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36e congrès - Le texte - Il est grand temps de rallumer les étoiles

Les statuts du PCF adoptés au 36e congrès

Discours de clôture par Pierre Laurent

Journal CommunisteS n°507 - Spécial 36e congrès - 13 février 2013

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Communisme et démocratie par Aline Béziat

Préambule :

Ce texte de préparation pour le Congrès cherche à partir de l’ambition communiste et dans ses innovations possibles à sortir de la crise, pour gagner le changement et changer la société. Ce texte n’inverse pas les trois points qui nous sont proposés, mais ils les mêlent. En partant de l’idée d’un communisme innovant, il permet de voir ce qui convient d’être transformé dans nos statuts pour actionner une politique communiste, d’une toute nouvelle dimension. Ce texte n’est évidemment qu’un essai, le communisme revêt de multiples facettes. Ma vision est celle d’une militante de base et non d’une spécialiste de quoi que ce soit, elle part de mon vécu, de ce que je comprends de la société dans laquelle on vit, et de celle où j’aimerais mieux vivre. Elle a donc ses manques et ses failles. Les questions économiques sont les plus compliquées et les plus difficiles à développer pour moi, mais elles ne peuvent pas être dissociées de la démocratie, de l’évolution des relations humaines et de la vie sociale. Vouloir changer la société passe pour moi par le changement de soi, par le changement du regard sur la société, il passe aussi par l’évolution du communisme existant qui ne peut être actionné que par sa démocratie.

Laisser vivre le Parti Communiste dans sa diversité, c’est dépasser la compétition du chiffre entre les différents textes alternatifs. Ils ne pourront jamais concurrencer le texte présenté par le Conseil National qui en lui-même est une tendance plus ou moins organisée. Par contre, ces textes qui ne sont pas alternatifs, mais secondaires de fait, s’ils étaient considérés comme des enrichissements, et si un travail en profondeur de mise en cohérence était fait, alors cela tirerait tout vers le haut. Il ne s’agit pas de rechercher des compromis entre ces textes ce qui ne satisfait personne, mais de mettre en cohérence les idées, ce qui suppose de tirer vers un communisme innovant et donc d’en imaginer son futur. La question est dont : Quel communisme pour que çà change ? Pour que les idées individuelles ou collectives fassent leur chemin, elles ont besoin d’être reconnues et débattues pas seulement en période de Congrès mais en permanence. Une structure de mise en cohérence des idées est donc nécessaire. La période proche des Congrès devrait être consacrée à valider ce qui a été fait, et voir ce qui doit changer pour le plus d’efficacité possible. C’est le moment du changement des cadres dirigeants, et des responsables, et l’utilisation de la désignation par reconnaissance, permettrait de faire disparaître les combats stériles entre tendances qui affaiblissent la fraternité. En permanence les différents courants de pensée sont absolument nécessaires à la réflexion individuelle et collective. Ils permettent aux idées individuelles d’où qu’elles viennent de faire leur chemin, ils sont le moteur de toute évolution politique. Ils devraient être la source qui alimente la structure de la mise en cohérence des idées. Les tendances plus ou moins organisées dès lors qu’elles s’inscrivent dans une compétitivité du chiffre sur une personnalité réduisent l’émergence et l’efficacité des idées. La qualité du vote doit mesurer la qualité et l’efficacité des idées et la qualité et l’efficacité des personnes les plus aptes à les faire vivre.

Les idées sont toujours confrontées au hasard de l’actualité évènementielle, aux contradictions, et aux forces qui s’opposent. C’est vrai dans la société comme dans le Parti. Les compromis avec d’autres forces politiques ne sont que des frustrations, ils freinent toute innovation. Le dépassement du capitalisme demande d’aller bien au-delà de la recherche de la prise du pouvoir avec des forces politiques qui s’opposent et qui recherchent des compromis le temps de la conquête du pouvoir mais qui se déchirent ensuite. Le désir de la prise du pouvoir avec d’autres forces politiques a anesthésié tout au long du 20ème siècle la recherche déterminante et prioritaire du dépassement du capitalisme. C’est donc dans le communisme que se trouvent les solutions, dans la mouvance des idées, ce sont elles qui sont prioritaires, pas la prise du pouvoir. Nous avons oublié que c’est le peuple qui doit être le maître du jeu, pas les professionnels de la politique.

Le Parti Communiste n’appartient pas à la direction, il appartient aux militants. Mais si de la mouvance des idées n’émergent que de spécialistes, le militant de base ne peut naviguer que dans l’errance de ses propres idées et suivre celles que la direction déploie. De fait l’innovation politique, que peut produire le militant de base est sclérosée. Le militant a besoin de participer à l’innovation, il a besoin d’éveiller sa conscience par l’apport de dirigeants aguerris à la confrontation politique de l’ensemble de la société. Il a besoin de pouvoir reconnaître ceux qui représentent le mieux ses idées. Tous, dirigeants et militants, nous avons besoin d’alimenter nos connaissances, de nous nourrir des expériences des uns et des autres pour le dépassement du capitalisme. Nous avons besoin d’une structure permanente de mise en cohérence des idées venant du haut comme du bas, mais avec l’ambition de tout tirer vers le communisme. Les dirigeants ne sont pas des exécutants de ce que dit la base, ils sont une richesse intellectuelle pour elle. Nous sommes tous des faiseurs d’idées, et en reconnaissants celles des autres, nous nous enrichissons et nous agissons ou pas, en conséquence. La liberté d’action de chacun est totale, c’est chacun en son âme et conscience qui agit, sans être jugé par qui que ce soit. C’est la liberté de chacun de vouloir sortir du contexte capitaliste, mais le peut-il s’il ne voit pas quel contexte communiste peut l’y conduire ?

Introduction :

Le communisme c’est le mouvement réel qui dépasse/abolit le capitalisme. Sa relecture, sa revivification, sa reformulation, sa réactualisation, sa refondation en partant de son existant passe par l’épanouissement de chacun comme condition à l’épanouissement de tous. Il n’y a de pouvoir que le pouvoir du peuple. Oui mais, le peuple c’est le chacun d’entre nous, qui cherche dans la création et la construction du mieux vivre et du mieux être à se dépasser soi-même, source d’épanouissement. Le sens du bien commun, plus ou moins prégnant dans le chacun d’entre nous, tire le fil du communisme. Le sens du bien commun, c’est du communisme.

Les communistes ne prennent pas le pouvoir, ils veulent pouvoir faire. Ne plus être en quête de la prise du pouvoir mais être en quête de permettre à chacun d’être un maillon de la chaîne pour changer la société, passe par une évaluation critique de ce que nous avons fait jusqu’à présent. Cette critique est un tremplin pour tout dépasser, elle ne doit pas juger. Les communistes sont libres, ils agissent en fonction de leur connaissance, constamment en éveil et en constante évolution. Les communistes ne se battent pas contre les hommes mais contre un système. Ils ne jugent pas, ils agissent collectivement pour le bien de tous.

L’union doit s’agréger autour du sens du bien commun, elle se construira, sans savoir comment elle va s’agréger, c’est le peuple qui décide. Un moment donné elle sera reconnue en tant que telle, car nous aurons tissé la toile d’araignée du sens du bien commun en fils ténus. Dépasser le désir d’unité, c’est se positionner dans la construction de cette toile d’araignée. Chacun est une pierre angulaire dans le lien qu’il tisse avec les autres, pour emprisonner le capitalisme pour l’empêcher de nuire. Dépasser le désir d’unité en construisant l’union, au quotidien est l’élément déterminant qui dépasse le "diviser pour mieux régner" du capitalisme. Il n’est pas question ici d’union de partis politiques, de tendances ou de courants, mais bien d’union des individualités libres d’agir en leur âme et conscience, que compose le peuple. L’union des partis politique invite au suivisme mais n’implique pas les individualités que compose le peuple, elle ne produit que des désirs d’union, non pas sa construction.

Les erreurs ne sont que des tremplins pour engranger un avenir meilleur, par le dépassement de soi. La soif d’améliorer les relations humaines est une chance pour le communisme. Elle permet de faire évoluer les rapports sociaux que le système capitaliste détruit. Le rationnel sans relationnel freine l’évolution du mouvement réel, freine le communisme. L’évolution des relations humaines est une réalité, un tremplin pour actionner le mouvement réel. Le rationnel a un déterminant statique, il a besoin de mouvement, que le relationnel peut actionner.

Le communisme s’il s’appuie sur une démocratie digne de son nom, qui le met en action, en mouvement, va construire la socialisation de la société. Dépasser le désir de communisme, par sa concrétisation réelle dans sa construction, c’est être en recherche constante, du savoir de ce qui se passe, de le comprendre, pour créer, pour innover une politique communiste utile à tous. Tout doit être revu et corrigé notre langage, notre approche des problèmes, notre relationnel, notre pratique politique, si l’on veut que la politique communiste soit utile à la société. Il ne sert à rien d’être contre les idées des hommes, l’essentiel c’est qu’elles puissent évoluer. Mais pour nous comprendre il faut comprendre comment elles fonctionnent comment elles s’agrègent, dans la tête des uns et des autres, pour leur et notre propre évolution. Les addictes au fric n’en comprennent pas son utilité pour le bien de tous y compris pour eux-mêmes, ils ne sont pas que des égoïstes, ils sont des frustrés par la peur de manquer. Ils ont l’addiction d’en vouloir toujours plus. Nous n’avons pas à les juger, nous devons les empêcher de nuire. C’est l’évolution de la conscience humaine, par la mise en mouvement politique du mouvement social et du mouvement populaire, qui fera qu’on pourra passer du contexte capitaliste dans lequel nous baignons, à un contexte où la politique communiste socialisera la société.

Démocratie

La démocratie libérale

La démocratie dans laquelle nous vivons est libérale, elle favorise, elle entretient le capitalisme, elle est une passoire pour l’économie de marché. Elle est libérale parce qu’elle n’intervient ni dans le monde du travail, ni dans le monde de la finance. Elle laisse la liberté à quelques uns d’exploiter le plus grand nombre. Elle divise le travail du salarié, elle en fait un exécutant, pas un décideur de ce qu’il produit. En devenant sociale libérale, la démocratie ne réglerait rien sur le fond, elle laisserait les peuples esclaves du capitalisme. Le social libéralisme veut faire du social dans un contexte capitaliste. Il veut faire une redistribution plus juste dans un univers injuste. Il ne s’attaque pas aux racines du capitalisme qui provoque l’injustice. Pour que la démocratie devienne communiste, le citoyen, l’adhérent, le salarié, l’épargnant, l’actionnaire doivent pouvoir intervenir politiquement dans tous les actes de sa vie sociale. La démocratie doit s’inscrire dans le monde du travail et dans celui de la finance pour libérer tous les exploités.

La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, elle est donc le gouvernement de chacun, par chacun et pour chacun, qui se lient entre eux pour un objectif commun. La démocratie communiste sera en mesure de dépasser le capitalisme si nous voyons comment faire évoluer la démocratie dans laquelle nous vivons, comment la dépasser pour abolir le capitalisme. Il est donc nécessaire d’analyser les manques, les déviances de la démocratie libérale, et imaginer, créer et construire la Démocratie Communiste.

La démocratie citoyenne pilier de la démocratie libérale.

