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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Pain au chocolat, xénophobie, intolérance, racisme et antisémitisme par Pascal Lederer et Pierre Saly (section PCF Paris5)

Avec la défaite de Sarkozy en mai 2012 s’est ouverte une phase politique nouvelle dans notre pays, phase riche en potentialités progressistes, mais aussi lourde de dangers, en particulier en cas d’échec de la gauche.

La crise du système capitaliste pose à ses victimes, comme à ses bénéficiaires, la question de son issue en termes antagonistes. Ou bien des transformations progressistes, un développement économique créateur d’emplois, de bien-être pour la majorité, un épanouissement de la démocratie, ou bien, enracinés dans les déceptions, l’autoritarisme, les suppressions de libertés, la démolition des conquêtes sociales héritées de la Résistance, les régressions en tous genres.

Dans les couches dirigeantes, l’éventualité, en vue de garder le pouvoir, d’une rupture profonde avec le compromis démocratique établi à la suite de la défaite du nazisme est ouvertement envisagée. L’alliance de la droite dite républicaine avec un Front National relooké, mais toujours profondément xénophobe, raciste et antisémite est discutée ouvertement. La réunification durable, organique, de tous les courants de la droite politique, est à l’ordre du jour.

Dans cette perspective, empêcher la convergence et l’unification des luttes pour le progrès social revêt pour la classe dominante une importance cruciale. Une offensive idéologique orchestrée est menée pour exacerber dans notre peuple les différences d’origine, de culture, de religion, de niveau social, etc. Il s’agit de faire de ces différences la grille de lecture sociale hégémonique, avec comme objectif une fragmentation sociale en groupes de communautés différentes, plus ou moins hostiles. Le Front National, qui mène cette bataille sans relâche depuis ses origines, en fidèle continuateur du pétainisme et de la collaboration, a mis en sourdine, génocide oblige, le discours antisémite autrefois dominant, et lui substitue la haine des immigrés. Choisissant ses cibles parmi les plus démunis, les plus pauvres, les plus exposés au chômage, il développe principalement sa stratégie de défense de l’oligarchie en concentrant ses attaques contre nos compatriotes de culture musulmane, dont la présence est importante dans la classe ouvrière. Il trouve dans l’opinion un écho d’autant plus préoccupant que le chômage et la pauvreté s’étendent, que la mise en concurrence des différentes catégories de travailleurs fait des ravages, et que l’angoisse du lendemain, les difficultés en tout genre, sont propices à l’adoption de théories explicatives sommaires.

L’attaque a des relais multiples. Au journal télévisé de 20 heures, on offre le micro, sans critique, à des discours d’un racisme tranquille et meurtrier. Un dirigeant national de l’UMP en rajoute dans la bassesse en inventant le « racisme anti-blanc », agrémenté de pain au chocolat…

Le nouveau gouvernement s’oppose-t-il aux menées de la droite et de l’extrême droite ? Un ministre de la République donne l’exemple de la violence contre les étrangers – pourtant européens !--en évacuant brutalement des campements de Roms. Hélas, le même, responsable de la sécurité publique, appelle les citoyens à la délation contre « les dérives d’un islam sectaire », accréditant ainsi l’idée que l’islam est l’ennemi.

Dans le même temps, les convulsions mondiales, de l’Afghanistan à l’Iran et au Proche-Orient, ont des effets dans les esprits. Elles offrent à cette stratégie de division un terrain inespéré pour y prospérer. La situation désespérante du peuple palestinien, dont les droits nationaux sont bafoués depuis un demi-siècle par la politique israélienne d’occupation, de spoliation et de colonisation, répand dans l’ensemble du monde musulman, en particulier parmi les peuples arabes (parfois même au-delà des fidèles de l’islam), l’humiliation, la frustration et le ressentiment. La propagande israélienne, relayée en France par des dirigeants communautaires juifs irresponsables, veut faire des juifs, aux yeux du monde, des soutiens inconditionnels de la politique d’Israël.

Comment s’étonner dans ces conditions que parmi des immigrés originaires de pays arabes et/ou musulmans, puissent se développer des représentations sommaires qui débouchent facilement sur une forme d’antisémitisme parfois déguisée en antisionisme? Des esprits fragiles, en difficulté d’insertion sociale et à l’identité incertaine, parmi quelques fractions d’une jeunesse discriminée, soumise à l’agression de la pauvreté comme à celle du racisme anti-arabe, basculent dans des idéologies rétrogrades simplistes, ou le juif personnalise l’ennemi à abattre.

En Iran, un régime religieux rétrograde, fondé à l’occasion d’un rejet de la domination impérialiste, invoque une version obscurantiste de l’islam, faite de dogmes moyenâgeux, de domination machiste, et de propagande négationniste sous prétexte de soutien au peuple palestinien. Ailleurs des gouvernements talibanisés, soutenus par les féodaux d’Arabie saoudite, multiplient attentats, lapidations, mutilations, autodafés, oppression des femmes et autres violations des droits humains, au nom de l’islam mais en violation ouverte de ses principes fondamentaux. Les semeurs de haine ont tôt fait d’identifier toute pratique religieuse musulmane à ces caricatures, comme aux mutilations pratiquées par des fanatiques surarmés qui se réclament de l’islam le plus rétrograde. A la haine contre l’immigré ou le musulman répond celle des juifs, identifiés à Israël.

 

Ces propagandes ont des effets, font des victimes en France. Une pétition se développe dans un département du Sud pour soutenir un énergumène qui a tiré sur des jeunes parce qu’ils étaient arabes. En Moselle, un maire UMP flatte chez ses administrés des instincts fascisants contre des émigrés en détresse, en agitant la haine des musulmans.

En France, en 2012, des enfants ont été exécutés par un fanatique pour la seule raison qu’ils étaient juifs. Le meurtrier est célébré dans certains quartiers comme un héros. Des jeunes juifs sont pourchassés et agressés dans un quartier de Lyon. Un réseau salafiste est démantelé, qui aurait préparé des attentats antisémites. A Marseille, la population chasse un groupe de Roms d’un quartier et incendie les restes de leurs biens.

Les discriminations à l’emploi, au logement, les contrôles au faciès frappent massivement les immigrés et leurs enfants, fussent-ils ou non citoyens de longue date. Les musulmans ou réputés tels sont parmi les premières victimes de ces discriminations.

Ainsi une pression idéologique multiforme, médiatique et politique, s’exerce sur l’opinion publique pour valider une lecture communautaire de la société, donner à voir des agissements racistes, anti-arabes, anti-musulmans ou antisémites érigés soi-disant en norme. Les dangers montent, même si rien n’est encore irréparable.

 

La négation des solidarités ouvrières et salariées pour la défense de l’emploi et des droits, pour de nouvelles conquêtes sociales face au Medef et à l’oligarchie de la finance est une stratégie criminelle qui se déploie sous nos yeux, avec d’autant plus de force que la politique européenne d’austérité généralisée vient en appui et en relais de la désespérance.

La bataille politique de haut niveau nécessaire pour construire une autre issue, progressiste, doit s’accompagner d’une offensive idéologique et culturelle à la hauteur du défi.

La contre offensive des démocrates doit être à la hauteur des dangers. Sans nier la riche diversité des composantes de notre peuple, il faut fonder l’union des forces pour l’égalité des droits, pour le progrès, sur les solidarités essentielles, les convergences syndicales, politiques, les fraternités sociales, capables de barrer la route à la régression, et contribuer à ouvrir un nouveau chapitre de libération humaine, en France, en Europe, et dans le monde.

Le PCF se doit d’y être en première ligne.

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