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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Pour une autre signification du PIB la répartition du PIB est éminemment politique par Philippe Schlienger

Notre histoire sociale a dépassé l’ancienne signification capitaliste du PIB. Entre 1920 et 1983 le mouvement ouvrier dans son ensemble a édifié, à l’intérieur du capital, un ordre révolutionnaire, potentiellement prêt à dépasser le stade historique du capitalisme. Nous Parti Communiste français entendons poursuivre cet objectif : le dépassement du capital par les institutions du salariat.

Aujourd’hui nous avons à disposition trois institutions qui subvertissent le capital. Le salaire direct n’est plus le reflet de notre travail incorporé dans une marchandise, mais un barème négocié entre syndicats et encadré par un arbitrage étatique. Le salaire est un instrument politique de distribution du PIB entre salaire et profit et salaire indirect. Ce salaire n’est plus tout à fait l’expression de notre subordination au capital. Il relie chaque salarié, via les grilles de qualifications négociées dans les branches, à la production collective du PIB. Il démontre le non usage du marché du travail remplacé par la délibération tripartite. La seconde institution majeure subversive du capitale est la cotisation sociale ou salaire indirect. Elle aussi prise sur le PIB, elle relie le hors emploi à la production collective du PIB. Le retraité, le privé d’emploi, les parents élevant leurs enfants, tous reçoivent une part du PIB, calculée par rapport au salaire direct. Cotisation sociale et salaire direct sont des barèmes collectifs nationaux négociés dans des instances qui rendent publiques la répartition du PIB. Ceci démontre que le salaire n’est plus le prix d’une force de travail, définition qu’en fait le capital, mais de la qualification professionnelle des postes de travail. La cotisation sociale démontre que le travail peut être financé en-dehors du marché du travail et donc hors du travail dans l’emploi. Notre difficulté majeure est de ne plus penser le travail sans le serrer dans le carcan de l’emploi. Pourtant salaire négocié collectivement sous forme de barèmes professionnels et cotisation sociales poursuite de ces barèmes dans les situations de hors-emploi nous montrent que le travail hors emploi est une alternative au capital. La troisième institution majeure subversive du capital qui porte déjà une autre signification du PIB est la qualification personnelle. Le statut de la fonction publique, celui d’EDF-GDF, celui de la SNCF, celui du retraité paient des personnes et non des postes de travail. Ici encore est inutile tout recours à un marché du travail et à des employeurs. Ces trois institutions se sont imposées non pas sur un discours de solidarité mais sur le constat d’un mouvement ouvrier révolutionnaire tel que « nous sommes les seuls producteurs ». Nous devons refuser que les personnes humaines soient tenues de se travestir en ressources humaines, pour être des demandeurs d’emploi, sur un marché du travail, où s’exerce sur elles en permanence le chantage à l’emploi au nom du pouvoir d’achat. Et nous pouvons le faire en nous inspirant des institutions salariales que sont le salaire à la qualification personnelle, qui pose que nous sommes tous aptes à contribuer personnellement à la production de valeur économique, le salaire à vie financé par des caisses de salaires sur le modèles des caisses nationales de sécurité sociales par une cotisation salaire, et une cotisation investissement qui irait à des caisses d’investissement sur le modèle là encore des caisses nationales de sécurité sociale. Le tout sans recours au chantage à l’emploi et au chantage à la dette parce que nous le faisons déjà à grande échelle réelle : la cotisation sociale toute caisse confondue représente déjà le quart du PIB soit 480 milliards d’euros. Ce ne sont pas les hopitaux qui paient les soignants mais la caisse santé. Ce ne sont pas les patients qui paient les médecins, infirmiers, centres de santé…c’est la caisse santé. Ce ne sont pas les employeurs qui paient les privés d’emploi, c’est la caisse chômage (Unedic). Ce n’est pas les employeurs qui paient les soins des salariés en maladie, c’est la caisse de santé. Ce n’est pas les entreprises qui paient la pension des retraités, c’est la caisse retraite. Ce n’est pas les entreprises qui paient la maternité, l’enfance, la famille, c’est la caisse d’allocation familiale. D’ailleurs ce ne sont pas les entreprises qui paient le salaire direct mais le salarié lui-même lorsqu’il est à son poste de travail. De même ce n’est pas ce salarié qui produit le salaire du soignant, mais l’activité de ce soignant lui-même. Il en de même pour les retraités qui reçoivent un salaire continué lorsque leur pension est indexée sur la moyenne de leurs meilleurs postes de travail donc des qualifications de leurs meilleurs postes. Il n’y a donc pas de solidarité professionnelle entre salariés et le reste de la population hors emploi, de même qu’il n’y a pas de solidarité entre les salariés et les soignants, tenir un discours contraire revient à nier qu’une nouvelle signification du travail et donc du PIB existe déjà. L’unité politique entre privé et public entre régime général et régimes « spéciaux » existe si on sort du discours aliénant de la solidarité, qui empêche de voir la cotisation sociale comme production de valeur par des non marchandises. La cotisation sociale est la base sur laquelle le public et le privé, le régime général et les régimes particuliers peuvent s’unir en revendiquant tout le PIB, car nous sommes les seuls producteurs de valeur. L’agenda des réformateurs a su utiliser ces divisions fondées sur la logique de la solidarité professionnelle : en 1993 la réforme a été circonscrite au secteur privé, en 2003 la fonction publique, en 2008 les cheminots, en 2009 pour les agents EDF. Qui peut affirmer aujourd’hui que la logique solidaire et professionnelle pourra combattre efficacement le « choc politique de compétitivité » contre les institutions salariales ? Une mobilisation croissante et des échecs répétés, il est temps d’en finir avec les défaites collectives en attaquant la source de notre malheur collectif.