Aujourd’hui la démocratie citoyenne accompagnée de sa verrue, la démocratie participative, donne l’impression qu’elle est le summum de la démocratie. Elle régente l’ensemble des citoyens, mais son assise idéologique est libérale, elle est injuste, les abstentionnistes lui tournent le dos, pourtant en France, elle se prétend une des plus avancées au monde. Le bulletin de vote fait l’illusion, il ne permet pas au citoyen de s’approprier la politique. La professionnalisation et la personnalisation sont le pilier du : "prendre le pouvoir d’abord pour faire le bonheur des gens ensuite". Le bulletin de vote, tel qu’il est employé fait illusion dans cette démocratie là. Il ne permet pas au citoyen de construire son avenir, son bonheur. Ce dernier subit la pensée des professionnels de la politique, il ne la contrarie pas. Cette citoyenneté libérale favorise la bipolarisation auquel le capitalisme est attaché. Le combat entre libéralisme et social libéralisme est un combat dans un même contexte, le capitalisme. Ce combat est un rempart à l’évolution du bien commun pour tous et engranger par tous. Le capitalisme s’adapte et se meut à la dimension politique du moment. L’essentiel étant de rester dans le contexte idéologique de la pensée capitaliste. La démocratie actuelle, libérale, est sa caution morale, Le capitalisme peut continuer sous couvert de l’auréole de cette démocratie, de poursuivre ses basses œuvres en toute impunité. L’acteur politique apparaît déficient et pour cause le capitalisme est le maître du jeu. Le libéralisme dominant à droite, et le social libéralisme dominant à gauche clivent la société qui l’enferme dans le contexte capitaliste. La social-démocratie agissante se heurte à la radicalité gauchisante qui hurle, et qui empêche l’épanouissement politique de chacun. Il ne suffit pas de hurler, de s’indigner, de revendiquer pour obtenir. Revendiquer c’est reconnaître sa soumission au capitalisme. Sortir du revendicatif c’est s’obliger à se sentir libre, à se désengager de toute action politique qu’impose le capitalisme. Nous n’avons rien à quémander, nous avons tout à créer, à construire. Les communistes sont libres. Ils agissent en leur âme et conscience dans la construction de la socialisation de la société. Il y a besoin de faire évoluer la démocratie pour pouvoir construire une société au service de l’humain en dépassant l’indignation, l’exaspération et la colère.

La démocratie communiste

La démocratie communiste bien au-delà de la citoyenneté, ouvre la démocratie à l’entreprise qu’elle soit privée ou publique, elle démocratise la finance pour la rendre utile à l’économie réelle et à la vie sociale. La démocratie communiste c’est un citoyen, une voix, un adhérent une voix, mais en plus un salarié une voix, un actionnaire, un épargnant une voix. L’épargnant, l’actionnaire, sont une caution morale, pas le montant global des actions, pas l’épaisseur du portefeuille. Ceci est le "Prix" à payer pour supprimer les inégalités.

Aujourd’hui la démocratie associative est une démocratie communiste des plus avancées. L’association désigne ses dirigeants pour mener à bien le projet que les adhérents ont en commun. La guerre des clans, des Partis n’existe pas, les querelles internes sont minimisées, par le fait même que la priorité est de mener à bien un projet collectif décidé en commun. Ce qui pour l’heure est inconcevable dans la démocratie citoyenne. Pour autant la démocratie associative peut être améliorée en statuant une commission de transparence indépendante des instances de direction, agissant en amont des prises de décision. La commission de transparence assoie la confiance. Elle aide à la prise de décision. Les commissions de contrôle agissant après que les dégâts se soient produits, alimentent la défiance, les suspicions et n’empêchent en rien les malveillances et les malversations.

La désignation par reconnaissance pilier de la démocratie communiste

Les prémices de la démocratie communiste se trouvent au sein du Parti communiste. C’est la désignation par reconnaissance. Les communistes, les mieux en adéquation avec les idées collectives sont désignés pour assumer des missions qu’on leur confie. Ils ne se présentent pas, ils ne sont pas dans la guerre des chefs, ils ne sont pas dans le professionnalisme politique, ni dans la personnalisation, ils sont dans la captation de la connaissance du monde réel qui les entourent et qu’ils veulent faire évoluer, pour mieux assumer leurs responsabilités. Cette démocratie de désignation par reconnaissance peut évoluer et devenir un axe de réflexion pour l’ensemble de la société.

Evolution de la désignation par reconnaissance

La désignation par reconnaissance à bulletin secret est un préalable au vote de tout type de mandat électif. Elle permet de promouvoir les meilleurs d’entre nous, sans connivence, pour accomplir les missions qui leur seront proposées. Loin des velléités politiciennes individuelles ou collectives, la désignation par reconnaissance est le meilleur moyen de valoriser les idées innovantes venant du mouvement social, du peuple et de la mouvance politique communiste. L’avantage c’est que personne ne sait à l’avance celui ou celle et ceux qui vont être désignés. Si celui qui est en tête ne souhaite pas assumer la mission politique en jeu, elle est proposée au suivant de la liste. Ceux qui désignent se trouvent dans un espace commun ou chacun se connaît, dans un espace d’analyse et de réflexion collective sur un sujet à traiter, ils sont libres ou non de participer à la désignation. Sont-ils en mesure de désigner ou de ne pas pouvoir désigner ? C’est leur conscience qui les dicte. De fait chacun prend conscience de l’importance de sa propre recherche à prendre connaissance de qui est le plus efficace pour accomplir la meilleure politique. Le débat d’idées, la recherche de leurs mises en cohérence, l’action individuelle et collective en amont à toute désignation sont donc indissociables et indispensables à l’activation de la démocratie communiste. La visibilité collective de l’action politique que chacun produit, prend sa source là, où les différentes actions politiques sont menées. La politique à l’entreprise doit être visible à tous ceux qui produisent, et qui participent à la production, à tous les salariés. On ne connaît pas forcément personnellement celui que l’on désigne mais on connait ou on cherche à connaître son potentiel d’activité, tout en prenant en compte son potentiel d’évolution. Nous sommes tous en capacité d’évoluer.

La désignation par reconnaissance peut s’exercer à tous niveaux. Le bulletin secret de désignation préalable à toutes élections permet de ne pas rentrer dans les luttes intestines des clans et des tendances, ni de juger qui que ce soit. Les débats et les actions éclairent sur les meilleures idées à activer et la désignation par reconnaissance éclaire sur les meilleurs candidats susceptibles de les assumer. On peut avoir de bonnes idées et ne pas être en mesure de bien les mettre en œuvre.

Le bulletin secret pour la désignation permet l’intime conviction de chacun sans ne préjuger de rien. La prise de conscience de chacun, par la captation de l’évolution des connaissances, invite à l’action et est la garantie de la mise en mouvement des idées. Avant la désignation par reconnaissance d’un candidat à tout type d’élections, doit s’engager des débats pour tracer le meilleur profil et faire évoluer la prise de conscience sur le ou les sujets à traiter.

L’expérience acquise, au fil du temps peut reconduire indéfiniment la même personne, pour une même mission élective. S’il n’est pas reconduit cela ne lui porte pas atteinte, il a fait ce qu’il a pu, avec ceux qui l’ont accompagné dans sa mission. Il peut être, désigné à d’autres postes de responsabilité, mais le non cumul des mandats l’obligera à mener l’intégralité de la mission qu’il aura choisi. Dans ce cas, c’est le suivant sur la liste de désignation, à qui est proposée la mission laissée vacante. Pour autant celui qui n’est pas reconduit à un moment donné, peut même, à nouveau être redésigné dans ses anciennes fonctions. En effet la mouvance des idées novatrices mises à l’épreuve du temps, peuvent évoluer positivement ou négativement, elles peuvent faire émerger de nouvelles personnalités ou les rejeter. Cette mouvance des idées chacun doit en mesurer la perspicacité et désigner en conséquence celui qu’il reconnaît comme le plus apte à assumer la fonction, à un moment donné.

Une fois la désignation effectuée un vote global est organisé qui valide définitivement l’élu dans la mission qui lui est confiée. Le vote départage les candidats qui ont été désignés et qui ont décidé de participer à l’élection. Il peut y avoir un seul ou plusieurs candidats. S’il y a un seul candidat c’est le poids des votes qui déterminera son potentiel de soutien. Le bulletin de vote devient alors un engagement moral auprès du candidat. S’abstenir c’est ne pas le reconnaître. Cette notion est d’importance, car toute participation ou non au vote indique au candidat sur quelle force il peut s’appuyer. Une participation faible lui indique le potentiel de travail qu’il a à assumer, pour faire augmenter le degré de participation à sa politique. S’il y a plusieurs candidats, ceux qui obtiennent le pourcentage le plus élevé, dans le contexte de désignation, sont la garantie du mieux disant démocratique. Là encore le taux de participation joue pleinement son rôle. Les candidats s’ils augmentent leur pourcentage à chaque élection, c’est la confirmation de la reconnaissance de leur efficacité politique. Tout candidat est libre évidemment de ne pas vouloir reconduire son mandat.

Le vote, l’élection proprement dite, après la désignation par reconnaissance, ouvre l’espace de décision définitive, à tous ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu participer à la désignation à bulletin secret. L’espace peut être totalement ouvert par exemple à l’espace citoyen. Mais aussi en interne, par exemple, un militant de base n’est pas en mesure de désigner le futur secrétaire national, il ne connaît pas forcément les capacités, de tous ceux qui pourraient assumer ce poste, mais après débats, qu’il soit proposé un seul ou plusieurs candidats, son vote détermine le poids de la reconnaissance et de la confiance qu’il accorde au futur secrétaire national. Le vote en toute circonstance a sa raison d’être, il devient un poids conséquent pour mener à bien la mission politique à accomplir. Le bulletin blanc alors pourrait signifier qu’on est d’accord sur la politique à mener, mais qu’on ne reconnaît pas le candidat comme apte à mener cette mission. Un élu alors peut mesurer le degré de reconnaissance et de confiance, qui lui est accordé. Par le poids du vote, il peut ainsi déterminer de quelle manière il peut le mieux assumer ses responsabilités. Sans pouvoir mesurer et prendre en compte le poids de l’expression du peuple, un élu n’est plus un élu du peuple, il est un élu partisan d’un mouvement ou d’un parti politique que l’on retrouve actuellement dans la démocratie libérale. Inscrits, votants et abstentionnistes ont une signification réelle dont l’élu doit pouvoir tenir compte. L’élu est libre d’agir en pleine connaissance de l’ensemble des données du problème, mais il n’agit pas seul, le peuple l’accompagne ou pas.

Ce processus peut être proposé à l’ensemble de la société. Il peut améliorer la vie associative, il peut devenir une base sérieuse pour l’impulsion de la démocratie dans le monde du travail et dans le monde de la finance. Que ce soit dans un espace ouvert comme la citoyenneté ou dans un espace fermé, comme une association ou un Parti, une entreprise, une banque ou des institutions financières, cela permet à chaque citoyen à chaque adhérent, chaque salarié, chaque épargnant, chaque actionnaire de devenir acteur politique à part entière dans toutes les strates de la société où il agit.

