. La reconnaissance de la valeur sociale que crée le monde associatif la fera disparaitre. L’intégrer à la valeur de la production crée une croissance, une économie communiste. Un être humain qui est dans l’impossibilité de déployer toutes ses capacités dans une activité sociale et ou dans une activité productive est un gâchis dont tout le monde pâtit.

Les associations créatrices d’emploi

Les associations en déclarant dans une Caisse Nationale de Solidarité Universelle le nombre d’heures de tous leurs bénévoles nominativement, permettraient non seulement d’évaluer la croissance sociale du pays mais de donner un salaire à tous ceux qui interviennent dans les associations bénévolement et qui n’ont pas les ressources suffisantes pour vivre décemment. Cette Caisse Nationale habilitée à connaître le revenu et la situation économique de chacun, pourrait apporter un salaire ou un complément de salaire à partir de 18 ans à ceux qui ont besoin d’autonomie. Un salaire minimum serait ainsi garanti à tous, et il serait surtout un formidable ascenseur social. L’association ne paierait pas ces salaires là, elle ignorerait complètement celui ou celle qui en bénéficie. L’anonymat et le bénévolat sont ainsi préservés. La Caisse Nationale établirait la feuille de paie sur la base de la déclaration nominative des associations de tous leurs bénévoles. Le financement de ce salaire peut se faire par l’épargne et par le prélèvement d’une cotisation sur l’activité productive et financière. Elle peut se faire aussi par le regroupement des dons aux associations versée en partie à cette caisse. Elle pourrait même aider les associations à se développer. La vie associative ainsi reconnue d’utilité publique pourrait retrouver un nouvel essor par l’apport de l’activité de ceux qui aujourd’hui en sont exclus. Elle pourrait faire baisser le chômage, jusqu’à sa disparition. Une partie même de l’allocation chômage pourrait lui être versée.

Ce salaire ou ce complément de salaire permettrait de compléter des pensions de retraite actuellement trop basses. Il est la garantie immédiate d’en finir avec l’assistanat. Il disparaîtrait au profit de l’ascenseur social et de l’ascenseur économique, il redonnerait de l’espoir en permettant à chacun de s’épanouir dans les activités de son choix. Il serait un véritable tremplin non seulement de revivification des associations mais aussi un propulseur de l’activité productive. Là encore si le mouvement social, le mouvement populaire se saisissent de cette possibilité là, quel gouvernement aura l’audace de ne pas aller dans ce sens ?

Conclusion

Le mouvement social et le mouvement populaire qui partent à la conquête de la démocratisation du travail, de la démocratisation de la finance et de la valorisation de l’activité associative, obligeront les gouvernants à produire progressivement des politiques qui impulsent la satisfaction des besoins de tous. Tout citoyen qui voit la différence entre contexte capitaliste et contexte communiste votera en son âme et conscience. Mais en percevant le bénéfice de l’apport du communisme, des élus susceptibles de légiférer dans ce sens-là, seront de plus en plus désignés. Rien n’est garanti, mais tout est possible. Tout dépend du degré de transformation de la politique communiste, de celui de l’évolution de la démocratie au sein même du Parti Communiste pour l’impulser à l’ensemble de la société, et du degré de la transformation de son organisation politique pour être utile au peuple des prolétaires.

La confiance sereine s’appuyant sur une transparence politique et économique pilier de l’apaisement des relations humaines, engrangera une dynamique politique impulsant un nouveau mode économique et social incontestable. Une justice qui ne sanctionne pas, mais qui répare et protège les victimes qui soigne, qui rééduque, qui resocialise des coupables et des déviants, laisse entrevoir la régression de toutes les violences. Tout citoyen qui agit dans le monde associatif et dans le monde productif, pour une économie équitable va s’approprier la politique et la mettra au service de tous. L’humanisation de chacun peut évoluer dès lors que chacun peut trouver sa place dans la société et l’humiliation la discrimination disparaître. La dégradation des rapports sociaux que le capitalisme produit régressera, par l’aspiration des relations humaines à vouloir évoluer, par la gouvernance de soi, par l’épanouissement de chacun dans l’ascenseur social et dans toutes les activités sociales, politiques et économiques.

Les syndicats, les associations et le peuple des prolétaires européens en mettant en cohérence leurs aspirations pourront déployer toutes leur ingéniosité, toute leur intelligence en toute indépendance pour une construction d’une politique européenne au service de tous. Ils pourront ainsi sans soumission aux pouvoirs politiques actuellement en place, conquérir une nouvelle forme de démocratie adaptée à chaque pays. Basculer de la compétitivité et de la concurrence capitaliste à la diversité créatrice pour un monde meilleur passe par un changement de système économique. Basculer de l’économie de marché à une économie d’échange équitable passe par l’évolution d’une politique qui s’appuie et se développe à l’aide d’une démocratie qui ne peut être que communiste.

Faire de la politique autrement demande au Parti Communiste de métamorphoser son organisation, pour aider le peuple des prolétaires à prendre son avenir en main, ainsi la marche en avant pour dépasser/abolir le capitalisme s’accomplira.

L’humain d’abord, c’est de laisser chacun agir dans la plénitude de l’évolution de sa conscience et de ses possibilités à d’agir en fonction de ses connaissances. Une civilisation de plus en plus humaine portée par un communisme du 21ème siècle, hautement démocratisé et à la française est de l’ordre du possible.

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