Le MEDEF et le gouvernement Ayrault ne sont pas contre la solidarité nationale ou professionnelle, au contraire le premier propose de fiscaliser (donc nationaliser )les ressources salariales de la caisse santé et de la caisse famille au nom de la sauvegarde de l’emploi et de la compétitivité des entreprises à engraisser les actionnaires, le second propose de fusionner le produit de l’ IR CSG et taxes diverses sur des produits de consommation. Aujourd’hui la CSG qui était vendue comme instrument d’allègement de cotisation sociale sensée nous emmener vers le plein-emploi, en diminuant le coût du travail, est prise à 90% sur les salaires et 10% sur le profit, qui devait nous emmener vers le plein-investissement. Le but de l’opération est d’en finir avec la cotisation sociale comme alternative au capital et de restaurer toute la logique du capital au travers du salaire à la productivité et du marché des ressources humaines L’enjeu n’est pas comptable car les sommes prélevées restent les mêmes, mais politique au nom de quoi allons-nous prélever les ressources monétaires des travailleurs ? La solidarité nationale, la propriété lucrative, la loi de la marchandise  et la solidarité professionnelle sont les seules sources légitimes existantes pour le travail répondent le gouvernement Ayrault et laurence Parisot. Nous Parti Communiste Français répondons que le PIB est l’œuvre collective du salariat et qu’il revient que la ressource des producteurs soit le salaire à la qualification personnelle financée par une généralisation de la cotisation sociale pour financer le salaire et l’investissement.

L’heure politique n’est pas dans l’éparpillement des luttes catégorielles mais dans la constitution d’un grand front commun pour toutes celles et ceux qui aspirent à une reconnaissance politique de leur aptitude à créer de la valeur à en décider collectivement la destination. L’éparpillement géopolitique n’est pas à l’heure politique, le conflit israelo-palestinien est un conflit géopolitique entre deux nations qui se disputent le pouvoir sur les mêmes ressources et créent en France des divisions raciales dans le salariat, bénéfiques au capital. Les résidents français attendent des partis politiques qu’ils s’intéressent prioritairement aux enjeux politiques fondamentaux comme celui de la distribution politique des ressources monétaires du PIB. Un travailleur constamment soumis au chantage à l’emploi n’a que faire des tensions politiques à l’autre bout du monde. Ces aspirations immédiates sont l’obtention d’une ressource monétaire stable, régulière, croissante qui le confirme dans sa qualité de producteur, avec une carrière multi professionnelles, et des expériences riches dans des collectifs de travail. Avoir une ressource monétaire qui traduit une aptitude politique à produire de la valeur est une aspiration subversive du capital, qui tente en permanence de nous définir comme être politique de besoins satisfaits par du pouvoir d’achat. Faisons grandir cette aspiration subversive popularisons pour en finir avec le chantage à l’emploi et le chantage à la dette.

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