Ce processus est un tremplin pour former une opinion publique éclairée non seulement pour le suffrage universel mais pour tout type d’élections. Dans la démocratie citoyenne, pour passer de la démocratie libérale à la démocratie communiste, chaque organisation politique est libre ou pas de procéder à la désignation par reconnaissance de leur candidat. C’est le peuple dans son action politique qui décidera s’il convient de développer la désignation par reconnaissance. La désignation par reconnaissance des candidats communistes balaie d’un revers de main, les notions de reconduction systématique, de parachutage, de professionnalisation, de personnalisation, ce sont les idées qui priment l’éthique et l’efficacité politique. La légitimité des candidats communistes est portée par la force collective de ceux qui les ont désignés, démultipliée par ceux qui les soutiennent et qui permet d’élargir la base électorale. Cette légitimité n’altère en rien la personnalité du candidat, il est totalement libre dans l’accomplissement de sa mission, il agit en son âme et conscience. Il sait ce qu’on attend de lui, il sait qu’il peut être éconduit, si durant son mandat, ses idées ne sont plus en adéquation avec ce qui est attendu, et comme tout à chacun ses idées évoluent. Et puis de nouvelles idées peuvent supplanter celles en cours. Mais il sait aussi que ceux qui agissent avec lui pour l’activation du mouvement réel, dépend des rapports de forces qui s’opposent. Cette force collective communiste ainsi constituée dépasse totalement le cadre de l’organisation politique actuelle, elle élargit le champ de tous les possibles. Chacun se construit politiquement au fil du temps, la connaissance et l’expérience dans les luttes politiques économiques et sociales rendent possible le dépassement du capitalisme.

Je veux juste insister sur le fait que la démocratie par tirage au sort, ne permet nullement la formation politique de l’opinion publique c'est-à-dire de chaque individualité, ni celle des acteurs politiques qu’ils soient communistes ou pas. Elle en serait même un frein. Le tirage au sort ne peut se faire que dans un cercle fermé et donc élitiste ou alors si le cercle est totalement ouvert on peut tomber sur le plus idiot dans cet espace ouvert. A sa naissance le futur roi n’était qu’un effet de tirage au sort sur la qualité de sa personne, on sait ce que cela donnait. Le cercle fermé du tirage au sort présuppose l’équivalence des connaissances et des valeurs humaines entre ceux qui seront tirés au sort, or c’est impossible un individu est unique, il est plus ou moins ceci ou cela il est un être humain avant tout. La démocratie par tirage au sort dans un espace fermé, pourrait convenir à ceux qui restant favorable à la prise du pouvoir par une élite politique qui se pense supérieure aux autres, parce que soi-disant mieux formée que le bas peuple, mais elle pourrait produire des effets dévastateurs.

Dans la mouvance communiste, la radicalité gauchisante pourrait s’en servir pour faire l’impasse sur les possibilités d’appropriation de la politique communiste par chaque communiste et chaque citoyen. Cette mouvance de radicalité gauchisante en interne existe, mais si elle sait voir qu’il y a d’autres options plus efficaces, sa radicalité s’émoussera. La radicalité gauchisante n’existe que par la colère que provoque le capitalisme, mais elle n’est pas la solution à son éradication. Elle est la conséquence du manque de l’évolution de la démocratie interne au sein du Parti. Mais elle est aussi la résultante d’une réactivité aux idées social-libérales qui traversent également le Parti. Mais la dominante n’est pas là, depuis 1981 le Parti Communiste n’a pas cédé à l’hégémonie et à la suprématie du Parti socialiste, mais il en a subi son influence. Ce manque d’élargissement démocratique de qualité au sein du Parti a freiné son potentiel à faire évoluer sa politique, en perdant bon nombre de ses militants et donc en se privant de leur intelligence. C’est aussi une des explications que je me fais de la désaffection des militants communistes qui ont déserté le Parti depuis des lustres. Ils n’y trouvaient plus la fraternité dans un espace politique insuffisamment ouvert, et insuffisamment innovant, absolument nécessaire à tout mouvement qui veut s’inscrire dans un réel, mais en mouvement. Ainsi de fait, se sentant insuffisamment utiles, ils ont quitté le Parti. Tout individu a besoin de produire de la créativité en politique comme dans la vie. Ainsi mêlée à la confusion social-libérale et corsetée par une radicalité de colère, la mouvance communiste c’est affaiblie par un manque évident d’une démocratie interne insuffisamment capable de produire de l’innovation communiste. Entre social-démocratie et radicalité gauchisante le Parti Communiste a oublié de revaloriser le communisme. Cette mise en discussion aujourd’hui pour le congrès, avec la relecture de Marx par beaucoup de chercheurs, peut nous indiquer un nouveau chemin à prendre. Faire de la politique en prenant en considération un communisme de notre temps. En dépassant les clivages politiciens, des Partis politique de gauche, chacun aujourd’hui peut s’interroger sur ce qu’il peut faire, là où il se trouve. La force communiste dans le pays existe, elle est simplement désorientée, elle n’a pas les outils démocratiques appropriés pour construire du communisme, du socialisme ni les armes démocratiques pour dépasser et abolir le capitalisme. Il y a plus de communistes à l’extérieur du Parti qu’à l’intérieur, cette force est aussi un atout qui est en veille. La lourde responsabilité, à mon avis, qui incombe au Parti communiste est de voir ce qu’il doit changer en son sein et dans son fonctionnement démocratique, pour ne pas favoriser l’émergence d’une radicalité élitiste ou d’un délitement dans la mouvance social-libérale. Ceci est possible, en se focalisant sur un communisme innovant. Cela implique aussi le dépassement de soi, ce qui est difficile quand on ne voit pas que c’est le respect de la liberté de soi et celui des autres qui en est le propulseur. En finir avec la commission des conflits, pour les dépasser c’est faire effort sur soi pour comprendre l’autre, c’est permettre l’émergence d’une commission de la mise en cohérence des idées qui tire tout vers le haut. Voir cela changera le relationnel entre tous.

La politique communiste, n’a pas à s’engouffrer dans la radicalité ni succomber aux charmes d’une social démocratie même en évolution ce n’est pas son cheminement. Elle doit être porteuse d’innovations politiques par elle-même sur tout et en tout. Le Parti Communiste a un passé glorieux, il a toujours cherché à être à la pointe de toute innovations, mais il s’est sclérosé en se figeant dans la réalité, oubliant que son essence c’est d’en propulser le mouvement. Il s’est sclérosé en cherchant à unir des forces aux idéaux contradictoires. Il peut en menant sa propre révolution démocratique interne, voir les mécanismes et les processus à opérer pour la société. Il doit être le propulseur de l’appropriation de la politique du peuple par le peuple et pour le peuple. Autrement dit et je le répète pour et par chaque individualité. Ainsi pratiquée la Démocratie Communiste naissante pourrait se nourrir de l’ensemble de la démocratie sociale (association travail) d’où ses acteurs en sont issus et en impulser son audace dans la société elle même. Si le Parti communiste se métamorphose dans une organisation politique qui permet au mouvement social de se nourrir de son apport politique cela peut transformer le paysage politique en France. L’objectif final étant l’amélioration et l’évolution de la condition humaine par l’apport de la force politique individuelle de chacun qui fait force collective. La structuration d’une organisation communiste dépassant l’aspect partisan, mettrait en avant un militantisme enrichissant et épanouissant où chacun peut s’y sentir libre et utile. Inclure dans nos statuts la Démocratie Communiste avec la désignation par reconnaissance serait un des axes fondateurs de ce renouveau communiste tant espéré. De plus statutairement, une structure de mise en cohérence des idées, inviterait le mouvement progressiste, le mouvement populaire, le mouvement social à venir puiser au sein du Parti Communiste des idées pour la socialisation de la société. Ainsi il se nourrirait lui-même des idées venant du peuple.

La conquête de la démocratie sociale à l’entreprise comme dans les institutions financières est l’affaire des salariés, des usagers bancaires. La démocratie sociale et la démocratie politique en se nourrissant l’une de l’autre donne un éclairage sur les reculs potentiels que pourrait subir le capitalisme. Ce dernier soutenu par les politiques libérales et social libérales en perdition en France comme en Europe pourrait vaciller grâce à un communisme en plein renouveau. Si une nouvelle forme de militantisme voit le jour pour faire émerger l’épanouissement humain en se désaliénant des dogmes du capitalisme à l’aide d’une démocratie qui ose dire son nom, le peuple ira de lui-même à la rencontre de ces nouveaux outils démocratiques pour prendre en main son avenir. Le communisme de notre temps, hautement démocratisé peut inviter chacun à s’approprier l’espace politique dans tous les lieux de décisions et de pouvoirs. L’évolution de la civilisation portée par un communisme hautement démocratisé et hautement démocratique peut être source d’espérance.

Nous avons donc à inclure dans la perspective du changement de la société notre propre potentiel interne de changement. Pour ce faire nous devons réévaluer un certains nombre de notions pour permettre un changement profond de la société. Si la démocratie en est l’élément moteur, nous devons voir qu’elle baigne dans un contexte libéral et nous pouvons innover si nous imaginons un contexte de socialisation de la société, un contexte communiste. Nous vivons dans le contexte capitaliste qui fige le communisme actuel dans une mécanique qu’il nous faut dépasser, pour qu’il s’épanouisse tout en épanouissant le chacun d’entre nous. En s’imaginant être dans un contexte communiste on peut voir que la signification des mots est différente de celle du contexte capitaliste. Revoir la signification profonde des mots dans ces deux contextes que tout oppose permet de mieux voir et mieux comprendre ce que nous devons changer pour tout changer.

Les mots prolétariat, lutte, rassemblement, revendication, etc prennent une toute autre signification dès lors qu’on se met en situation d’un communisme de l’épanouissement. Par exemple : Il ne sert à rien de lancer des appels au rassemblement, ici ce n’est que le désir de rassemblement qui parle, mais qui ne permet pas au rassemblement de s’agréger de se concrétiser, ce qui n’est pas la même chose. Nous devons passer du désir à la construction. Si l’ensemble, l’entité "Prolétariat" permet une perception commune sur la finalité de la socialisation de la société, cela fait rassemblement. Le rassemblement peut alors se créer se constituer dans une diversité totale de point de vue, parce qu’il a le même fil conducteur : socialiser la société. Mais le rassemblement ne peut se concrétiser, que si le prolétaire (l’exploité, celui qui produit, celui qui n’est pas libre de décider de ce qu’il fait, celui dont le travail est divisé) se reconnaît dans l’entité prolétariat. S’il est libre dans sa tête, s’il est conscient qu’il n’a pas à se soumettre aux aliénations que le capitalisme lui impose, et si son objectif est de s’épanouir dans la création et dans la construction de la socialisation de la société, par son travail, et par son analyse politique sur ce qu’il fait, sur ce qu’il produit, alors l’espace du prolétariat va bien au-delà de l’espace de la classe ouvrière. Le prolétaire n’a pas à revendiquer, n’a pas à se soumettre, il crée, il construit du communisme, du socialisme de son temps et à sa mesure. Ne prendre que cette simple phrase peut donner à réfléchir : Revendiquer s’est reconnaître sa soumission. Je ne revendique plus, je suis dans la création dans l’action collective pour me désaliéner du capitalisme. Le prolétaire veut produire un travail de qualité, un travail à la fois d’exécutant et de décideur. Etre libre, c’est permettre, à l’autre d’accéder à sa propre liberté, ne pas le soumettre, ne pas l’aliéner, ne pas l’inviter au suivisme, mais lui donner toutes les possibilités d’en sortir par la captation de la dimension politique en toute chose, par la création et la construction de la socialisation de la société. « Prolétaire de tous les pays unissez-vous » prends ici tout son sens. Ce n’est pas une unité où tout le monde fait la même chose, mais une unité dont la finalité est d’en finir avec l’aliénation capitaliste. Ainsi cadres dirigeants et salariés exécutants font partie de la même entité "prolétariat", dès lors qu’ils ne veulent plus se soumettre aux dictas que le capitalisme impose. C’est cela qui fait rassemblement.

