Les congrès du PCF

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Contribution de la section de la RATP

L’ambition que nous devons nous fixer avec ce Congrès

Nous sommes d’accord avec l’idée centrale du rapport de P. Bessac : le premier rôle du Congrès est d’élaborer un texte fondamental sur la visée communiste.

Ces dernières années, nous avons trop souvent centré nos congrès sur les questions stratégiques. Celles-ci sont évidemment importantes, mais ce qui doit venir en premier, c’est bien le projet communiste. Notamment parce que nous sortons d’une période historique où ce sont les thèses libérales qui ont donné le ton du débat politique. La crise globale du système capitaliste (que nous avons besoin de bien caractériser comme telle) a changé profondément la donne en rouvrant en grand la question d’une alternative à ce système. D’où pour nous la nécessité de remettre à l’ordre du jour le communisme, de montrer en quoi la résolution des contradictions qui marquent le monde d’aujourd’hui appelle la mise en œuvre d’autres principes d’organisation de la société et de dire lesquels.

 

Identifier la force transformatrice de la société

Le rapport de P. Bessac a bien posé la question des divisions que le capitalisme produit pour diviser ses victimes et empêcher leur rassemblement. Mais il faut sortir d’une conception où on continue à poser les questions en termes d’alliance entre « couches populaires » et « couches moyennes », car cette vision « sociologique » ne nous dit rien quant à la réalité des rapports sociaux ; elle nous tire en arrière dans notre compréhension du monde et notre pratique politique.

Redonner des repères en termes de classe par opposition aux visions ethnicistes de la société implique qu’on identifie quelle est la classe sociale qui est potentiellement le moteur des transformations pour lesquelles nous luttons. Et donc quelle est la classe dont nous nous voulons le porteur des intérêts dans le champ politique.

Cela suppose une analyse du monde du travail car c’est bien toujours le travail qui est à l’origine des rapports sociaux. Il nous faut notamment analyser le double mouvement qui le caractérise : d’un côté il y a des facteurs objectifs d’unité, parce que le travail est de plus en plus coopératif sur une échelle toujours plus large ; de l’autre il y a tout ce qui divise : la logique de concurrence entre les entreprises et leurs personnels, l’exploitation des pays pauvres par les pays riches, les méthodes de management individualisées à l’intérieur des entreprises, les efforts idéologiques du capital pour imposer une vision du monde opposant les catégories de salariés et les peuples entre eux, etc. C’est de cette contradiction qu’il nous faut partir pour avancer.

 

Déplacer le centre de gravité du PCF vers les lieux de travail

La réimplantation du parti sur les lieux de travail devrait être LA priorité de nos efforts pour les années à venir.

Les entreprises constituent en effet un enjeu central dans la construction du rassemblement pour changer la société car c’est là que se créent les richesses et en même temps là où se nouent les rapports d’exploitation. Or, le parti y est aujourd’hui absent ou du moins trop peu présent. Comment poser en grand les questions de choix de société et d’alternative au capitalisme, surtout dans la situation d’aujourd’hui, si nous ne sommes pas organisés là où prennent racine les rapports sociaux et la crise, c’est-à-dire dans les entreprises ?

Une grande majorité des communistes sont salariés : c’est un atout énorme pour déplacer le centre de gravité de notre organisation vers les lieux de travail. En nous appuyant sur ce potentiel déjà existant, ne devrions-nous pas décider de créer à l’échelle des fédérations ou des bassins d’emploi des sections d’entreprises par corps de métier ou par zone géographique ? Par exemple à travers des sections qui regroupent les postiers communistes, les cheminots, les enseignants, les hospitaliers comme cela a commencé à se faire à la fédération de Paris ? L’expérience de la section RATP, huit ans après sa création, prouve tout l’intérêt de ce type d’organisation en termes d’efficacité : pour faire entendre notre voix, pour engager des initiatives, pour nouer des liens solides avec les syndicalistes, pour retrouver un élan en matière de créativité politique.

Entendons-nous bien : avec ces sections, il ne s’agit pas de limiter notre activité à des préoccupations internes à l’entreprise, mais bien d’y faire vivre notre projet et notre stratégie à partir de l’ensemble des préoccupations des salariés, depuis les questions liés au travail jusqu’aux enjeux planétaires. C’est avec cette démarche qu’on peut espérer dépasser les différences et les divisions entre catégories et travailler à l’émergence d’une nouvelle conscience de classe au sein du salariat et à son unité. Un salariat qui, par le poids qu’il représente (92% de la population active) et le rôle qu’il joue dans la société, est nécessairement au cœur du rassemblement à construire.

 

Sur la démocratie au PCF et l’élection des directions

Un des principaux problèmes que nous devons aborder à l'occasion de la prochaine refonte des statuts est celui de concilier liberté totale de débat et respect et mise en œuvre des décisions majoritaires. Sans réduire cette question à ce seul aspect, les modalités d'élection des directions en sont un point crucial.

Il est maintenant clair que les modalités léguées par les statuts actuels débouchent non seulement sur la constitution, mais aussi sur la légitimation de tendances organisées, évolution condamnée et refusée à juste titre par la grande masse des adhérents. La possibilité de présenter plusieurs listes amène une foultitude d'effets pervers. Alors que nous voulions réduire fortement le nombre de membres du CN, nous ne l'avons fait que très modestement, les voix portées sur les listes alternatives augmentant automatiquement le nombre d'élus. Autre point négatif, les candidatures de la liste majoritaire sont longuement mises en débat et discutées, mais pas celles des autres listes (avec comme résultat quelques problèmes épineux dans plusieurs fédérations). Enfin, alors que les listes alternatives étaient jusqu'ici le fait de sensibilités estimant être insuffisamment représentées dans la proposition soumise aux congressistes, on a franchi un seuil lors des derniers congrès puisque dorénavant des listes se présentent explicitement comme porteuses d'une orientation différente de celle décidée par le congrès (refusant du coup toute démarche de fusion).

En fait, derrière tout cela, il y a d'abord à trancher entre deux conceptions : une direction doit-elle être un parlement représentant les différentes sensibilités (et ressassant par conséquence sans cesse les mêmes débats), ou bien voulons-nous une direction qui soit l'instrument que les communistes se donnent pour mettre en œuvre avec créativité l'orientation qu'ils ont arrêtée majoritairement ? Nous sommes aujourd'hui clairement dans la première version ; il s'agit de passer à la seconde. Pour cela, il n’y a pas d'autre solution que celle de revenir à une liste unique élaborée, indépendamment de toute considération sur les sensibilités politiques de chacun, à partir des besoins de direction et sur des critères de compétence, de disponibilité et de capacité à écouter, à produire et à organiser le travail collectif.

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