L’épanouissement de soi, passe par le respect d’abord de soi, en ne se soumettant plus aux injonctions des autres et surtout pas celles de l’idéal capitaliste. Il passe aussi par la captation des connaissances qui évoluent sans cesse. Evidemment cela donne un communisme qui épanouit et permet de sortir d’un communisme mécanique où le suivisme ne peut être que dévastateur. Comprendre nos faiblesses, nos différences, sortir des égoïsmes, des jalousies des disciplines, des sanctions, des stigmatisations, mais prendre ce que l’on nous donne, ce qu’on nous apporte, pour notre propre évolution, pour notre propre épanouissement, c’est voir au combien il est nécessaire de faire évoluer la qualité de nos relations humaines. C’est l’humain d’abord qui doit s’exprimer. Mais tout ceci est déjà en route dans la société, mais reste absent dans la dimension politique et c’est là, où tout doit s’activer. Il nous faut bannir tout esprit de compétitivité d’accumulation du fric qui écrase l’humain mais inviter à une compétitivité de qualité de vie, pour le bien être de tous. C’est une autre civilisation qui est déjà en marche qui peut s’activer si la dimension politique en est aussi porteuse. Veiller à l’épanouissement des autres, oblige à voir ce qui leur manque, ce qu’on peut leur apporter, pour et faire ensemble. Les luttes qui créent, qui construisent font avancer l’ensemble de la société, les luttes revendicatrices ne doivent plus s’enfermer dans le carcan de la soumission. Le prolétaire c’est celui qui produit des biens et des services et qui se donne les moyens de les maîtriser totalement économiquement et politiquement tout au long de leurs parcours. Le prolétaire est libre, il ne se soumet pas, il se désaliène de tout, il ne quémande pas, il fait.

Les luttes pour promouvoir une Europe au service des peuples dépasse la lutte revendicatrice d’un référendum. Sans un autre traité européen à dimension sociale, le vote citoyen en est réduit à une réponse binaire sur l’austérité. Ce vote ne permettrait pas de dire ceux dont les citoyens aspirent. La construction d’une Europe sociale, d’une Europe où l’homme est l’axe central, demande une mise en cohérence des diverses demandes du mouvement social européen et des propositions des différents mouvements politiques progressistes. Mais elle passe aussi par l’émergence et l’évolution dans les Etats de leur potentiel de socialisation. Nous le savons, il existe partout, un embryon de socialisation qui ne demande qu’à être développé. Un référendum sur le traité existant, sans un autre traité à dimension sociale ne permet pas d’avoir un débat de fond sur ce que nous voulons à la place de l’austérité. Bien sûr la revendication pour un référendum tient en haleine le mouvement social pour pouvoir dire ce qu’il ne veut plus : l’austérité, mais reste totalement insuffisant pour changer la société. Même si le Non l’emportait, il inviterait à une autre négociation, mais qui resterait dans un contexte libéral et social-libéral ou le capitalisme serait plus ou moins égratigné, mais ne serait pas attaqué à sa racine. Bien sûr la lutte pour le référendum tient en haleine les luttes revendicatrices, mais il freine une autre conception des luttes. Le changement d’orientation des luttes passant de la revendication référendaire, à la lutte pour la construction d’une autre politique demande une toute autre implication de chacun. Un traité social européen correctement constitué par les forces politiques et sociales exigerait un vote de toute l’Europe. La lutte pour que se construise ce traité social européen passe par la lutte de la construction dans toute l’Europe de la socialisation de tous les Etats. Rien n’est impossible, dès lors qu’elle commence dans un seul Etat.

Si l’on sait voir les imbrications qu’il y a entre la spirale où le fil conducteur du capitalisme et celle du fil conducteur du communisme, on se rend compte que ces deux spirales, ces deux référents, agissent dans un imbroglio total mais où l’une et l’autre tirent sans cesse, dans des sens, des orientations totalement opposées. Se priver de parler du référent communiste, freine la prise de conscience. Voir cela ouvre sur une autre façon de faire de la politique, qui tire vers toujours plus de bon sens du bien commun. Sans expliciter notre politique, sans lui donner le sens profond de notre orientation, de la direction vers où nous voulons aller, on rend incompréhensible l’imbroglio dans lequel le langage des capitalistes s’infiltre et qui eux n’hésitent pas, à emprunter au communisme son langage, pour tromper l’opinion publique. Dernier exemple, l’argent qui se meut dans les institutions financières est qualifié maintenant et c’est nouveau d’épargne. Ben voyons !

Osons parler du Communisme et tout changera.

 

Passer de l’économie de marché à l’économie de l’échange

Démocratiser la finance pour la rendre utile, c’est changer de système économique en toute légalité et en toute sérénité. La démocratisation de la finance c’est rendre serein ce processus par l’intrusion de commissions de transparence qui assoient durablement la confiance. Le danger c’est de s’en prendre brutalement au capitalisme et aux idéaux capitalistes. Le danger c’est que chacun ne comprenne pas comment fonctionne le capitalisme pour le désamorcer. Le danger c’est la suppression violente de la propriété et des biens par leur réquisition. Le danger c’est la guerre entre ceux qui possèdent et les exploités. Le danger c’est de passer de la colère à la guerre.

Sans perspectives économiques à large spectre, le mouvement populaire ne peut pas s’arrimer dans une démarche d’ensemble pacifique. Cette perspective s’inscrit sur le long terme et vise à changer les rapports économiques partout où c’est possible et chaque fois qu’il est possible au mouvement populaire, au mouvement social d’intervenir. Aujourd’hui la valeur de l’Euro basée sur la "confiance" autrement dit sur du vent plombe le système économique européen et mondial. Sans une valeur réelle d’une monnaie basée sur un étalon reconnu par l’ensemble des peuples, le capitalisme provoquera toujours des déséquilibres, des crises à répétitions et des désastres écologiques et sociaux. La gestion totalement anarchique de la finance vient du fait que la vraie valeur des marchandises des produits et des services est niée. La croissance économie est une fausse croissance. de produire de l’activité productive et sociale nécessaire à tous. L’immense masse des capitaux qui s’accumulent dans un magma dictatorial freine toute la croissance économique. On ne relancera pas la croissance sans desserrer l’étau de la camisole de force dans lequel s’accumulent les immenses capitaux dans les institutions financières, dans les paradis fiscaux, dans de biens immobiliers et territoriaux et dans le luxe. Tout cet argent est confisqué à l’économie réelle et au détriment du développement qualitatif de la production et de l’emploi. Le problème ce n’est pas la crise, c’est le capitalisme. C’est lui qui provoque la crise de la productivité, la crise sociale, la crise économique et endette les Etats. Le problème ce n’est pas la dette c’est le capitalisme qui l’a fait exploser, c’est le capitalisme qu’il faut enrayer.

La valeur de la productivité et la valeur de l’activité sociale

La valeur de l’activité sociale produite par les bénévoles ajoutée à la valeur de la productivité des prolétaires donnent la vraie valeur à une monnaie d’échanges et permet d’établir une vraie connaissance de la croissance d’un pays. Mais pour l’heure les échanges sociaux produits par le monde associatif font partie de la croissance de la société, mais ne sont pas reconnus et intégrés à la valeur de la productivité des prolétaires. La croissance sociale n’est pas comptabilisée dans la croissance de la production capitaliste. L’activité associative bénévole doit être reconnue comme une vraie valeur d’échange. Elle pourrait être déclarée dans un organisme institutionnel. Chaque association en déclarant nominativement le temps que passent les bénévoles dans les associations permettrait d’évaluer la valeur de l’ensemble de l’activité sociale et productive d’un pays et de sa croissance. En libérant le travail productif des contraintes du capitalisme et en reconnaissant l’activité associative comme une vraie valeur de croissance et d’échange, la vraie monnaie basée sur cet étalon monétaire pourrait être nommé : "Travail non divisé" il pourrait se substituer à l’étalon "Confiance". Il pourrait devenir l’étalon monétaire européen d’abord puis mondial. La reconnaissance du Travail comme valeur n’a de sens que s’il n’est plus sous la contrainte de l’exploitation capitaliste. Il doit donc être démocratisé, il doit donc être reconnu dans son intégralité par celui qui le produit. Le travail ne doit plus être divisé entre décideurs et exécuteurs. Le travail est décidé et exécuté c’est un tout. Cet étalon deviendrait l’adéquation entre les besoins à satisfaire, et le travail productif et le travail social, et en tenant compte de l’ensemble des ressources de la planète. Le passage de la transformation de la valeur de l’étalon "confiance" en valeur de l’étalon "Travail non divisé" est une vision à très long terme évidemment, mais il donne à voir qu’un autre système économique est possible et permet au mouvement populaire et au mouvement social d’agir dans cette direction.

La croissance capitaliste actuelle, adossée aux politiques libérales et social-libérales, est en décroissance. Faire tourner la planche à billets dans une économie capitaliste est nécessaire pour alimenter l’économie réelle, mais elle ne règle pas le problème de l’accumulation des capitaux. Elle crée de l’inflation mais pas une vraie croissance. La croissance capitaliste est à bout de souffle, elle détruit la croissance sociale et elle fait régresser les besoins à satisfaire. C’est un facteur aggravant de la misère. Ce système économique asphyxie l’économie réelle et sclérose l’économie sociale qui pâtit de la dégradation des rapports sociaux que le capitalisme détruit. Faire pénétrer la démocratie dans le monde du travail et dans le monde de la finance c’est empêcher l’accumulation des capitaux d‘aller se vautrer dans la spéculation, dans l’évasion fiscale, dans le luxe, dans la propriété de rapport et dans l’achat de territoires entiers qui devient une nouvelle forme de colonisation ou le communautarisme capitalistique insidieusement se met en place. Des territoires entiers sont achetés par des capitalistes qui ne respectent plus les lois des Etats. La démocratisation de la finance, c’est la rendre utile à la satisfaction des besoins humains. En transformant la finance spéculative en épargne utile pour l’économie réelle, c’est l’amorce d’une prévision d’une croissance ascendante, une croissance communiste. Le mouvement populaire et le mouvement social, en se saisissant de tout cela et avec l’arme d’une démocratique de qualité, engageront le processus du dépassement de l’économie de marché vers une économie d’échange équitable et socialisé.

L’évasion sauvage des capitaux, leur gestion déshumanisée par des logarithmes à la nanoseconde, la valeur faussée de la monnaie ne prenant pas en compte la vraie valeur du travail, sont la source des déréglementations écologiques planétaires et de l’expansion de la pauvreté dans le monde. Ceux qui alimentent la droitisation de la société se gavent d’illusions sur leur vision de l’argent facteur de croissance. Ce sont des hommes et des femmes à l’idéologie capitaliste qui pensent que la compétitivité de l’économie de marché est la seule qui fait évoluer la société. Ils peuvent être humanistes, mais ils ne comprennent pas le mécanisme destructeur du capitalisme. Depuis les années 70 la croissance ralentit mais ils n’en tirent aucune conclusion. Nul besoin d’attendre la transformation de l’Euro passant de l’étalon "Confiance" à l’étalon "Travail non divisé" pour construire de la croissance sociale, et de la croissance productive pour le bien de tous. Si la Démocratie Communiste venait mettre son grain de sable dans tous les rouages du capitalisme alors l’activité sociale et productive se démultiplierait pour satisfaire les besoins de tous. Cependant un certains nombre de rouages actuels sont aussi à reconsidérer.

L’argent public

Des pôles publics financiers dirigés par des libéraux ou des sociaux-libéraux actionneront toujours les vieux réflexes capitalistes. Le sens profond et la direction à prendre pour une autre politique économique est donc à prendre en considération pour contrer les velléités libérales. Protéger l’argent des Français, en débloquant totalement le plafond des dépôts de l’épargne comme le fait la Suisse, aide à engager un processus pour une autre économie, une économie de l’épargne mais démocratisée. C’est la démocratie revue et corrigée qui permettra au mouvement populaire d’en actionner la démarche. De simples propositions comme celle-ci, popularisées efficacement, peuvent être prises rapidement en compte, par les pouvoirs publics, si le peuple en voit et en sent l’utilité et oblige les politiques d’intervenir dans ce sens.

Evasion fiscale

Pour empêcher que soit alimentés les Paradis Fiscaux c’est le prélèvement de l’imposition à la source de tout ce qui n’est pas facilement identifiable comme les bulletins de salaire et les pensions de retraite. C’est donc à la source dans les l’entreprise validé par les commissions de transparence économique que l’impôt peut et doit être prélevé. Ces commissions doivent être indépendantes de la direction et sous le regard des salariés, des élus locaux pour l’imposition locale et des services fiscaux. Le prélèvement de l’impôt à la source s’appuie sur la démocratisation de l’entreprise, ainsi l’accumulation des capitaux, source de spéculation finira par se tarir. La commission de transparence financière assoit une confiance sereine à l’entreprise. Elle est source du non gâchis financier. Cette vision va inviter les salariés à s’investir, dans la politique de l’entreprise. Comprendre tous les rouages, c’est l’émergence de la démocratie à l’intérieur de l’entreprise qui le permettra. Progressivement, les salariés se libèrent ainsi, des dominations et des dictas de la finance.

Passer de l’économie capitaliste à l’économie communiste

De multiples possibilités s’appuyant toutes sur la démocratisation de la finance accompagnées de procédures basées sur une confiance assise sur la transparence, changeront progressivement le système économique mais, s’il y a une redistribution non pas juste, mais équitable. En attendant et progressivement tout peut évoluer, si nous avons une vision d’une autre possibilité de la redistribution de l’argent. La redistribution des masses monétaires au plus grand nombre, est la seule issue pour éradiquer la crise financière. Il ne s’agit pas d’une redistribution juste dans un contexte capitaliste injuste, mais d’une redistribution équitable dans un contexte à vision sociale. Et donc il ne suffit pas seulement de redistribuer, mais d’empêcher simultanément au capital de s’accumuler sinon, la spéculation continuera et fera bouillir la marmite de la crise où l’inflation y nage comme un poisson dans l’eau. Le coût de l’argent ne cesse de vouloir augmenter, c’est l’alpha et l’oméga du système capitaliste. Faire du fric avec du fric. C’est le meilleur moyen de dévaloriser la valeur Travail. Le système capitaliste est toujours en manque de capitaux, le marché de l’argent est en inflation constante. S’il est en crise, c’est qu’il ne peut plus s’en gaver comme il le souhaite, il manque de liquidité. Sa spirale ne tourne pas assez vite. Actuellement dans le marché de l’économie réelle, la tendance est à la déflation. Par manque de liquidité la demande ne peut pas être satisfaite, alors que l’offre de l’économie réelle voudrait produire plus, mais elle ne peut plus vendre. Les gâchis humains et productifs font florès. Les prix augmentent mais dans un contexte déflationniste alors que la redistribution de l’argent ne se fait pas. Ce qui donne l’impression qu’on ne sent plus la réelle valeur des choses, on ne sait plus à quoi l’argent correspond. L’impératif c’est donc de remettre entre les mains de tous, suffisamment de liquidités pour pouvoir échanger et permettre ainsi le développement de toutes les activités nécessaires à la relance pour et par la satisfaction des besoins. Il manque des liquidités dans l’économie réelle, parce que la valeur travail a perdu de sa valeur. Les mille milliards d’Euros qui n’ont pas été redistribués dans l’économie réelle ont produit et produiront de l’inflation et de la surchauffe financière là où les capitaux croupissent dans le marché de l’argent. On aura beau mettre des garde-fous, tant qu’on ne s’attaquera pas à l’accumulation des capitaux, par tous les bouts, le système capitaliste provoquera la colère sociale. La justice sociale, la justice économique que cherche à mettre en place le gouvernement de la France pour adoucir les souffrances est louable, mais ne règle rien sur le fond. Cette politique ne peut pas relancer la spirale de la croissance de l’économique réelle et en conséquence celle de la croissance sociale. Elle donne l’illusion qu’il va y avoir quelques douceurs pour les plus démunis, c’est faux. Cette politique n’empêchera pas l’inflation et l’accumulation des capitaux de s’accélérer.

La politique communiste actuelle doit non pas se mettre en colère contre ce gouvernement, mais doit apporter les réponses politiques, des réponses économiques pour s’attaquer aux racines de l’accumulation des capitaux. La politique sociale du gouvernement est un emplâtre sur une jambe de bois. Pour autant la volonté du tout faire pour satisfaire les besoins humains est là, mais la politique menée par ce gouvernement est totalement impuissante. Elle n’a pas les leviers politiques et démocratiques pour assouvir la demande sociale. La politique communiste doit s’appuyer sur cette volonté là, mais impulser une autre orientation et une autre conception de la politique et de l’économie utile à tous. Ensemble nous devons, nous pouvons nous attaquer aux racines du capitalisme, à l’accumulation et la spéculation des capitaux. Il est donc nécessaire de faire tourner la planche à billets, mais pour l’insuffler réellement dans l’économie réelle il faut en démocratiser l’accès. Plus la monnaie sera distribuée au plus grand nombre, plus les échanges se multiplieront et plus l’économie réelle redémarrera et moins l’inflation aura de prise. Dans une économie qui devient de plus en plus communiste si l’inflation s’accélère c’est que la redistribution des richesses se concentre au profit de quelques uns. C’est que la redistribution n’est pas bonne, c’est une alerte pour mieux répartir la richesse créée. La croissance communiste (croissance sociale et croissance productive mêlées) sera l’indicateur toujours en positif, si la politique communiste impulse constamment, de mieux en mieux et de plus en plus, la redistribution de la monnaie pour la satisfaction des besoins humains, s’il impulse la spirale où le fil conducteur du communisme tire tout vers le haut, vers la satisfaction des besoins de tous. Ceci n’est possible que si le peuple c'est-à-dire chacun et chacune soient au fait du mécanisme des deux spirales économiques, que tout oppose, pour agir partout où il est possible d’empêcher l’accumulation des capitaux et de rendre l’argent utile à tous. La volonté des communistes à éradiquer la crise, à utiliser l’argent dans un contexte communiste pour la socialisation des besoins à satisfaire, doit pouvoir rencontrer la volonté de justice sociale qu’exprime le gouvernement actuel, et c’est possible si le peuple peut s’en mêler. D’où une implication et une vision nouvelle de la démocratie. L’accumulation des capitaux se fait partout, la socialisation de la finance ne peut se faire que si le peuple le veut.

L’euro ne doit pas disparaître, c’est sa valeur qui doit évoluer

La transformation de la valeur de l’Euro passant de l’étalon "Confiance" à étalon "Travail non divisé" peut se produire dès lors que l’arrêt de la marchandisation de la monnaie devient indispensable aux yeux des peuples. Le "Travail non divisé" est le travail ou chaque producteur, chaque prolétaire, est libre d’intervenir dans les décisions et l’exécution de son travail et du travail collectif. Il a le choix de laisser filer la spéculation, et de s’inscrire dans une compétition du chiffre ou de prendre en compte l’utilité de ce qu’il produit, dans un environnement écologiquement sein, et donc d’intervenir sur les décisions politiques et économiques à prendre. Dans une économie communiste la protection de la finance de toute manipulation spéculative et inflationniste passe par une logique d’épargne où le taux de rentabilité évite la tendance à la spéculation. En France l’épargne est une vraie culture économique, mais orchestrée dans un contexte capitaliste, elle ne produit pas toute son efficacité. Les capitaux qui ne veulent plus tomber dans l’escarcelle de la spéculation à haut risque, viendront alimenter les banques d’épargne non spéculative. A nous communistes de valoriser l’épargne et d’en montrer son efficacité dans un contexte communiste.

L’économie d’échange équitable part du marché local, lieux où se créent les prix de départ. Il est nécessaire de voir comment les prix se forment, évoluent et deviennent spéculatifs. C’est au moment de l’échange, si les prix flambent, que se forme la dégradation de la valeur réelle de la marchandise. Quand les marchandises font le tour de la planète et qu’elles sont achetées moins chères que celles qui ont le même usage et qui sont fabriquées et produites sur place, c’est non seulement un gâchis écologique mais c’est la dévalorisation de la valeur travail du producteur, du prolétaire et cela crée de la décroissance sociale car la demande des besoins à satisfaire régresse par manque de liquidité qui elle est captée par le système capitaliste. Le temps socialement nécessaire à la production d’une marchandise est dévalué, quand le moyen d’échange qu’est l’argent, change de nature et qu’il est actionné par les trafiquants qui ne cherchent qu’à spéculer. Ils accumulent des capitaux, parce qu’ils ne respectent pas le travail que les autres exécutent y compris le leur. Ils ne cherchent pas à rajouter simplement à la valeur de la marchandise la valeur de leur travail, ils en veulent toujours plus oubliant la vraie valeur de la marchandise et la vraie valeur de leur travail. La basse classe des capitalistes participe à la spirale exponentielle du capitalisme. Ceux qui agissent ainsi, transforment ainsi la valeur d’usage de la marchandise en produit d’une consommation aliénante. La marchandise utile est transformée en produit pour clients consommables taillables et aliénés. La non transparence de la valeur réelle du travail des intermédiaires provoque l’accumulation des capitaux. On transforme l’usager, en client pour le bien du capitalisme mondialisé. Plus il y a processus de consommation outrancière et inutile, plus la spirale du capitalisme se gonfle et plus il y a de gâchis. Quand on achète directement au producteur local, la valeur de la marchandise devrait être la moins chère, puisque il n’y a pas d’intermédiaires. Ces derniers devraient rajouter au prix de la marchandise, le montant réel du prix socialement nécessaire à leur travail ni plus ni moins. Les intermédiaires ne devraient être que des prolétaires de services, et non des agents qui actionnent les mécanismes de l’accumulation du capital et donc provoque de la spéculation. La définition de l’usage d’un bien prend ici tout son sens. Veux-t-on échanger ou veux-t-on accumuler du fric ? C’est l’échange direct entre l’usager et le producteur qui dégrade le moins l’environnement, fait le moins de gâchis et où le prix d’une marchandise est au plus près de la valeur socialement nécessaire à sa production. Mais la valeur sociale d’une production est aussi la valeur des besoins à satisfaire. L’équilibre doit se faire entre la valeur socialement nécessaire à la production d’une marchandise et valeur des besoins à satisfaire, c’est cela qui doit déterminer le prix de chaque marchandise de chaque service. C’est dans ce mécanisme là, que se trouve le mécanisme du marché équitable. L’échange direct donne tout son sens à l’usage. L’usager se transforme en client consommateur quand il n’a plus la maîtrise de la valeur des échanges. Dans l’échange direct le producteur n’a pas intérêt à fabriquer, à produire plus qu’il ne peut vendre. Cet échange en direct est la garantie de la vraie valeur d’usage. Sa marge de manœuvre se fait sur la qualité du produit et sur ses propres besoins à satisfaire. Dans l’échange direct le producteur n’est pas plus aliéné que l’usager. Ce sont les intermédiaires qui aliènent les producteurs et les usagers, en incitant à plus de production pour plus de profit, mais n’ayant aucune garantie de vendre toute la marchandise par manque de liquidité qui provoque les gâchis. Ce n’est pas leur préoccupation première. Dans un contexte communiste, il est bon de protéger les échanges en direct mais il est nécessaire de maîtriser l’évaluation du prix du travail des intermédiaires pour qu’ils n’aliènent ni le producteur ni l’usager. On le voit ici on a du mal à parler d’usager, le mot consommateur vient à l’esprit, C’est bien, qu’il y a là, un travail politique et économique à mener pour que producteur et usager, conservent leur liberté d’action et ne subissent plus l’aliénation de la sacro-sainte loi de la concurrence du marché capitaliste actionné par les intermédiaires dans tous les lieux du commerce qui engrangent tous les stratagèmes pour obtenir le plus possible de profits. Le véritable commerçant c’est celui qui apporte une plus-value de son propre travail par sa recherche de la qualité des produits et leur mise en adéquation avec la demande des usagers. Il peut avoir une partie de son salaire en pourcentage dès lors qu’il le base sur la valeur de sa qualité de prestataires, mettant en adéquation le prix de la marchandise du producteur avec le potentiel d’achat de l’acheteur. Le commerce est aussi une valorisation de la marchandise. Il est nocif s’il rentre dans le cycle de la spéculation, dès lors qu’il propose des prix qui ne correspondent plus à la valeur du potentiel de la satisfaction des besoins.

L’intermédiaire est à la fois producteur de services et accélérateur de l’accumulation du capital. Producteurs et usagers ont un intérêt commun faire disparaître les mécanismes accélérateurs de l’accumulation du capital que provoque l’intermédiaire capitaliste. Celui qui cherche à faire consommer plus et non celui qui cherche à satisfaire les besoins de la demande des usagers est un capitaliste en puissance. Le capitaliste protège la notion de concurrence comme la prunelle de ses yeux, parce qu’elle lui permet d’activer l’accumulation du capital en dévalorisant le travail du producteur et en aliénant l’usager par de la publicité outrancière par exemple, lui vantant un produit dont il n’a pas besoin. C’est à partir de la vision de ce mécanisme là, que tout prolétaire s’il se retrouve dans un contexte de producteur ou d’usager, doit conserver la maîtrise des prix, et des coûts. Il doit en particulier maîtriser le coût réel du travail socialement nécessaire produit par l’intermédiaire et pas plus. Le prolétaire (producteur, usager, ou intermédiaire producteur) tire vers le communisme pour le bien commun dès lors que le travail non divisé à une valeur qui permet de vivre et de faire vivre tout le monde décemment. Peu importe la masse des liquidités en circulation, ce qui importe c’est la reconnaissance de la valeur du travail non divisé celle de l’activité sociale et la reconnaissance du potentiel de la valeur des besoins à satisfaire permettant des échanges équilibrés. La lutte essentielle à mener c’est d’empêcher toutes les sources d’accumulation du capital de se produire, au fond là, où les prix sont plus élevés que la valeur réelle du travail effectué en équilibre avec la valeur de son usage. Ainsi la valeur de la monnaie rendra utile les échanges équitables. Encore faut-il voir que s’il y a augmentation d’activité productive et d’activité sociale la masse monétaire doit augmenter en conséquence et être mise en circulation équitablement. Ce n’est plus la banque qui crée de la monnaie c’est le travail et l’activité sociale libres de toutes contraintes capitalistes. Le prolétaire s’épanouira s’il se désaliène des mécanismes et des logiques du capitalisme que l’intermédiaire producteur de profit et d’accumulation de capitaux actionne. Le problème ce ne sont pas les riches, ce sont tous les processus qui les rendent riches que nous devons assécher.

Un prolétaire n’est pas seulement un producteur, il est aussi un usager qui doit conserver la maîtrise des prix pour ses besoins à satisfaire. Il doit se donner les moyens démocratiques pour que les intermédiaires se situant dans le contexte de production de capitaux spéculatifs, soit maîtrisés, pour ne pas que le capitalisme, ainsi actionner, transforme l’usager en client consommable et taillable à merci. Le client est Roi dit le capitaliste et le prolétaire de rajouter le Roi des imbéciles. Ce n’est pas un hasard si je parle de Révolution Informationnelle car elle est un accélérateur pour l’accumulation du capital, elle n’est pas la Révolution de son dépassement. L’outil adapté pour le dépassement du capitalisme c’est la Révolution de la démocratie qui peut l’impulser dans un contexte qui tire tout vers le communisme. Passer de la Démocratie Libérale à la Démocratie Communiste est un temps révolutionnaire.

Les prolétaires de l’information n’échappent pas au besoin de libérer leur travail, mais comment ? Si les prolétaires de l’information perçoivent les contradictions du capitalisme, qui pour vendre ont besoin d’une information contradictoire, ils peuvent se contenter de jouer sur ses contradictions. Ils peuvent se sentir libre de dénoncer tous les rouages du capitalisme, sans pour autant pouvoir s’en libérer eux-mêmes. Les journalistes sont libres de faire des reportages pointus sur la nocivité des paradis fiscaux mais pour autant ils sont dans l’impossibilité, dans l’incapacité de faire des reportages sur leur disparition et sur le comment les rendre obsolètes pour en finir avec l’accumulation des capitaux. Il ne s’agit pas de rendre le journaliste militant mais de lui permettre d’agir avec sa conscience. Le monde de l’information doit jouer son rôle. On le sait l’accumulation des capitaux se reconstituera sans cesse tant que la conscience humaine sera dans l’impossibilité de l’empêcher. Ce ne sont pas les mesurettes gouvernementales, européennes où mondiales, de taxation du capital qui seront suffisantes pour empêcher leurs reconstitutions. Mais c’est quand l’ensemble des prolétaires y compris ceux de l’information prendront progressivement conscience de leurs nouvelles responsabilités, qu’apparaitront les véritables mécanismes qui permettent de porter atteinte au capitalisme en profondeur. Prolétaires journalistes et prolétaire pigistes ont des raisons objectives de s’allier pour arrêter le bras des massacreurs. Leur solidarité professionnelle peut les conduire à dépasser ce qui les divisent, à être solidaire des plus bas revenus, mais aussi à prendre conscience du comment l’exploitation s’engrange à tous les niveaux pour asseoir leur solidarité commune. Les prolétaires de l’information sont des acteurs politiques au même titre que tous les autres, ni plus ni moins, mais c’est par "l’ensemble prolétariat" si les uns et les autres s’y reconnaissent que le monde capitaliste vacillera, si chacun prend conscience du rôle individuel qu’il a à jouer et du comment il peut participer à assécher l’accumulation des capitaux et empêcher qu’ils aillent se vautrer dans les paradis fiscaux. La redistribution équitable des richesses créées, absorbées par les salaires et par les besoins sociaux, est un des moyens d’empêcher les capitaux de s’accumuler, l’autre moyen c’est la reconnaissance de la valeur du travail dans toute son intégralité qui doit être perçue comme un bien commun et où la satisfaction des besoins est répertoriée et évaluée en fonction de la valeur travail. Dans cette construction dans cette nouvelle forme de lutte, il n’y a pas de ligne de conduite à suivre, seule la conscience et la captation de la connaissance politique que chacun acquière librement, dicte l’action. Alors des reportages sur le comment empêcher l’accumulation et la spéculation de s’accentuer, pourraient aider les plus démunis politiquement à avoir envie de se politiser. Sans un prolétariat conscient de la force de sa diversité, l’évaporation de la valeur du travail humain, ira se perdre dans les bas fonds des lessiveuses de la finance.

Les luttes pour une reconnaissance d’un travail correctement rémunéré et correctement décidé et exécuté invite à la prise de conscience de chacun et à l’épanouissement de soi. Les prolétaires des plate-formes téléphoniques, autres lieux de la révolution informationnelle pourraient conquérir la liberté d’un travail bien fait, utile et valorisant. Ils pourraient choisir d’apporter des informations utiles aux usagers qui en sont demandeurs. Les plateformes téléphoniques auraient alors un caractère d’utilité publique elles ne serviraient plus de bourrage de crâne par l’outrancière démarche publicitaire, qui ne cherche qu’une chose vendre tout et n’importe quoi et à n’importe qui. Ces prolétaires seront demandeurs de produire de la distribution d’information utile à tous, s’ils comprennent que ce qu’on leur demande aujourd’hui est un puissant moteur, pour l’accélération d’une consommation inutile et d’une qualité douteuse. Tout ce gâchis se faisant au détriment d’une perte de temps nécessaire à la prise de connaissance d’une l’information utile dont tout individu à droit et désire recevoir. Si des procédures techniques se mettent en place aujourd’hui pour échapper à l’invasion publicitaire, les gens les plus vulnérables ne seront plus victimes de leur crédulité, si les professionnels des plate-formes téléphoniques peuvent intervenir sur tous ces phénomènes et agissent pour un travail de qualité. Actuellement ces derniers participent involontairement de fait, aux gâchis que provoque un développement de la consommation outrancière. Il ne s’agit pas de les stigmatiser, mais de leur permettre de voir que leurs actions dans les entreprises vont bien au-delà des conditions de travail et de leurs salaires. Les luttes politiques dans les entreprises qui consistent à accéder aux prises de décisions, associées aux luttes sociales pourraient dépasser les simples luttes revendicatrices. Elles s’impliqueraient dans une véritable optique du changement de société. Elles permettraient de ne plus parcelliser, ne plus diviser le travail, entre les décideurs et les exécutants.

Imaginons ce processus dans l’industrie, ce que cela produirait comme amélioration de la qualité et du développement du travail. Les salariés se poseraient les questions les plus judicieuses pour empêcher l’accumulation des capitaux et les utiliser à bon escient, en s’investissant dans la recherche d’un travail de qualité, utile à l’ensemble de la société. Un exécutant a toujours la fierté du travail bien fait, il doit obtenir cette reconnaissance par sa participation aux prises de décisions politiques dans l’entreprise, tout comme celles à prendre dans la gestion de la finance. C’est çà le travail non divisé. Ainsi la désaliénation du travail s’opérera, et l’épanouissement de chaque prolétaire propulsera de nouvelles formes de luttes. L’accélérateur du contexte communiste se mettra en marche sa spirale tirera tout vers plus de socialisme, de communisme. Dans l’immédiat il s’agit de voir le contexte de la propriété des biens de consommation, des moyens de production, et des biens immobiliers. (Voir en exemple le paragraphe suivant Propriété d’Emprunt)

Pour que les relations humaines améliorent les rapports sociaux, la lutte de la classe ouvrière contre la classe des cadres n’a plus lieu d’être, car cette lutte est contre-productive. La nouveauté du contenu des luttes et de leurs cibles pour qu’elles deviennent de plus en plus efficaces, doivent se fonder sur la profondeur de l’existant du capitalisme et celle du communisme et de ce qu’ils induisent. Pour que ce dernier supplante la domination du capitalisme, c’est dans la conscience des gens, par leur évolution de plus en plus humaine, que l’on pourra changer en mieux des rapports sociaux. La lutte pour la reconnaissance de l’identité prolétaire est inhérente au dépassement du capitalisme. La classe ouvrière exécutante et la classe des encadrants, celle des cadres décideurs sont liées par le même processus d’exploitation. Chacun doit pouvoir se demander : Suis-je un prolétaire ? Les luttes qui s’engrangeront pour cette finalité là, dans ce sens là, seront longues mais utiles au dépassement du capitalisme, tant espéré. Chacun est à la fois exécutant et décideur, la différence c’est dans quel sens les décisions sont prises, pour faire du fric ou pour la satisfaction collective des besoins ? L’aspiration à avoir de meilleurs rapports sociaux et de meilleures relations humaines entre les êtres humains est tellement forte qu’il serait dommage de ne pas en impulser toutes les possibilités pour changer le monde dans toutes les couches sociales de la société. Cette aspiration c’est la concrétisation de ce que  "rassemblement" veut dire. Il ne s’agit pas de vouloir, de désirer le rassemblement il faut qu’il puisse se constituer. C’est en travaillant avec l’ensemble des acteurs politiques (ouvriers et cadres) dans l’entreprise qui ont la même finalité de vue que s’agrégera le rassemblement. La lutte de la classe des prolétaires prend tout son sens dès lors, que chacun se reconnaît dans le prolétariat. La seule lutte de classes qui vaille, c’est qu’elle soit reconnue, en politique et en économie, c’est la lutte de la classe des prolétaires contre la lutte de la classe des capitalistes.

 

Propriété d’emprunt

La terre ne nous appartient pas, nous empruntons un espace privé le temps de notre passage sur terre. Cet espace privé, notre tanière, est lié à notre affect, nous avons soif de le transformer pour mieux vivre notre vie privée, individuelle et familiale, nous devons y vivre libre. L’espace que l’on reçoit en héritage ou par accession à la propriété ne sont que des propriétés empruntées à la commune, au regard de nos vies éphémères. La commune ne meurt pas, elle perpétue l’occupation des sols, les transferts de génération en génération du patrimoine, elle est garante de son histoire, de la protection de son territoire, et de son évolution. Le propriétaire qui utilise une parcelle du territoire de la commune y est libre de tout. Dans un contexte communiste, le propriétaire (particulier ou collectif) qui exploite un lieu sur le territoire de la commune, doit accepter que le locataire y vive lui aussi, en totale liberté. Si l’Etat-nation, décide que la commune soit garante de ce droit fondamental à la liberté de chacun d’utiliser son espace de vie, ainsi un habitat de qualité protecteur de l’environnement et économiseur d’énergie pourrait se développer. La commune alors accorderait, des concessions aux propriétaires dont les règles du jeu est de respecter la liberté d’action de l’espace de vie du locataire.

Les propriétés de rapport sous concessions communales, deviendraient utiles, elles supprimeraient la spéculation immobilière, et permettrait de moderniser le patrimoine. La valeur investie par le propriétaire et/ou le locataire, est alors enregistrée sous actes notariés. Libre d’agir dans son lieu de vie, le locataire participera à son rythme à l’amélioration de l’habitat. Cela permettrait d’en finir avec les marchands de sommeil, d’impulser l’activité productive et sociale dans le bâtiment, et permettrait de réhabiliter l’habitat ancien. L’organisme de l’habitat et du territoire sous la responsabilité de la commune alimenté par des fonds d’épargne pourrait décider d’acheter et de détruire l’habitat insalubre. Nous ne sommes pas là dans de la réquisition, nous sommes là dans la protection la sauvegarde du patrimoine par le rachat des territoires évalués par les domaines. Dans ce contexte la commune peut racheter tout type de bien dès lors que c’est pour le bien public c’est le droit à préemption pour satisfaire l’objectif de répondre à la demande de l’habitat et des terrains sur son territoire. Racheter l’habitat à rénover, avec la volonté de le réhabiliter c’est possible, avec la participation des associations des sans logis et celles de l’insertion sociale. Ensemble ces associations pourraient permettre la réinsertion des sans logis et des mal logés, en les aidants à retrouver une vie normale, dans un lieu qu’ils arrangeraient à leurs goûts. Bien sûr le défi est audacieux, mais redonner de l’espoir démultiplie les forces. Nulle obligation, nulle injonction, juste leur donner la possibilité d’agir en toute liberté et à leur rythme, avec des aidants associatifs qui les accompagnent pour retrouver goût à la vie, goût à l’amélioration de leur habitat et goût à l’effort. Les activités associatives sont des axes centraux pour améliorer la vie des sans logis, mais aussi aider les mal-logés à réaménager à réhabiliter ou à trouver un logement plus grand. Tout devient possible. (Voir son fonctionnement dans le chapitre suivant : L’évolution du monde associatif moteur de la croissance sociale).

La propriété de rapport dans un contexte communiste ne la supprime pas, il la rend utile en la mettant au service de l’ensemble de la collectivité. Réquisitionner alors devient inutile, c’est transformer les règles du patrimoine pour le bien de tous qui est visé. En statuant que le locataire devient enfin libre d’intervenir et d’entretenir comme il l’entend, l’espace de son lieu de vie, tout en respectant évidemment les règles de vie et les normes que la collectivité se donne, tout devient possible. Les domaines alors sont seuls habilités à estimer le prix des loyers et le prix d’achat et de vente de la propriété d’emprunt. Les réquisitions sont de fausses solutions, elles n’empêchent pas l’accumulation des capitaux de se vautrer dans l’immobilier, tout comme dans les paradis fiscaux. Les revendications qui en appellent aux réquisitions ont un côté punitif qui s’enferment dans le système capitaliste. Dans le contexte capitaliste la sacro-sainte loi du droit à la libre propriété n’est pas remise en cause dans le contexte communiste, ce qui est remis en cause ici, c’est la liberté de l’occupant du locataire. La propriété de rapport dans le contexte capitaliste sert d’entrepôt et de lessiveuse à capitaux. La politique communiste doit rendre inopérante l’accumulation des capitaux au profit de quelques uns, que ce soit dans l’exploitation du travail et dans l’exploitation du lieu de vie et de la terre. Le passage du contexte capitaliste au contexte communiste ne peut se faire que si la masse des capitaux devient utile à tous, et quelles que soient les circonstances dans lesquelles ils s’accumulent. La politique communiste du 21ème siècle, n’est plus dans la planification, la réquisition, et l’étatisation des moyens de production, mais laisse libre le citoyen, le locataire le propriétaire privé, d’améliorer son cadre de vie, tout comme son mieux vivre et son mieux être en toute liberté dans l’ensemble de sa vie sociale. Libérer le travail et les lieux de vie de toute exploitation ouvre les portes d’une vie meilleure en partant de ceux qui sont les plus démunis de tout. Cette libération permet de développer une activité productive et sociale utile à tous. La reconnaissance d’une autre valeur de l’argent, de la monnaie passe par la volonté de passer de l’économie de marché à l’économie de l’échange équitable.

 

L’évolution du monde associatif moteur de la croissance sociale

Impulser le mieux être et le mieux vivre des plus démunis pour le bien de tous.

Formidable tête de pont, la démocratie associative est une avancée communiste incontestable. Les associations ne font pas de profits, mais elles ont une activité qui produit de la valeur sociale nécessaire aux échanges. Leur gestion autonome, mise sous la transparence du regard des élus citoyens, est un véritable moteur de la dynamique sociale. Le potentiel de l’activité associative, produit et améliore considérablement le mieux vivre et le mieux être de chacun. Sans les associations, la pauvreté serait insupportable. En finir avec la pauvreté et la misère sociale passe par la reconnaissance de l’activité sociale comme valeur s’intégrant dans la croissance économique. Ainsi cela permettrait de développer et d’actionner la dynamique de la production des biens utiles à l’ensemble de la société. Le développement de l’emploi par la reconversion et la formation serait garantie à tous ceux qui sont aujourd’hui dans l’exclusion sociale. Toutes les énergies solidaires qui combattent tous les gâchis, et en particuliers les gâchis du potentiel humain, provoqués par l’accumulation des capitaux et leur spéculation changent en profondeur la société. Un être humain qui est dans l’impossibilité de déployer toutes ses capacités est un gâchis pour le bien de tous.

Les associations créatrices d’emploi

Les associations en déclarant dans une Caisse Nationale de Solidarité Universelle, (semblable à la Caisse de retraite) le nombre d’heures de tous leurs bénévoles nominativement, permettraient non seulement d’évaluer la croissance sociale du pays mais de donner un salaire à ceux qui intervenant dans les associations mais qui n’ont pas les ressources suffisantes pour vivre, et de sentir utiles à l’ensemble de la société. Cette Caisse Nationale habilitée à connaître le revenu et la situation économique de chacun, pourrait apporter un salaire ou un complément de salaire à partir de 18 ans à tous ceux qui n’ont pas de revenus suffisants pour vivre décemment. Ce salaire pourrait s’élever jusqu’à hauteur du SMIC. Ce n’est pas l’association qui paye ces salaires là, elle ignore complètement celui ou celle qui en bénéficie, c’est la Caisse Nationale de Solidarité Universelle qui assume cette mission, cette responsabilité. L’anonymat et le bénévolat sont ainsi préservés, c’est la Caisse Nationale qui établie la feuille de paie sur la base de la déclaration nominative des bénévoles qui produisent des activités dans toutes les associations. Le financement de ce salaire se fait par le prélèvement sur les cotisations patronales qui ont bénéficié depuis tant d’années de dégrèvements, et qui si elles étaient égales à celles des salaires, pourraient alimenter cette Caisse Nationale de Solidarité Universelle. Déployer ainsi l’activité humaine ferait baisser le chômage, jusqu’à sa disparition si une véritable politique de formation et de reconversion était mise en place. Mais d’autres financements sont possibles comme l’épargne et les dons de particuliers. Ainsi entre le monde associatif et le monde productif, un lien est créé. Les associations de chômeurs qui scrutent tous les potentiels de développement d’activité possible, permettraient de ne laisser personne sur le bord de la route. Ainsi dynamisée, la croissance sociale, mêlée à la croissance de l’activité productive créerait une monnaie d’échange d’un type nouveau à condition que le travail soit totalement libéré des dictas que le capitalisme impose. Cette monnaie d’échange ainsi équilibrée met à mal la monnaie spéculative. L’Euro dans les différents Etats peut être utilisé en fonction des politiques des Etats. Mais la reconnaissance dans un seul Etat de la valeur de l’activité du monde associatif fera des émules dans les autres Etats. L’Euro peut rester nominativement Euro c’est sa valeur qui doit changer. Chaque Etat indépendant détermine le montant du SMIC, la valeur du prix et du coût d’une marchandise sont différents d’un Etat à l’autre dans l’Union Européenne, on peut donc faire évoluer positivement la croissance d’un seul Etat, si on reconnaît la valeur réelle de l’activité sociale. C’est l’augmentation de l’activité qui doit augmenter la masse monétaire dans un pays.

Ce salaire ou ce complément de salaire venant de l’activité sociale permettrait de compléter des pensions de retraite trop basse. Ce complément de salaire est la garantie immédiate d’en finir avec l’assistanat. Il disparaîtrait au profit de l’ascenseur social. Il est un véritable tremplin non seulement de revivification des associations mais il est un propulseur de l’activité productive. Là encore si le mouvement social se saisit de cela, quel gouvernement aura l’audace de ne pas aller dans ce sens ?

 

Conclusion

Le mouvement social, qui part à la conquête de la démocratisation et la libération du travail, et le mouvement populaire qui part à la conquête de la démocratisation de la finance et à la valorisation de l’activité associative, obligeront les gouvernants à produire progressivement des politiques qui correspondent à la satisfaction des besoins de tous. Tout citoyen qui comprend l’utilité de passer d’un contexte capitaliste à un contexte communiste votera en son âme et conscience pour des acteurs politiques susceptibles de légiférer dans ce sens. Rien n’est garanti, mais tout est possible.

La confiance sereine s’appuyant sur une transparence de constat et non de jugement, pilier de l’apaisement des relations humaines, engrangera une dynamique politique impulsant un nouveau mode économique et social incontestable. Mais en sens inverse tout citoyen qui agit dans le monde associatif et dans le monde du travail pour une économie équitable va s’approprier la politique et mettra en cohérence son vote citoyen avec sa demande et son action sociale et économique. La dégradation des rapports sociaux produits par le capitalisme régressera par la valorisation apaisée et souhaitée des relations humaines. L’ascenseur social, et l’épanouissement humain pour tous prendra pleinement son essor.

Les syndicats, les associations et les peuples européens en mettant en cohérence leurs aspirations communes pourront déployer toutes leurs ingéniosités, toutes leurs intelligences mêlées, en toute indépendance pour une construction positive de la politique européenne et celle de chaque Etat. Ils pourront ainsi sans soumission aux pouvoirs politiques en place, les obliger à reconnaître la nécessité des besoins des peuples.

Basculer de la compétitivité et de la concurrence capitaliste à la diversité créatrice pour un monde meilleur passe par la prise de conscience de chacun, qu’un changement de système économique est possible. Basculer de l’économie de marché à une économie d’échange équitable passe par l’évolution d’une politique qui s’appuie sur une démocratie communiste.

Faire de la politique autrement demande au Parti communiste de faire un effort pour métamorphoser son organisation pour aider le peuple à prendre son avenir en main, ainsi la marche en avant pour dépasser/abolir le capitalisme s’accomplira.

L’humain d’abord c’est de laisser chacun agir dans la plénitude de l’évolution de sa conscience. Une civilisation de plus en plus humaine portée par un communisme du 21ème siècle, hautement démocratisé et à la française est de l’ordre du possible.

Aline Béziat

Mirebeau le 1er octobre 2012

Ce texte vient après le texte pour la préparation de la base commune voir PJ. Il fait suite à la lecture du livre de Joseph Stiglitz : Le prix de l’inégalité, l’économie vue sous son angle peut faire basculer la gestion de la finance vers un monde au service de l’humain. Ce livre donne une vision détaillée des mécanismes et des logiques du capitalisme. Il invite à la réflexion pour promouvoir des lois au service du bien commun, au bénéfice des 99%, de la population et non au 1%, considéré par Joseph Stiglitz comme ceux qui imposent leurs idées et leurs lois au monde entier. Il préconise une transparence totale. Ce livre met en évidence, met à nu, le capitalisme dans toute sa splendeur, des plus hautes instances des Etats, des Banques Centrales et des instances internationales. Il démontre comment le capitalisme achète la démocratie. Il permet d’utiliser et d’inventer toutes les parades législatives, pour dépasser et abolir le capitalisme.

Pour mieux me faire comprendre, sur l’impact que pourrait produire la Démocratie Communiste, il y a un autre livre tout aussi puissant, qui permet de changer notre façon de voir et nos comportements, il ouvre les portes à l’épanouissement humain. C’est le livre de Denis-Robert Dufour : L’Individu qui vient… après le libéralisme. Il dit : "Nous pourrions reprendre le projet humaniste visant à produire un individu enfin réalisé comme personnalité apte au gouvernement de soi, soucieux de l’autre et conscient de sa place relative dans l’univers. Bref, enfin un individu sympathique."

L’épanouissement de soi comme condition à l’épanouissement des autres, passe par une démocratie active. Elle permettrait à la classe des encadrants de comprendre pourquoi l’augmentation du pouvoir d’achat, et la participation aux prises de décisions de la classe des exécutants sont nécessaire à tous. Ainsi avec une réorientation de l’économie mondiale et une approche plus lucide du potentiel de chaque salarié, de chaque prolétaire, à produire et à décider démocratiquement, la classe des capitalistes celle des 1% serait seule affectée dans son addiction au fric. La transformation de l’économie de marché en économie équitable, par l’impact de l’évolution de l’épanouissement de chacun, devient de l’ordre du possible.

Joseph Stiglitz parle de ruissellement du haut vers le bas, du comment l’idéologie capitaliste arrive à pénétrer les consciences. Le ruissellement du bas en haut est possible dès lors que l’idéologie communiste existante trouve les ressorts nécessaires à sa propre évolution. Si je me retrouve aujourd’hui en phase avec ces deux intellectuels, c’est qu’en observant ce qui se passe autour de moi, du marché de mon village à l’aspiration au mieux vivre et au mieux être de chacun, c’est qu’au fond, nous sommes tous confrontés en permanence aux deux référents incontournables que sont le capitalisme et le communisme. Je parle de spirale et Joseph Stiglitz de ruissellement, mais au fond nous parlons de la même chose. La seule différence c’est qu’il constate que la démocratie est achetée, mais il n’en imagine pas son évolution nécessaire, pour que le ruissellement du bas en haut se produise. Il en décrit les prémices et les résistances, mais pas son évolution. Il ne voit pas que si les professionnels de la politique de haut vol et ceux de la finance des banques centrales s’évertuaient à agir dans ce qu’il avance, le peuple lui, resterait confronté au ruissellement des idéaux capitalistes, parce qu’il en est imbibé lui-même. Laissant la conscience de nos gouvernants agir seuls, c’est laisser la capacité du capitalisme de pouvoir renaître constamment de ses cendres. L’effacement de l’idéologie capitaliste ne peut se faire que si l’idéologie communiste s’élargit, si elle devient innovante. Mais l’idéologie communiste ne peut pas se développer, se mouvoir, sans l’élévation de la conscience de chacun et donc par la possibilité de décider politiquement et collectivement des orientations à prendre partout dans la société. Seule la Démocratie Communiste le permet.

Si Denis-Robert Dufour parle du gouvernement de soi, c’est pour en finir avec les égoïsmes, les jalousies etc, c’est pour la maîtrise de soi. Cet homme sympathique auquel il fait référence, existe déjà, mais confronté à toutes les violences physiques et psychologiques il ne peut pas s’épanouir se multiplier. Pour son développement et sa protection, seule l’action et l’évolution de chaque individu en tout lieu et en tout temps, peut être le facteur déterminant pour le changement de l’ensemble de la société. Lui aussi ne voit pas comment l’homme qui vient… après le libéralisme, peut agir pour être plus efficace. C’est en prenant conscience de son potentiel intellectuel et en le mettant au service de tous, que tout deviendra possible. Il ne voit pas la pertinence de l’évolution de la démocratie. Et l’un et l’autre ne se positionnent pas dans la réalité de ceux qui sont en bas de l’échelle, dans ce qu’ils peuvent produire, pour tout changer, mais l’un et l’autre sont indispensables pour nous faire tout comprendre.

La taxation du capitalisme se met en place en Europe, pour autant cela ne changera rien, tant que les prélèvements sur le capital ne seront pas équivalents aux prélèvements sur le travail. Rendre l’argent utile c’est transformer le capital en épargne. Montebourg se heurte à la propriété industrielle, s’il avait au-dessus d’elle la propriété d’emprunt alors il pourrait demander des comptes aux exploitants des sites industriels. Il pourrait les racheter, pour en laisser l’exploitation aux salariés. Il pourrait intervenir en signalant les manques dont la société a besoin. Il ne s’agit pas là, d’étatisation des moyens de production ou de planification, mais de mise en cohérence des besoins de la société avec les possibilités industrielles que le prolétariat peut produire. Il se heurte à l’impossibilité de projets industriels proposés par les salariés eux-mêmes. Ces derniers n’ayant pas autorité en la matière, ils en sont réduits à des revendications de colère. La bonne volonté de Montebourg se heurte à l’impuissance des salariés à décider démocratiquement la transformation, et de l’évolution de leur outil de travail. Il se heurte à la non-mise en action des cadres et des salariés, les "prolétaires" dans l’élaboration de projets, soumis à l’approbation démocratique des salariés de l’entreprise.

Anesthésier économiquement et idéologiquement le capitalisme passe par une évolution considérable de notre vision du communisme et de sa démocratie. Changer pour tout changer passe par la gouvernance de soi, par l’épanouissement de soi. Affirmer que "personne ne doit décider à notre place" c’est affirmer que nous devons décider ensemble. Affirmer que "l’argent appartient à tous" c’est affirmer qu’il n’est qu’un moyens d’échange. Affirmer que c’est dans une multitude d’ensembles (communes, entreprises, banques, associations, Etat) que nous sommes tous en capacité de décider ensemble, en mettant nos idées en cohérence.

Le Parti Communiste n’est pas propriétaire du communisme. Mais il a la mission de montrer et de démontrer ce qu’il représente, ce qu’il est en capacité de faire. Il doit permettre à chacun de se situer face à ces deux référents incontournables. Le Parti doit promouvoir l’ascenseur social en partant de ceux qui sont démunis de tout. Mais pour cela il doit empêcher que la démocratie libérale se transforme en démocratie despotique. Les travaux de Joseph Stiglitz démontrent comment les riches de plus en plus ont la main mise sur la politique en finançant la démocratie. Aller vers un dollar une voix, c’est aller vers une démocratie de la tyrannie et du despotisme. Nous pouvons faire la démonstration inverse. Nous pouvons démontrer par exemple, qu’après la désignation par reconnaissance, élire le Secrétaire National, non pas en faisant voter seulement les communistes qui cotisent, mais faire voter tous ceux qui se sentent communistes dans l’âme. Le poids des votants alors prendrait une toute autre signification, une toute autre dimension. Nous pourrions mesurer non pas la personnalité du candidat, mais le poids des idées qu’il s’apprête à mettre en œuvre. L’important c’est de pouvoir mesurer l’élargissement de ce que représente le rassemblement des communistes d’un vote à l’autre, d’une élection à l’autre.

Ces deux livres, un qui met à nu les mécanismes du capitalisme et sa spirale économique et idéologique destructrice, et l’autre qui nous donne le courage d’affirmer ce que nous sommes, la gouvernance de soi, notre liberté, notre équité, pour notre épanouissement, devraient bousculer nos façons de penser. Je reste persuadée, que le Congrès peut intégrer ces processus de réflexions pour construire une politique communiste qui engrange la socialisation de la société avec l’outil d’une démocratie digne de son nom.

Aline Béziat

Mirebeau 11 octobre 2012

 

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